Les Européens ont voté... et maintenant ?

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Florence Autret, correspondante à Bruxelles pour La Tribune. / DR
Et Bien maintenant, les choses sérieuses commencent. Les choses sérieuses, ce sont les tractations entre partis politiques pour tenter de transformer l’essai de cette élection sur-politisée en victoire face aux chefs d’Etat et de gouvernement.

Premier résultat tangible du scrutin : l'absence de majorité. Nous avons deux prétendants pour diriger l'exécutif européen : le chef de fil du parti arrivé en tête des élections, Jean-Claude Juncker, de centre-droit, et le socialiste Martin Schulz. Mais l'arithmétique électorale est sans pitié. Le président de la Commission doit être élu par l'assemblée européenne, autrement dit rassembler 376 voix. Or même en s'alliant aux libéraux et aux écologistes, auxquels il a fait des avances dimanche soir, Jean-Claude Juncker le candidat le mieux placé avec un groupe de 212 députés, ne peut rassembler plus de 350 voix. Le centre-droit peut « revendiquer » la présidence mais il ne peut l'imposer.

Deuxième résultat : il devrait y avoir un débat sur le contenu de la politique de la prochaine commission. Car aucun candidat n'obtiendra des partis concurrents sans s'engager sur un programme. C'est la grande nouveauté.

Troisième conclusion : les chefs d'Etat vont rechigner à abandonner leur pouvoir de proposition du président de la Commission. Déjà Hongrois et Britanniques disent qu'ils ne veulent pas de Jean-Claude Juncker.

La Commission faut-il le rappeler n'est pas un gouvernement

Ses membres sont nommés par les gouvernements nationaux et non par les partis qui composent une coalition de gouvernement, selon leur poids respectif. Bruxelles n'est pas Berlin. L'UE n'est pas la Bundesrepublik. Il pourrait donc y avoir un troisième homme… ou femme. Et nous pourrions mettre plusieurs semaines à connaître son nom.

Finalement La seule certitude absolue à l'issue de ce scrutin est l'affaiblissement dramatique de la France. Le score du Front national va laminer les rangs français dans les deux grands partis centristes qui continuent à donner le « la » politiquement ici au Parlement. Les élus UMP seront probablement deux fois moins nombreux au sein du PPE que ceux de la CDU. La situation n'annonce pire encore au sein du groupe socialiste. Et si le FN parvient à former un groupe politique avec d'autres partis populistes européens, ce sera au sein de ce groupe que les Français pèseront le plus.

C'est une perte majeure d'influence qui va se répercuter au Conseil européen

François Hollande apparaît plus faible que jamais face à ses pairs et que son parti est travaillé par un courant eurocritique de plus en plus fort. Il en ira de même à la Commission européenne. C'est un des paradoxes de cette élection : en votant pour des nationalistes, les Français ont affaibli la position de leur pays au sein de l'Union…. Sans réellement se donner les moyens de la faire changer.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2014 à 15:45 :
Et maintenant, la chancelière de la constellation va nommer son Dark Vador, et nous faire un bras d'honneur
a écrit le 09/06/2014 à 15:43 :
C'est une farce démocratique, l’Europe .Des fonctionnaires non élus nous gouvernent, issus de petits pays parasites et atlantiste.
a écrit le 04/06/2014 à 14:40 :
Il faut etre patient en 2017 le royaume uni sortira de l'union et les prochains votes detruiront pierre par pierre l'union europeenne le jour de la sortie de l'union sera une immense fete!!
a écrit le 03/06/2014 à 22:29 :
Il faut maintenant commencer une procedure de sortie de L'union europeenne et de l'euro ,c'est le sens de l'histoire .
a écrit le 03/06/2014 à 8:08 :
On ne veut pas changer l'UE, on veut en sortir ou en contrecarrer les plans néfastes par le biais du "syndicat" RBM !
Réponse de le 03/06/2014 à 10:59 :
C'est vrai que la somme des incompétences nationales dans les décisions n'améliorent rien au niveau de Bruxelles!

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