Risques pour la sécurité alimentaire, la croissance... le Giec sonne une nouvelle fois l'alarme

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Si les gouvernements ne font rien pour endiguer les émissions de gaz à effet de serre très vite, les risques deviendront impossible à gérer, jugent les auteurs du rapport du Giec.
Si les gouvernements ne font rien pour endiguer les émissions de gaz à effet de serre très vite, les risques deviendront impossible à gérer, jugent les auteurs du rapport du Giec. (Crédits : Reuters)
L'intensification du réchauffement climatique va nuire à la croissance économique et augmenter les risques de conflits graves dans le monde, estime l'organisme intergouvernemental. Il appelle les dirigeants à réduire les émissions de gaz.

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) a publié lundi 31 mars un nouvel état des lieux alarmant sur les impacts du changement climatiques.

Ce rapport - le plus complet depuis celui de 2007 - avertit que "la probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", et appelle à des mesures d'urgence.

"Rappeler à Obama, Merkel et les autres qu'il faut agir"

Les travaux du Giec (qui rassemble 195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et sur la réduction des gaz à effet de serre. Le rapport publié lundi représente ainsi le deuxième volet d'une large évaluation censée éclairer les Etats qui se sont engagés à se mettre d'accord sur un nouveau traité en 2015. Son objectif : limiter le réchauffement à 2°C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

Le premier segment, rendu public en septembre, avait relevé à au moins 95% (contre 90% en 2007) le degré de certitude que la majeure partie du réchauffement climatique en cours découle des activités humaines.

"Nous sommes là pour rappeler aux dirigeants de la communauté internationale comme Barack Obama, Angela Merkel, David Cameron et de nombreux autres que le moment d'agir est venu, le moment de réduire les émissions (de gaz) pour lutter contre le changement climatique", a déclaré dimanche Christian Teriete, directeur de la communication de l'ONG Global Call for Climate Action.

Augmentation du risque de conflits violents

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud : la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres. Le Giec estime ainsi que "tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés".

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents", avertit le rapport.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport.

Croissance économique ralentie

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Le rapport établit une "carte des risques" en fonction des régions du monde. Aucune ne sera épargnée, estime-t-il :

  • En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement.
  • En Europe, ce sont l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur qui sont mis en avant.
  • En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population.
  • L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'événements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies).
  • Enfin l'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.
  • Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Certains phénomènes sont irréversibles

Le Giec présente ainsi une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude : protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.

Mais Chris Field, co-auteur du rapport, est inquiet. "A des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites", prévient-il. D'autant que certains phénomènes observés (acidification des océans, recul des glaciers...) sont bien irréversibles.

