La BCE détient la clé de l'avenir de Chypre

Les banques chypriotes pourront-elles encore bénéficier de la liquidité de la BCE via le programme ELA ? De la réponse à cette question dépend l'avenir de l'île méditerranéenne.
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Un ?il à Moscou et un ?il à Francfort. C?est à ce strabisme que les Chypriotes sont désormais condamnés. L?attitude de la banque centrale européenne est désormais cruciale alors que le plan de « sauvetage » européen a été rejeté. La seule façon de faire fonctionner le système financier chypriote est le système connu sous l?acronyme ELA, pour Emergency Liquidity Assistance (assistance d?urgence à la liquidité).

Qu'est-ce que l'ELA  ?

Ce mécanisme permet aux banques centrales nationales d?accorder une aide d?urgence temporaire aux banques traversant une crise de liquidité et qui sont incapables de lever des fonds sur le marché interbancaire. En théorie, la gestion de ce dispositif est laissée aux banques centrales nationales. Sauf que, pour éviter des excès, la BCE dispose d?une possibilité de « débrancher » le système. L?institution de Francfort peut ainsi décider d?interdire à certaines banques centrales de recourir à l?ELA : il faut pour cela dégager une majorité des deux tiers au conseil des gouverneurs.

Majorité des deux-tiers pour couper l'ELA

Ce conseil est formé des 17 gouverneurs des banques centrales nationales et des six membres du directoire. Il faudrait que 15 de ses membres décident de fermer le robinet de l?ELA pour que les banques chypriotes soient de fait en cessation de paiement et que s?effondre immédiatement le système financier de l?île. Si on peut imaginer que les « faucons » de la BCE (Allemagne, Pays-Bas, Finlande et Luxembourg) votent pour cette mesure radicale, on est encore loin du compte. Mario Draghi et le directoire hésiteront sans doute à couper le dernier lien qui relie Chypre à la zone euro. Une fois l?ELA débranchée, le pays vivra une crise financière aiguë dont la seule sortie possible sera le contrôle des flux financiers et l?émission d?une nouvelle monnaie pour permettre la poursuite de la vie économique. Or, un des dogmes de la BCE, c?est que l?euro doit être irréversible.

Les banques de Chypre déjà inéligibles à l'ELA ?

Juste après le vote du parlement chypriote, la BCE a « réaffirmé son engagement à fournir autant de liquidité que nécessaire dans le cadre des règles existantes. » Or, ces « règles existantes » posent problème. Selon une étude de la Deutsche Bank, les banques chypriotes ne sont déjà plus éligibles au programme ELA dans la mesure où celui-ci concerne des établissements intrinsèquement sains, c?est-à-dire pouvant in fine rembourser les fonds avancés. Sans accord sur le plan européen de « sauvetage » permettant leur recapitalisation, les banques chypriotes sont de fait déjà en faillite. Seuls le jour férié dans l?île ce mercredi et la décision de fermer les banques jusqu?à la fin de la semaine - voire jusqu'à mardi selon la banque centrale chypriote - ont permis de suspendre cet état de fait.

Dans une interview accordée à Die Zeit, un membre du directoire de la BCE, Jörg Asmussen a, du reste, répété que la BCE ne pouvait prêter de l?argent qu?à des banques solvables. La ministre autrichienne des Finances Maria Fekter a prévenu également que « la BCE ne financera pas indéfiniment les banques de Chypre. » Bref, comme l?estime le think tank Open Europe, l?issue du vote de la BCE sur l?ELA « pourrait certainement aller dans les deux sens. »

Bluff

Il pourrait évidemment aussi y avoir un peu de bluff dans cette affaire. La BCE pourrait vouloir faire monter la pression sur le parlement chypriote. Dans les négociations avec l?Europe, cette « stratégie de la tension », comme le nomme la Deutsche Bank, vise à faire céder les Chypriotes en leur promettant, s?ils s?entêtent, le chaos financier. Mais le temps passe vite. Les banques devront bien finir par rouvrir. Et si les déposants se ruent aux guichets et que les établissements se voient couper le robinet de l?ELA, la situation deviendra vite intenable. Mais, comme le souligne le think tank britannique Open Europe, « la crise a montré jusqu?ici que les règles de la BCE étaient très malléables. » On pourrait donc trouver des arrangements. Les banques grecques, tout aussi insolvables potentiellement que les banques chypriotes, ont toujours pu bénéficier de l?ELA. Une chose est cependant certaine : l?avenir de Chypre et de la zone euro sontégalement entre les mains de la BCE.

