Battue au football, que veut l'Ukraine, l’Europe ou la Russie ?

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L'Ukraine a été éliminée par la France de la coupe du monde 2014. Mais l'année prochaine risque d'être difficile pour le pays.
L'Ukraine a été éliminée par la France de la coupe du monde 2014. Mais l'année prochaine risque d'être difficile pour le pays. (Crédits : reuters.com)
Dans une situation économique préoccupante, le pays doit choisir entre un accord d’association avec l’Union européenne ou un retour dans le giron de Moscou. Pour se rapprocher de Bruxelles, il devra libérer avant le sommet de Vilnius le 28 novembre l'ex-Premier ministre Ioulia Timoschenko.

C'est entendu, l'Ukraine, stoppée mardi soir par l'équipe de France, n'ira pas au Brésil l'an prochain. Mais c'est peut-être le moindre des soucis du gouvernement de Kiev. Car le pays fait face à un choix critique et urgent pour son avenir. Le 28 novembre prochain, le sommet européen qui se réunira à Vilnius doit décider si l'Union européenne accepte finalement de signer un traité d'association avec son voisin oriental. Ou si, encore une fois, il claque au nez de Kiev la porte européenne.

Le cas Timoschenko, clé de l'alliance entre Kiev et Bruxelles

Mais pour signer, l'Europe - et en particulier l'Allemagne - attend ce qu'Angela Merkel a appelé « un pas crédible » de l'Ukraine vers la démocratie et l'Etat de droit. Ce « pas », c'est pour les 28, la libération de Ioulia Timoschenko, cette ancienne premier ministre, opposante à l'administration actuelle, condamnée pour corruption à 7 ans de prison dans des conditions jugées à l'ouest inéquitables. Sans un geste décisif de Kiev vers cette libération, l'UE ne signera pas, dans 13 jours, le traité d'association.

Hésitations ukrainiennes

L'ennui, c'est que le gouvernement du président Viktor Yanukovitch hésite sur la voie à suivre. Mercredi, la Rada, le parlement ukrainien, a repoussé sa décision sur le cas Timoschenko. Kiev doit aussi compter avec le voisin russe qui voit d'un fort mauvais œil ce traité d'association et qui ne ménage pas ses efforts et ses menaces pour empêcher sa signature. Récemment, des exportations ukrainiennes ont été bloquées à la frontière russe.

Moscou lorgne vers Kiev…

Moscou a, il est vrai, son propre projet pour l'Ukraine : l'attirer dans son union économique et douanière eurasienne, qui regroupe aujourd'hui outre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan et qui semble attirer l'Arménie. Le gouvernement de Vladimir Poutine entend en réalité maintenir l'influence russe dans un pays où 18 % de la population se définit comme « russe », où la langue de Tchékhov est parlée par la totalité de la population à l'est et au sud du pays et qui est perçu comme le berceau de la culture russe.

Si l'Ukraine tourne le dos à Moscou, ce sera perçu en Russie comme une défaite géostratégique majeure. Les régions orientales de l'Ukraine ont été conquises par Pierre le Grand au début du 18ème siècle…

Impossible équilibre

Depuis son élection en 2010, Viktor Yanukovitch, en théorie candidat pro-russe, a tenté de maintenir une forme d'équilibre entre Moscou et Bruxelles. Tout en donnant des gages de sa fidélité à Vladimir Poutine, il a tenté de renforcer l'indépendance énergétique de son pays en passant des accords avec des géants du secteur comme Chevron ou Shell. Mais l'équilibre est instable et malaisé.

Situation économique difficile

La situation économique de l'Ukraine est préoccupante. Le pays est en récession profonde depuis trois trimestres, cette année, le PIB devrait, selon les équipes de BNP Paribas, reculer de 0,4 %. Ses principaux marchés d'exportation, notamment l'acier et les fertilisants, marquent le pas. Les prix commencent à baisser et le déficit courant devrait atteindre 5,5 % du PIB.

La Banque Nationale d'Ukraine (NBU) tente de maintenir la parité du hryvnia, la monnaie ukrainienne, face au dollar aux alentours du pivot de 8,1 hryvnias pour un dollar. Mais cette politique, qui pèse sur la croissance du pays, coûte cher à la NBU, compte tenu du déficit courant du pays. Or, les réserves de devises de cette dernière chutent rapidement.

Chez BNP Paribas, on n'exclut donc pas, dès l'an prochain, une crise qui s'accompagnerait « d'une dévaluation significative et d'une restructuration de la dette souveraine. » L'Ukraine a été dégradée par Fitch et Standard & Poor's de B à B- au début du mois de novembre. C'est juste un cran au dessus du niveau de « risque de défaut substantiel » où Moody's le classe déjà avec sa note Caa1.

Un traité important avec l'UE

Qu'apporterait le traité d'association avec l'UE ? D'abord, un accès facilité au marché européen, ce qui pourrait être un salut pour ses produits ukrainiens et pour sa balance commerciale. Selon la presse allemande, le commissaire européen à l'énergie, Günther Öttinger proposerait à Kiev un accord gazier. L'UE serait prête notamment à fournir à l'Ukraine du gaz russe qui lui a été livré à un coût moindre que celui demandé par Moscou via la Slovaquie. Un accord qui, bien sûr, rend furieux Gazprom et Moscou.

Surtout, la signature de cet accord, tant de fois repoussée, serait un geste symbolique qui ancrerait le pays à l'Union européenne et  redonnerait confiance aux investisseurs internationaux et au FMI qui pourrait bien être invité l'an prochain à Kiev. Sinon, il faudra se tourner vers Moscou et espérer une aide d'une Russie qui est également économiquement peu vaillante.

