Margaret Thatcher entre grands mots et petites phrases

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La Dame de fer, disparue ce 8 avril, prêchait sa doctrine économique avec une langue acérée. La preuve en quelques phrases clés choisies parmi ses discours.

François Mitterrand lui trouvait les "la bouche de Messaline et les yeux de Caligula". Des bons mots, Margaret Thatcher, Premier ministre britannique de 1979 à 1990 disparue ce 8 avril, savait aussi en égrenner. Florilège de ces mots qui ont fait de "Maggie" la "Dame de fer".

  • "Il n'y a pas d'alternative"

Il s'agit sans doute de l'une des phrases la plus célèbre de Margaret Thatcher. L'expression en anglais, "there is no alternative" est même devenue un acronyme, "TINA". Le slogan, martelé dans plusieurs discours, lui servait à rejeter toute critique visant ses idées néo-libérales dans une économie de marché.

  • "I want my money back"

Encore une citation davantage retenue dans la langue de Shakespeare que traduite. En 1979, Margaret Thatcher, élue depuis seulement quelques mois, rétorque à un journaliste du Guardian qu'elle "veut récupérer son argent". Elle exprime ainsi son agacement à l'égard d'un budget européen pour lequel le Royaume-Uni contribue davantage qu'il ne reçoit. En 1984, Thatcher obtient un rabais pour son pays. Son lointain successeur, David Cameron,  s'est fait un devoir de maintenir cette exception.

  • "Si quelqu'un suggère que je pourrais aller devant le Parlement pour y suggérer l'abolition de la livre sterling - non!"

Lors d'une réunion à Rome en 1990, celle qui vit alors la fin de son dernier mandat dit son opposition à la monnaie unique. 

  • "Nous, les Conservateurs, nous croyons dans le capitalisme populaire, dans la démocratie de la propriété (...) Nous, les conservateurs nous rendons le pouvoir au peuple"

En 1986, lors d'un discours devant les membres de son parti, Margaret Thatcher se félicite de la marche du libéralisme qui, à ses yeux triomphe dans le monde. Elle se réjouit ainsi des vagues de privatisations  "de France aux Philippines, de la Jamaique jusqu'au Japon, de Malaisie à Mexico..."

  • "La société n?existe pas. Il y a seulement des hommes, des femmes, et des familles"

Dans l'interview au magazine Women's Own en 1987 où apparaît cette citation, Margaret Thatcher ajoute que "les gens doivent s'occuper d'eux-mêmes". Elle exprime ainsi sans concession le fondement de son idéologie qui fait primer l'individu sur toute autre considération.

  • "Les marxistes se lèvent tôt pour servir leur cause. Nous, nous devons nous lever encore plus tôt pour défendre notre liberté"

Cette phrase tirée d'un discours de Margaret Thatcher datant de 1978 pourrait avoir inspiré un ancien président français... 

  • "En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme"

Bien qu'elle mettait rarement son genre en avant, Margaret Thatcher a quelque fois évoqué les différences entre hommes et femmes en politique. Avant son accession au poste de Premier minsitre, elle avait même confié qu'elle doutait qu'une femme put devenir chef du gouvernement en Grande-Bretagne de son vivant.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2013 à 19:28 :
Le liberalisme est la culture de la liberté. Neo, comme illustré dans la Matrix, est une sorte de paravent, de bouclier, de bouc émissaire. Comme si le libéralisme avait besoin de Neo. Thatcher était tout simplement favorable au capitalisme qui consiste à semer (investir) avant de récolter (distribuer la richesse produite).
Réponse de le 08/04/2013 à 21:41 :
Et le laissez-faire financier avec ce qui a conduit à la création de la city londonienne telle qu'on la connait, c'est semer avant de récolter? Depuis quand le monde de la finance non controlée comme actuellement seme quoi que ce soit?
Réponse de le 09/04/2013 à 17:04 :
Néolibéralisme: mot valise et très mal défini, et souvent a connotation péjorative.