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a écrit le 22/04/2014 à 12:47 :
marrantes ces analyses apocalyptiques rituelles et annuelles , non sans rire heureusement que c'est la crise , imaginez le plein emploi mondial dans quel état serait la planète , enfin demographiquement le problème est crucial , un humain qui nait c'est un consommateur de plus en plus nous vieillissons de plus en plus vieux , jusqu'à 5 générations d'humains peuvent de nos jours côtoyer et s'acharner sur les ressources disponibles , un cauchemar pour certains , un paradis pour d'autres qui a hauteur d'1% sont les plus heureux d'avoir des consommateurs .. cherchez l'erreur , en plus il fallait se multiplier et croître disaient 'ils au moyen âge .; on a vu et la planète en aura vu aussi des espèces qui se prétendaient maitres .. histoire de temps
a écrit le 03/04/2014 à 10:41 :
Climato-sceptiques, lobby pollueurs, Autruches Humanoïdes, Anti-science, négationistes et autres membres de la secte des Allègres - Cabrol je vous propose de tous vous regrouper dans une grande fusée et de partir à la recherche de votre Saint Graal: la Terre Plate, et bon voyage !!!
Réponse de le 03/04/2014 à 17:44 :
Comme dit un proverbe:"On ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif..."Mais en
core:"Il n'y a pas + sourd que celui qui ne veut pas entendre".Et,de toutes façons,tou
te vérité n'est pas bonne à dire...
a écrit le 01/04/2014 à 16:37 :
Les Bonnet Rouges peuvent être fiers de leurs virulentes actions anti-taxe carbone. On aimerait qu'ils face preuve de la même combativité pour faire face aux tempêtes et inondations que le Climat ne manquera pas de leur envoyer dans un avenir proche !!!
Réponse de le 01/04/2014 à 17:02 :
Claro ! Les Bonnets Rouges sont l'exemple même de la schizophrénie suicidaire dont soufre les Humains.
Réponse de le 02/04/2014 à 17:36 :
Les Bonnets Rouges ont courageusement fait plier un gouvernement aux ordres des lobbys productivistes et mortifères. Mais les cycles naturels désormais détraqués par les Hommes n'ont aucune obligation de négocier avec personne. Les Bonnets Rouges ont donc été gratifiés de leurs succès par plus de 15 tempêtes successives et d'énormes inondations. Cela va t-il les faire réfléchir ? Certainement pas ! Cette tragique histoire est une énième preuve que les Humains sont l’espèce la plus stupide vivant actuellement sur Terre. Selon les règles Darwiniennes des dégénérés de ce genre ont 99% de chance de disparaitre.
Réponse de le 04/04/2014 à 18:54 :
Parce que vous croyez vraiment que l'argent collecté aurait été dans l'écologie? Vous croyez encore au père noël !
Ce réchauffement planétaire est inévitable. Notre système stellaire tourne dans la voie lacté et en se moment on s'éloigne du centre de la voie lacté qui nous protège. La terre a toujours connue des période glacière et de chaleurs extrême... Elle n' pas attendu que l'être humain existe pour ça. La seule chose que l'on fait s'est accélérer cette hausse de la température. Et a la limite quad on voit ce que l'on fait à la "vie" de notre planète, accélérer notre disparition sera plus qu'un bienfait pour la nature et notre planète... Mais on ne sera plus là. "L'écologie" dont vous parlez n'est pas pour sauver la nature mais uniquement pour nous permettre de continuer a la dérégler plus longtemps !
a écrit le 31/03/2014 à 17:19 :
Les dérèglements climatiques vont de paires avec les dérèglements économiques,transférer l'ensemble de l'activité manufacturière de faible gout en Chine,fallait le faire.Nous ne sommes donc pas surpris.Ha ! j'oubliais arrêtons de balancer nos plastiques en Inde,nous sommes des donneurs de leçon à la terre entière,on a un rang à tenir.
Réponse de le 01/04/2014 à 14:09 :
C'est clair qu'il est impossible de convaincre un pauvre de faire des efforts si déjà nous on en fait pas. Pas la peine de sortir de Polyrechnique pour comprendre ça. Et pourtant c'est exactement ce que nous faisons, et dire qu'on appel ça ""la Civilisation". Les Humains sont vraiment les pires prédateurs de l'Histoire, occidentaux en tête.
Réponse de le 03/04/2014 à 9:15 :