 

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Commentaires 32
à écrit le 21/03/2013 à 10:18
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On sait depuis longtemps que la finance exploite le monde . Mais oser l'écrire aussi clairement !..."La BCE détient la clé de l'avenir de Chypre " . Une banque , avec pour patron un ancien de Goldman Sacks , détient la clé d'un Etat . Quand on voit...

le 21/03/2013 à 11:43
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Vous semblez aveuglé par une haine qui vous empêche de réfléchir. La BCE (c'est à dire aussi vous) prête de l'argent à Chypre car elle est en quasi faillite. Elle n'exploite personne. Elle indique simplement que si Chypre ne s'organise pas pour être ...

le 21/03/2013 à 13:48
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Votre propagande (tissu d'affirmations simplistes) ne vous sauvera pas vous et vos copains eurobéats. La BCE et sa politique d'austérité débile envoie tous les européens à l'échaffaud (pour sauver qui ?). Ou vont les fonds des aides européennes ? Dan...

à écrit le 21/03/2013 à 7:31
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Sous prétexte de sauver l'euro et le système bancaire, on a tous compris que les banksters voulaient se sauver eux et leurs bonus.

à écrit le 21/03/2013 à 7:31
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L'europe doit-il maintenir à flot les banques CHYPRIOTES ? Pays qui représente à peine 0.2 % du PIB européen, finalement elle est là la question ? et du coup de m'interroger, le contribuable européen doit-il au travers de la rigueur des budgets natio...

le 21/03/2013 à 9:55
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Le temps de début de crise où les banques étaient renflouées par les contribuables est révolu. Ce sont les clients des banques qui renflouent les banques sur la longue période. La BCE fait seulement le relais.

le 21/03/2013 à 10:42
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Que croyez vous qu il se passe en France et partout en europe? Les grosses entreprises vident les bilans dans les pays surfiscalisés pour déplacer le gros de leur bénéfices dans les pays qui ont un impot sur les sociétés plus faible. Et, voyez vous d...

à écrit le 21/03/2013 à 1:11
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Quels sont les actifs pourris des banques chypriotes : les obligations grecques. Quels sont les principaux passifs : les dépôts russes. Est-il raisonnable d'obliger les russes, en prélevant sur leurs dépôts, à renflouer chypre et indirectement la Grè...

à écrit le 20/03/2013 à 23:33
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Les autorités locales ont aussi leur part de responsabilité dans le désordre. Certains établissements pourraient profitent de la dramatisation pour se refinancer voire faire de l'argent à partir de la BCE. Sans aller jusqu'au blocage, il est nécessai...

à écrit le 20/03/2013 à 23:22
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L'avenir de Chypre n'est pas dans la zone euro! Sortez mes frères chypriotes de cette zone euro et y vous retrouverez votre prospérité!

le 21/03/2013 à 10:46
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+1000 quelle jolie claque à ces banquiers technos de la Troika. Quel bel exemple de souveraineté retrouvée! Espérons...

le 21/03/2013 à 11:46
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@sortez de l europe : la claque c'est vous même qui la recevez, la BCE, c'est vous, vous ne vous en rendez pas compte ? C'est vous qui payez et les russes et chypriotes qui encaissent. Vous croyez à Zorro ?

le 21/03/2013 à 13:41
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La BCE, c'est nous ? La bonne blague. La BCE c'est Goldman Sachs (hein M. Draghi ?). En revanche, les engagemets de la BCE ce sont nos impots. Pourriez-vous arrêter dire autant d'anneries svp.

