"La politique d'austérité est un échec" en Europe (Larry Summers, ex-secrétaire au Trésor)

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Pour Larry Summers, le populisme irréfléchi n'est pas la solution. . REUTERS/Jonathan Ernst.
Pour Larry Summers, "le populisme irréfléchi n'est pas la solution". . REUTERS/Jonathan Ernst. (Crédits : Reuters)
L'ancien secrétaire au Trésor américain estime que l'union monétaire en Europe et de façon plus générale la gestion de la macroéconomie ont été un échec, dont les pays paient aujourd'hui "les conséquences politiques".

Si les europhobes ont obtenus des scores élevés lors des européennes, les tenants de l'austérité ne devraient s'en prendre qu'à eux-mêmes. C'est en substance l'analyse de l'ancien secrétaire au Trésor Larry Summers. Dans une interview accordée à la chaîne d'information américain CNN ce dernier affirme:

"[Les élections européennes] Un référendum sur la façon dont les élites ont géré la macroéconomie de l'Europe ces dix dernières années, alors qu'elles n'ont pas réussi à le faire. Elles en payent aujourd'hui les conséquences politiques."

L'euro a eu "des conséquences catastrophiques"

Pour l'ancien chef du Conseil économique national américain, "le marché commun européen, l'Union monétaire européenne" ont été des projets conduits par les élites. Elles ne s'attendaient pas à des conséquences inattendues qui ont été catastrophiques pour des millions de personnes." Et d'ajouter :

"Avoir une monnaie commune sans autre chose en commun a été un échec."

L'austérité n'a pas réussi à l'Europe

Néanmoins, Larry Summers ne croit pas que le projet européen devrait être abandonné mais que c'est avant tout "la politique d'austérité qui est un échec". Sans pour autant approuver les discours de certains partis europhobes puisqu'il estime qu'"un populisme irréfléchi n'est pas la solution"

Dans un article d'opinion publié en janvier 2013 par La Tribune à l'occasion du forum de Davos, l'ancien secrétaire au Trésor américain s'était déjà prononcé contre la politique d'austérité en Europe, estimant que c'est "une politique du chacun pour soi", ce qui l'amenait à dire que "le succès de l'économie mondiale devra reposer sur une coordination internationale destinée à éviter un excès d'austérité". Et de conclure :

"En 2013, le G20 et le FMI auront pour tâche essentielle de veiller à ce que les stratégies des différents pays et régions ne soient pas simplement judicieuses à leur niveau individuel, mais aussi cohérentes au niveau global."

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Commentaires
a écrit le 05/06/2014 à 3:51 :
Un peu tard pour répondre, mais cela évite de laisser des idées de ce type continuer à prospérer sans réponses.