Tristounet Je vois que étes en forme,voila une petite citation de René Dumont,:<<l'homme est le pire danger pour tout ce qui peuple la planéte. Lorsqu'il disparaitra,les autres vivants pourront se réjouir de l'élimination du plus inquiétant prédateur>>.
Réponse de le 03/04/2014 à 10:33 :
Merci Kirk pour votre soutien. Bon du coup je me sent moins seul mais c'est pas pour autant rassurant. Au rythme de nos émissions actuelles de CO2 on sait qu'on va rapidement faire "exploser les compteurs" du réchauffement: +4, +5, + 6 °C ? Peut importe on est en pleine 6° grande extinction et on va aussi détruire 80% des espèces vivantes. Sans parler du Syndrome de Vénus si des rétro-action positives de grande ampleur se mettent en marche. Or sur Vénus désormais y'a plus beaucoup de vie... Un excellent livre-enquête de Mark Lynas sur le sujet: "6 degrés, Que va t-il se passer?".
a écrit le 31/03/2014 à 16:27 :
L'Humanité est l'espèce vivante le plus prétentieuse et le plus idiote inventée par la Nature. Contrairement à ce qu'ils affirment les Hommes (autant que les Femmes) se contrefichent de l'avenir de leurs enfants et ne se complaisent que dans la politique du compte en banque, de la carotte et du gourdin. Il va falloir encore bon nombre de ouragans Katrina ou Sandy pour qu' Homo-Godzilla arrête de jouer aux pyromane avec la Terre qui le supporte...Reste la question à 2 euros: sera t-il trop tard ? A relire d'urgence un chez d’œuvre d'humour noir signé Yves Paccalet: "L'humanité disparaitra, bon débarras !"
Réponse de le 03/04/2014 à 17:48 :
Je ne suis pas d'accord avec tes propos:il y a des peuples(Mongols,Tibétains...)qui
ont toujours respecté la nature et qui vivent en osmose avec...Il y a des pêcheurs(en
Inde) qui ne veulent pas voir construire de réacteur nucléaire sur leur littoral...
a écrit le 31/03/2014 à 16:23 :
avec la démograhie actuelle et la tendance à construire dans des zones à risque, il est facile de prédire des catastrophes
a écrit le 31/03/2014 à 13:56 :
Un peu de culture pour tous les anti-science et autres adeptes de la Terre Plate qui se complaisent dans le déni des réalités: http://4hiroshimas.com/#Science http://www.skepticalscience.com/big-picture.html
Réponse de le 31/03/2014 à 14:49 :
Ne vous fatiguez pas, les zélateurs pro agenda du GIEC et autres organes de propagande sont sourds à tout entendement.
a écrit le 31/03/2014 à 13:33 :
Ou quand à force de crier au loup pour des raisons d'agenda politique on finira par ne plus rendre crédible la science... lamentable.
Réponse de le 31/03/2014 à 16:49 :
On ne peut pas vraiment dire que l'on a crié au loup ces dernières années, la crise a été le principal sujet alors que les problèmes d'environnement sont passés assez loin derrière dans les sondages. Il serait temps de ne pas les oublier, d'autant qu'il y a une bonne occasion de faire des progrès lors de la réunion sur le climat à Paris début 2015 où américains et chinois entre autres semblent prêts à enfin quelques efforts plus marqués. De plus les invasions et le réarmement de Poutine nous rappellent qu'il est important de se passer plus vite de ses énergies fossiles de plus en plus polluantes et contraignantes !
a écrit le 31/03/2014 à 11:29 :
Il faut d'urgence mettre la France à l'abri du risque alimentaire en recréant l'auto-suffisance. On pourra produire pour exporter quand nous aurons de quoi nous nourrir sans être contraints d'acheter sur les marchés boursiers qui sont délirants.
Réponse de le 31/03/2014 à 12:20 :
Evidence logique. Mais... les US ne le permettront jamais. Pour preuve, le "traité" en cours de signature qui va nous obliger à suivre LEURS règles.
Réponse de le 31/03/2014 à 13:00 :
On a eu des bonnets (d'âne) rouges qui ont bloqué des autoroutes et une écotaxe pour continuer à percevoir des aides destinées à faire des poulets de m..... destinés à l'exportation parce qu'invendables ici.
Réponse de le 31/03/2014 à 16:20 :
les paysans français ne sont-ils pas les premiers bénéficiaires des échanges commerciaux et de la pac en particulier ?
Réponse de le 31/03/2014 à 17:02 :