M.T n'a jamais cautionne le système financier actuel mais un libéralisme populaire familial et individuel.

La finance "de marché" actuelle ne repose sur rien d'autre que l'absence de transparence du marche (complexification du marche financier, véhicules, délocalisation du financeur avec le producteur, etc.) ce qui va a l'encontre de la concurrence pure et parfaite.

Il ne faut pas comparer l'anarchisme nihiliste et sauvage avec un véritable libéralisme.
a écrit le 08/04/2013 à 18:55 :
@John Galt
"a la mort de Tino Rossi j'ai pris deux fois des moules à la mort de Brassens j'ai pleure comme un mome" Desproges. Bon et en apprenant la mort de Thatcher qu'aurait fait ce brave Desproges. Aurait il bu un verre à la memoire de cette grande dame petrie d'humanite , amie sincere et devoue de Pinochet ce bienfaiteur de l'humanite....Et bien moi aujourd'hui je vais ouvrir une bouteille de saint emillion...y 'a des jours comme ca ou des petits riens vous rendent plus gai plus joyeux....
Une pensee pour bobby Sands quand meme.....
Réponse de le 09/04/2013 à 9:06 :
@Boss
John Galt ne connaît certainement pas Desproges et de toutes façons serait hermétique à son humour. La minute de monsieur Cyclopède était "nécessaire"...Pensée pour Bobby Sands ...et les autres.
Réponse de le 09/04/2013 à 9:06 :
@Boss
John Galt ne connaît certainement pas Desproges et de toutes façons serait hermétique à son humour. La minute de monsieur Cyclopède était "nécessaire"...Pensée pour Bobby Sands ...et les autres.
a écrit le 08/04/2013 à 18:34 :
JE N'AI QU'UN MOT POUR ELLE: "PAUVRE FILLE" C'EST VRAI QU'ELLE A PEUT ËTRE EU RAISON QUANT ELLE EVOQUE LA DIFFERENCE ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES NOTAMMENT AU NIVEAU DE CE QU'ON APPELLE A TORT L'ELITE C'EST LE SEUL DOMAINE Où JE LUI TROUVE DE LA SAGESSE ET DE LA SAGACITE POUR LE RESTE ELLE A ETE UTILSEE; THATCHER C'EST EN QUELQUE SORTE LA JEANNE D'ARC ANGLAISE.
a écrit le 08/04/2013 à 17:40 :
Mes respects Madame. Vous au moins vous aviez du courage.
a écrit le 08/04/2013 à 17:23 :
La dernière citation pourrait convenir à Marine Le Pen !
a écrit le 08/04/2013 à 17:16 :
le libéralisme est une philosohipe, pas une idéologie. Et c'est vrai, qui peut dire qu'il y a une alternative au libéralisme ? Les seules alternatives au libéralisme sont le totalitarisme et l'esclavage. Donc non, "THERE IS NO ALTERNATIVE" pour une société qui veut rester évoluée ...
Réponse de le 08/04/2013 à 17:41 :
Mais le libéralisme c'est l'esclavage (moderne) et le totalitarisme (despotisme éclairé) !
Réponse de le 08/04/2013 à 17:49 :
Je vous attendais ici, vous etes tellement prévisible avec votre propagande digne d'un marchand de tapis. Dommage car cette théorie mérite une meilleure défense.
Réponse de le 08/04/2013 à 22:51 :
Il n'y a pas de vérité absolue dans le libéralisme. Le libéralisme est un univers de contradiction où le pouvoir de l'argent se heurte au droit du plus faible, où la défense de l'individualité peut librement amener des individus à se fédérer en communautés. Les adversaires du libéralisme ne combattent pas directement la liberté individuelle, ils veulent imposer à l'ensemble des citoyens ce qu'ils pensent bon pour la société. Il manque à ces adversaire juste un peu d'humilité pour accepter les désaccords, ou pire accepter d'être en minorité. Alors même si c'est vrai, je n'aime pas la forfanterie "there is no alternative".

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