à écrit le 20/03/2013 à 23:14
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Sauf à éteindre un incendie ponctuel à nos frais, la BCE est incompétente pour réparer les erreurs législatives imputables à la Commission UE, laquelle aurait dû maintenir une réglementation financière indispensable pour protéger le patrimoine, les m...

le 21/03/2013 à 15:04
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Pourquoi croyez vous qu'on cherche maintenant à nous imposer à tout prix et vite (délai de 90 jours donné par Obama) pour finaliser un accord transatlantique de marché unique? Voilà bien longtemps que nos commissaires oeuvrent à rendre l'UE compatibl...

à écrit le 20/03/2013 à 22:18
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Mensonges à répétition, chantages,tentatives d'extorsion de fonds... La troïka semble vouloir tout faire pour qu'on haïsse les institutions européennes et l'euro. Bravo, les gars, continuez ainsi... Les peuples se relèvent toujours, tant bien que ma...

le 20/03/2013 à 22:56
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Les banquiers et financiers ont provoqué la catastrophe des subprimes, vous croyez qu'ils ne se sont pas relevés ? AU contraire, ils ont reçu plusieurs milliers de milliards d'aides !!!

le 21/03/2013 à 4:21
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De bonus vous voulez dire.

à écrit le 20/03/2013 à 22:04
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La BCE ne doit pas fournir de liquidités à des banques en faillite : si elle le fait, elle fournit du liquide aux banques de Chypre pour que les déposants, Russes ou autres, puissent retirer leur argent, et alors les pertes des banques de Chypre, qui...

le 20/03/2013 à 23:44
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Apparemment, la politique consiste tout de même à sauver les banques à n'importe quel prix depuis quelques années. Pour les banques, soit elles investissent bien et elles gagnent, soit elles investissent mal et elles gagnent. Bien pratique

à écrit le 20/03/2013 à 21:21
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L'UE et sa seule raison d'être, la BCE, se sont encore une fois pris les pieds dans le tapis. Il est maintenant trop tard pour réformer ce "machin". Le lâchage de Chypre porte les germes de l'éclatement de l'Euro et de l'UE. L'imperator Poutine doit ...

à écrit le 20/03/2013 à 21:18
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Mais non, la BCE ne peut pas "couper les vivres" à la Banque Centrale Chypriote puisque les élites européennes veulent à tout prix éviter qu'un pays ne sorte de l'euro et n'en entraîne d'autres par contagion, notamment la Grèce. C'est justement ça le...

à écrit le 20/03/2013 à 20:47
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mais celle des champs ! pour l'exode fiscal et l'ardoise pour nous .

à écrit le 20/03/2013 à 18:25
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Des règles très malléables ? La BCE est en effet en train de démontrer, avec des règles si malléables qu'elles en deviennent illisibles, qu'elle est incapable de garantir la moindre sécurité financière et qu'elle peut devenir sous pression politique ...

à écrit le 20/03/2013 à 17:53
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Les politiques n'ont pas voulu réformer en profondeur l'UE. Pas de problème, la réforme va se faire toute seule... dans la douleur. Alors que le problème de la Grèce n'a jamais été résolu, que l'Espagne (26% de chômage moyen, 56% de chômage pour les ...

le 20/03/2013 à 19:11
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Entièrement d'accord avec vous. Je crains que des conflits civils particulièrement sanglants en Europe n'éclatent......

à écrit le 20/03/2013 à 17:42
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Merci de rappeler qui tient les cordons de la bourse. Le gouvernement chypriote va devoir choisir quel compromis il passe avec les russes, qui sont la seule solution pour combler le trou qu'il resterait. Mais l'UE a complètement raté sa communication...

le 20/03/2013 à 21:06
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En effet, l'UE n'a pas de politique étrangère. La Russie, elle, en a une, avec à sa tête un expert du KGB...

le 21/03/2013 à 4:29
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Nous on a la tête un expert plutôt de bonnes femmes, deux fois de suite. sic..

à écrit le 20/03/2013 à 17:24
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Pourquoi utiliser le terme "faucons" et non "bons élèves"

le 20/03/2013 à 17:41
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bons élèves implique un jugement de valeur, ce n'est pas plus "neutre"

le 20/03/2013 à 22:06
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Et "faucon", vous croyez que c'est neutre peut-être ???

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