Les traités avec les Etats-Unis ou autres sont pour un commerce libre globalement bénéfiques (près de 600 euros de gain par français par an) mais n'obligent en aucun cas les consommateurs à manger n'importe quoi et quand on n'achète pas les entreprises s'adaptent. Les français aussi comme d'autres vendent des choses pas toujours formidables. Les américains ne veulent pas nos fois gras, ils n'ont pas tort de la façon dont c'est souvent produit. Idem pour la viande de cheval avariée dans les lasagnes. Quant au cinéma est-ce que tu préfères Mimi Mathy ou Britney Speers ? ;o))
a écrit le 31/03/2014 à 10:42 :
Encore les politiciens du GIEC!
Et toujours la tromperie sur le sigle: Groupement Intergouvernemental sur l'Etude du Climat.
Il n'y a pas Experts. Quand les journalistes feront ils un travail objectif?
Nous revoilà à l'époque où l'on appelait "propres" les diesels.
Réponse de le 31/03/2014 à 17:11 :
Eh il faut arrêter de toujours cibler le GIEC comme bouc émissaire, çà devient un trouble compulsif ! Ce n'est qu'une petite administration de quelques dizaines de personnes et rien n'oblige à lire leur résumé alors que tous les autres documents sont disponibles. Le gros des troupes qui déclarent et démontrent le réchauffement et sans remonter à Arhénius en 1890 ce sont à présent depuis plus de 40 ans des dizaines de milliers de scientifiques de plusieurs disciplines et pays et les preuves qu'ils ne se sont guère trompés au fil du temps ne manquent pas, on croule dessous !
a écrit le 31/03/2014 à 9:54 :
Il est inutile de culpabiliser les petits producteurs de CO2 ! C'est aux gros de faire des efforts de restriction : L'Allemagne, les USA et la Chine, principalement. Rappelons que grâce au nucléaire (!) la France reste un faible producteur de CO2...
Réponse de le 31/03/2014 à 17:29 :
Oui mais à cause entre autres du nucléaire, la France a pris du retard dans l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les interconnexions, alors que ces 3 postes sont rapidement sources d'économies et de baisse des émissions sans coûts majeurs et alors que la plupart des pays peuvent avoir 45% d'énergies renouvelables sans stockage comme diverses études en pointe le démontrent ! Et mieux vaudrait passer de façon modérée à une combinaison de réacteurs de génération 4 et filière thorium afin de diviser par près de 10 la part d'uranium, de réduire très fortement la durée des déchets nucléaires, les risques, leur stockage très coûteux sur des durées ingérables et d'augmenter ainsi très fortement les ressources tout en gardant un savoir-faire et en oubliant le gaz de schiste et nos vieilles centrales de plus en plus risquées et EPR trop coûteux pour leur mauvais bilan global ! (voir études entre autres de l'équipe Loiseaux Cnrs/Cea sur les combinaisons nucléaires optimales de génération 4 et couplage thorium pour détruire les déchets nucléaires qui se répandent dans le monde et qu'il ne vaut mieux pas continuer à mettre sous le tapis !)
Réponse de le 31/03/2014 à 17:30 :
Oui mais à cause entre autres du nucléaire, la France a pris du retard dans l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les interconnexions, alors que ces 3 postes sont rapidement sources d'économies et de baisse des émissions sans coûts majeurs et alors que la plupart des pays peuvent avoir 45% d'énergies renouvelables sans stockage comme diverses études en pointe le démontrent ! Et mieux vaudrait passer de façon modérée à une combinaison de réacteurs de génération 4 et filière thorium afin de diviser par près de 10 la part d'uranium, de réduire très fortement la durée des déchets nucléaires, les risques, leur stockage très coûteux sur des durées ingérables et d'augmenter ainsi très fortement les ressources tout en gardant un savoir-faire et en oubliant le gaz de schiste et nos vieilles centrales de plus en plus risquées et EPR trop coûteux pour leur mauvais bilan global ! (voir études entre autres de l'équipe Loiseaux Cnrs/Cea sur les combinaisons nucléaires optimales de génération 4 et couplage thorium pour détruire les déchets nucléaires qui se répandent dans le monde et qu'il ne vaut mieux pas continuer à mettre sous le tapis !)

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