Le chômage à un niveau record dans les pays du Sud de l'Europe

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Les personnes sans emploi représentaient 14,9% de la population active du Portugal au premier trimestre, contre 14% fin 2011. Avec l'Espagne (24,1%) et la Grèce (21,7%), l'écart se creuse avec les pays dits du Nord. En Grande-Bretagne, le taux de chômage a légèrement reculé en mars à 8,2%.

En Europe, le fléau du chômage s'abat principalement sur les pays du Sud du continent. Nouvelle confirmation avec les chiffres publiés ce mercredi par l'Institut national des statistiques du Portugal. Au premier trimestre, le taux de chômage y a atteint 14,9%, un nouveau record après les 14% des derniers mois de 2011. Au total, le nombre de chômeurs s'établit à 819.300 personnes sur 5,48 millions de personnes actives, ce qui représente une progression de 18,9% par rapport à la même période l'année dernière.

La rigueur pénalise la croissance et donc l'emploi

Inquiet de la situation de l'emploi dans son pays, le ministre portugais des Finances, Victor Gaspar, a commandé une étude à ses services pour connaître les raisons de cette hausse d'une ampleur inattendue. La politique de rigueur que réclament l'Union européenne et le FMI en échange de l'aide de 78 milliards d'euros accordée en mai 2011 pénalise la croissance et ne facilite pas la tâche des autorités. L'économie portugaise s'est cependant mieux comportée que prévu au premier trimestre avec une contraction de  0,1% au premier trimestre, soit le plus faible repli de l'activité depuis l'entrée en récession du pays au dernier trimestre 2010. Selon les prévisions de Bruxelles, le PIB devrait reculer de 3,3% cette année, après une baisse de 1,6% en 2011. Si le gouvernement de centre-droit s'attend à un taux de chômage d'environ 14,5% en 2012, la Commission européenne, plus pessimiste, anticipe un taux de 15,5% pour l'année prochaine

En Espagne et en Grèce, plus d'un jeune actif sur deux au chômage

Au côté du Portugal, l'Espagne et la Grèce, avec respectivement 24,1% et 21,7% de chômeurs selon les dernières données disponibles, font partie de ces pays où la situation de l'emploi s'est considérablement dégradée ces dernières années. Les taux de chômage y dépassent largement la moyenne de l'Union européenne, 10,2% en mars d'après Eurostat. Sans surprise et toujours selon l'Institut statistique européen, ces pays ont comme point commun d'avoir connu une mauvaise année 2011, avec seulement 0,7% de croissance en Espagne et une profonde récession en Grèce puisque le PIB s'y est contracté de 6,9%. Autre similitude, le chômage y touche principalement les moins de 25 ans. Au Portugal, 35% des jeunes y sont confrontés et en Espagne et en Grèce, plus d'un jeune sur deux est sans emploi.

Contraste avec les pays du Nord de l'Europe

Cette situation contraste avec celle que l'on rencontre dans les pays situés au Nord de l'Europe. En Grande-Bretagne, malgré la récession, le chômage a reculé en mars selon les chiffres publiés ce mercredi: 8,2% des Britanniques sont sans emploi, après 8,3% en février. Une légère amélioration alors que les économistes s'attendaient à une augmentation du nombre de chômeurs. Cependant, ces chiffres peuvent être nuancés par une augmentation du travail à temps partiel et le maintien de la pression sur les salaires. Le creusement de l'écart avec les pays du Sud du continent est d'autant plus probant lorsque l'on compare avec l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède qui connaissent des taux de chômage respectifs de 5,6%, 5,0% et 7,3%.

Conséquence d'une conjoncture difficile pour les pays du Sud : l'Allemagne, moteur économique de l'Europe, attire de plus en plus d'immigrés européens du Sud. Selon des statistiques publiées mercredi, le nombre d'immigrés en Allemagne a atteint en 2011 son plus haut niveau depuis 1996, soit 958.000 nouvelles personnes accueillies l'an dernier. Le nombre d'arrivants en provenance de Grèce a ainsi progressé de 90% par rapport à 2010, et de 52% pour ceux qui viennent d'Espagne.

Vers une stagnation autour de 10% en France et en Italie

La France et l'Italie se situent dans une catégorie intermédiaire, pratiquement au niveau de la moyenne européenne. Si dans ces deux pays, le taux de chômage ne cesse de progresser depuis le début de l'année 2011, il commence à se stabiliser. Principale différence toutefois, les jeunes italiens sont beaucoup plus touchés par le chômage avec environ 35% des moins de 25 ans sans emploi, contre près de 20% de leurs homologues français. Mais l'avenir ne s'annonce pas plus radieux. Pour cette année, Bruxelles s'attend ainsi à un repli anecdotique à 9,5% pour l'Italie, contre 9,6% en mars, et à une légère augmentation pour la France à 10,2%, contre 10% actuellement. A plus long terme, la Commission européenne ne prévoit en outre pas d'amélioration notable pour 2013.

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Commentaires
a écrit le 30/05/2012 à 12:17 :
Les grecs et espagnols font ce qu'ils peuvent pour Travailler.Ils sont accueillit a bras ouverts comme des rois en Allemagne avec hauts salaires a la cle si ils ont les capacites requises exigees.
Les cours d'allemand sont organises par les entreprises et tout lt monde est satisfait.
a écrit le 19/05/2012 à 17:53 :
c'est dur la chute !
hellas.

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