 

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Commentaires
a écrit le 22/11/2013 à 10:33 :
Propagande que tout cela!!! La Rada à une majorité écrasante, a refusée hier de signer quoi que cela soit avec l'Union Europeenne
a écrit le 21/11/2013 à 22:24 :
LT Vous qui êtes des experts financiers: deux questions: Elle a coûté combien la victoire de notre équipe, et le repas à l'Elysée avec ces merveilleux français; c'est pour quand?
a écrit le 21/11/2013 à 22:20 :
LT Vous qui êtes des experts financiers: Elle a coûté combien la victoire de notre équipe (pas très nationale)?
a écrit le 21/11/2013 à 22:17 :
La Tribune! Vous n'aimez donc que les commentaires idiots et surtout mal écrits.
Quelle honte!
a écrit le 21/11/2013 à 15:56 :
@Ex-Moscovite: pas forcément. Le général Malet à qui on demandait, lors de son procès, qui étaient ses complices a répondu "la France entière si j'avais réussi" :-)
a écrit le 20/11/2013 à 22:53 :
L'armée russe doit entrer en Ukraine et Biélorussie. Il est temps de reformer l'empire!
Réponse de le 21/11/2013 à 10:50 :
Je vous répond par une blague assez connue en Russie: Poutine demande son ministre de défense: "Si on décide de faire la guerre contre Lukashenko, combien y-a-t il des divisions dans son armée?"-"4, Monsieur le Président"- "C'est rien, on va gagner facilement"-"Non, Monsieur le Président. Dès qu'il entre sur le territoire de Russie, il en aura au moins 40".
Réponse de le 21/11/2013 à 15:56 :
@Ex-Moscovite: pas forcément. Le général Malet à qui on demandait, lors de son procès, qui étaient ses complices a répondu "la France entière si j'avais réussi" :-)
a écrit le 20/11/2013 à 20:38 :
@On est deux et @la fourmi, vous êtes priez de lire l'article, celui ci n'ayant aucun rapport avec le foot. Vous vous ridiculisez par vos interventions conspirationnistes.
a écrit le 20/11/2013 à 19:49 :
Moi le foot je m'en fou ce match est truqué pensez l'Ukraine nous battre!
Réponse de le 20/11/2013 à 20:52 :
Je ne regarde pas du tout le foot , mais je pense que l'ukraine a subi une pression énorme pour se laisser battre : peut-etre à tort , mais je vois la corruption partout omniprésente !
Réponse de le 20/11/2013 à 20:59 :
c est ce qui se dit , dans ce monde pourri par l argent , tout est possible
Réponse de le 20/11/2013 à 21:28 :
Vous étiez à l'agonie , vous avez maigri de 30 kgs , comment avez-vous pu échapper à vos tortionnaires : " sans effort particulier , la porte était ouverte " !
a écrit le 20/11/2013 à 19:18 :
pourquoi auraient-ils été s'humilier dans un match "truqué", sinon pour toucher les subventions europeennes ?
Réponse de le 20/11/2013 à 21:59 :
En effet, entre la mallette et la coupe il n'y aucune hésitation à avoir.
a écrit le 20/11/2013 à 18:36 :
L'Ukraine n'a pas à hésiter, son avenir est dans le giron Russe qui est le fer de lance de l'Europe non communautaire, car ce pays dispose de ressources et matières premières très conséquentes, une technologie très avancée, ainsi qu'un peuple très évolué scientifiquement et techniquement.
Si l'Ukraine en venait à rentrer dans l'espace communautaire Européen, ce serait une bien mauvaise décision qu'elle pourrait regretter, en effet, cette CEE n'est plus viable dans l'état actuel des choses, (l'a t-elle seulement été un jour?).
Cet espace communautaire englué, désorienté, avec des disparités économique, sociales, sociétales et des frontières passoires ne représente que les fantasmes d'Eurocrates plus intéressés par leurs prébendes plutôt qu'aux peuples qui composent cette Europe faite de bric et de broc.
Réponse de le 21/11/2013 à 10:33 :
Des technologies très avancées et le peuple très évolué scientifiquement et techniquement en Russie, c'est malheureusement l'histoire du passé, un héritage de l'URSS qui disparait très rapidement et disparu en grande partie. Pour l'Ukraine les raisons de ne pas entrer à la CEE sont plus simples: 70-80 % de ces échanges, c'est la Russie et d'autres pays d'ex-URSS. Mais pour les politiciens ukrainiens ce n'est pas un argument.
a écrit le 20/11/2013 à 18:36 :
L'Ukraine n'a pas à hésiter, son avenir est dans le giron Russe qui est le fer de lance de l'Europe non communautaire, car ce pays dispose de ressources et matières premières très conséquentes, une technologie très avancée, ainsi qu'un peuple très évolué scientifiquement et techniquement.
Si l'Ukraine en venait à rentrer dans l'espace communautaire Européen, ce serait une bien mauvaise décision qu'elle pourrait regretter, en effet, cette CEE n'est plus viable dans l'état actuel des choses, (l'a t-elle seulement été un jour?).
Cet espace communautaire englué, désorienté, avec des disparités économique, sociales, sociétales et des frontières passoires ne représente que les fantasmes d'Eurocrates plus intéressés par leurs prébendes plutôt qu'aux peuples qui composent cette Europe faite de bric et de broc.

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