Non, l'euro n'est pas la source des problèmes c'est un des piliers du fondement européen.
Tout le monde comprends que, la crise des "subprimes" et la crise Européenne viens de là,des états-unis.
C'est bien le dollar, qui comme monnaie et sa fluctuation au grés des besoins de politique économique américaine et sa parité avec l'euro qui a propagé la crise américaine à l'europe, alors ne pas inverser les roles serait plus plaisant dans l'analyse.
Il y a un intéret certain que l'euro n'existe plus pour le dollar, mais la ficelle est trop grosse pour avaler la couleuvre.C'est juste exacerber le populisme, et l'eurosceptcisme, qui n'en a pas besoin étant donné les résultats des élections européennes.
Les US on voté un dépassement du "mur" budgétaire, mais qui le finance ?
Je m'imagine que ce doit être l'apport des épargnes mondiales, chinoises en tête et européennes de surcroits.
Pour "fluidifier" les échanges interbancaires et le risque de défaut des dettes des pays, l’Europe a créer le MES, et "injecter" quelques milliards de liquidités,ce qui a évité les faillites en cascades à la 1929.
La politique d'austérité, n'a pas été un échec au sens économique, elle a épongé et restructuré les fondamentaux économiques européens,cependant, elle l'est au sens social et à la monté du chômage en Europe ainsi que du populisme.
Les gouvernements des pays doivent maintenant se concerter au plus vite au sein de l'union européenne, pour relancer une croissance qui rétablis un équilibre avec l'emploi, sinon les peuples écouteront les cassandres du repli sur soi et inéxorablement les nationalistes prospèreront sur cette vague alors les pays se désolidariseront de l'europe et les anciens antagonismes referont surface.
La paix mondiale est à ce prix.
a écrit le 04/06/2014 à 7:47 :
Ce monsieur sert les interets US...il oublie la GB et autres pays qui se redressent...nous on s enfonce avec de fausses economies
a écrit le 01/06/2014 à 18:48 :
La monnaie unique sans le reste me va très bien+ respect des accords de Schengen évidemment (le petit Nicolas avait fait une blague à ce propos, mais cela lui a fait redoubler sa sixième)....
a écrit le 01/06/2014 à 10:34 :
Ca dépend pour qui; pour les grands patrons et groupes c'est tous bénéfices, ils n'ont pas augmenté leurs salariés depuis plusieurs années. Et en plus grâce aux bénéfices de délocalisations, non augmentation des salaires... ils ont également pus s'offrir de "petites" augmentations... Comme GATTAZ par exemple.
a écrit le 31/05/2014 à 8:43 :
il faudrait définir les termes: Est-ce de l'austérité quand un pays dépense plus que ses recettes fiscales ?
a écrit le 29/05/2014 à 22:09 :
Mr de La Palisse, n'aurait pas dit autre chose.
a écrit le 29/05/2014 à 11:20 :
Faut choisir le crédit est libéral ou socialiste ? Pour certains vivre à crédit c est du socialisme et pour d autres c est libéral , voir l Amérique qui ne vit et prospère qu' avec le crédit .
Réponse de le 29/05/2014 à 12:27 :
"socialiste (ou communiste)" n'est pas synonyme de "de gauche" et "libéral" n'est pas synonyme de "de droite" ni le contraire de "de gauche". Il y a le marxisme ou le colbertisme d'une part et le libéralisme d'autre part. Le libéralisme (qui n'existe pas en France) peut être de gauche ou de droite.
Réponse de le 29/05/2014 à 14:49 :
Merci Theo , mais pas plus avancé pour autant, entre ce qui est et ce qui n existe pas .Le problème reste posé ; le crédit et les dettes sont ils le fait du socialisme ou du libéralisme tel qu' on le vit ?
Réponse de le 30/05/2014 à 11:22 :
Le crédit et les dettes sont une affaire de mauvaise gestion tout simplement...ni de droite ni de gauche...ni libéral ni colbertiste. On a vu dans le passé que Sarko (lorsqu'il était ministre du budget sous Balladur) et Mittérand étaient fâchés avec les comptes...à la différence de Rocard et Juppé...
Réponse de le 30/05/2014 à 13:13 :
Non Théo le crédit n est pas une mauvaise gestion mais une anticipation soit de revenus à venir soit une plus value à réaliser . Les acteurs acheteur vendeur ouvrier banque tirent tous profit de cette anticipation d achat . C est la facon moderne du troc .
a écrit le 29/05/2014 à 6:38 :
Mais l'austérité ce n'est au équilibrer les comptes.
Dire que l'austérité est impossible, c'est dire que nous devons vivre éternellement à crédit.
Mais c'est impossible aussi.
Alors qu'elle issue ?
La faillite de nos sociétés.
Le défaut de paiement, des fonctionnaires, des retraites, des remboursements de la secu, la disparition de l'épargne...
Réponse de le 29/05/2014 à 12:22 :
Pour s'en sortir il faut asservir les dépenses aux recettes : faire payer chaque service public à un tarif raisonnable (ou "tarif de marché") et obliger chaque administration à gérer correctement son compte de résultat et par ailleurs transférer vers les personnes physiques l'argent effectivement collecté par l'impôt.
a écrit le 28/05/2014 à 19:59 :
Equilibrer les recettes et les dépenses n'est pas de l'austérité. C'est une gestion normale. Il y a de nombreux outils fiscaux ou parafiscaux pour adapter l'économie d'un pays à une monnaie commune (TVA sociale, impôt négatif...). Ils n'ont pas été utilisés c'est tout.
a écrit le 28/05/2014 à 17:52 :
Je ne crois pas que la France soit visée par les déclarations de ce pitre ... l'austérité n'a pas commencée chez nous , c'est même le délire total chez les ponctionnaires : tous les feux sont au vert et le champagne coule à flot ! merci les députés ponctionnaires ...
a écrit le 28/05/2014 à 17:14 :
Il ne faut pas qu'il s'inquiète : ce n'st pas parce que les faits montrent que cette politique est un échec, et que tous les pays hors zone euro vont bien, que Mme MERKEL sera prête à admettre qu'elle s'est trompé...
Aller donc expliquer à un allemand que votre mercédès tombe sans arrêt en panne, vous allez voir le résultat...

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