Grèce, l'inattendu soutien de Papandréou au gouvernement Tsipras avant une réunion de l'Eurogroupe

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Georges Papandréou
Georges Papandréou (Crédits : Reuters)
A la veille d'une réunion déterminante des ministres des Finances de l'Eurogroupe, l'ancien Premier ministre socialiste Georges Papandréou, qui avait été pourtant le premier à accepter en 2010 que son pays soit mis sous programme d'assistance, a écrit aux 28 dirigeants européens pour leur demander de trouver "un accord mutuellement profitable". La Grèce veut avoir la maîtrise de ses réformes.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras, très soutenu par les Grecs, se préparait dimanche la réunion des 19 ministres des Finances de l'Eurogroupe, ce lundi, dont le sort du pays dépend, avec la volonté de tout faire pour trouver un accord, sans pour autant annoncer de concessions.

"Notre position, basée sur la logique, est forte, et conduira à un accord, même à la dernière minute voire après la dernière minute", a indiqué dans une interview à Kathimerini dimanche le ministre des Finances Yanis Varoufakis.

L'Eurogroupe doute d'un accord

Selon lui, tant les Grecs que le reste de l'Union européenne "feront tout ce qu'il faut pour éviter un résultat qui affaiblisse l'unité de la zone euro". Le ministre s'est dit convaincu que "l'Europe sait conclure des accords honorables à partir d'honorables désaccords". Il a évoqué un niveau d'optimisme "important" à la veille de la réunion lundi des 19 ministres des Finances de l'Eurogroupe. Un discours qui tranche avec celui du chef de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui s'était déclaré, vendredi, "très pessimiste" sur la possibilité d'un accord lundi. Samedi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a également évoqué la perspective de "négociations difficiles".

Le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro est important s'il n'y a pas d'accord lundi et si le pays est ainsi contraint à ne pas pouvoir honorer ses engagements financiers.

Athènes veut avoir la maîtrise de ses réformes

Le nouveau gouvernement de gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras veut rompre avec les programmes d'aide imposés à la Grèce depuis cinq ans par l'Union européenne, la BCE et le FMI, et qui ont considérablement pesé sur la vie quotidienne de la population, en échange de 240 milliards de promesses d'aide. La Grèce semble résolue à faire des réformes, mais qui seraient contenues dans un nouveau programme dont Athènes aurait cette fois la maîtrise.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Sakellaridis, dimanche, a affirmé sur Skai TV que "le gouvernement est déterminé à honorer ses engagements" vis-à-vis des électeurs et "ne poursuivra pas le programme tel qu'il était jusqu'alors". Tout en trouvant une solution "qui profite à tout le monde", a-t-il dit lui aussi.

"Il n'y a pas de plan B", a annoncé de son côté Yanis Varoufakis. Le gouvernement Tsipras a aussi reçu un soutien inattendu dimanche : l'ancien Premier ministre socialiste Georges Papandréou, qui avait été pourtant le premier à accepter en 2010 que son pays soit mis sous programme d'assistance, a écrit aux 28 dirigeants européens pour leur demander de trouver "un accord mutuellement profitable", en insistant sur tous les efforts déjà consentis pas les Grecs, qui souffrent encore d'un chômage à plus de 25%.

L'Union européenne ne veut s'engager qu'à une extension du programme en cours

Or l'UE, pour l'instant, ne veut s'engager qu'à une "extension" du programme en cours, qui s'achève le 28 février.

Des discussions ont encore eu lieu samedi, sous forme "d'échange de vues pour une meilleure compréhension des positions de chacun", a déclaré un officiel de l'UE samedi. De ces discussions doit sortir un rapport qui sera présenté à l'Eurogroupe. Or, Yanis Varoufakis prévient dans son interview qu'il reste des points de friction, notamment sur les privatisations sur lesquels le nouveau gouvernement veut en grande partie revenir, ou les droits des salariés dans l'entreprise.

Le gouvernement grec compte aussi sur les manifestations de soutien à ses demandes, dimanche, en Grèce, Paris ou Lisbonne. Samedi à Rome, déjà, plusieurs centaines de manifestants ont défilé à l'appel d'organisations, syndicats et partis de gauche, pour soutenir les positions anti-austérité du gouvernement grec.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2015 à 13:27 :
Et c'est le même qui comme Premier ministre, après avoir annoncé un référendum pour début décembre 2011 (déjà) et reçu le soutien de son gouvernement dans ce projet, y renonca sous la pression d'états européens (dont la France) C'est la fameuse démocratie européenne à l'œuvre.
a écrit le 16/02/2015 à 7:47 :
contre la promesse qu on ne poursuive pas sa famille pour les detournements effectues depuis plusieurs generations pdt qu ils etaitent au pouvoir...
a écrit le 16/02/2015 à 7:45 :
quelle surprise !!!!!!!!!!!! en 2010 ce gars embauchait 70 000 fonctionnaires de plus alors qu'il jurait a la troika et a ses partenaires qu'il en diminuait le nombre, et on s'etonne de son soutien?
ok ok il voudrait desormais que les gens qu'il a embauches recoivent le gras salaire qu'il leur a promis avec l'argent qui n'est pas a lui...
a écrit le 15/02/2015 à 18:47 :
Un patriote grec égaré qui comme il existe de nombreux patriotes français, ne regardent plus a travers les yeux de Bruxelles!
Réponse de le 15/02/2015 à 20:32 :
@Bref: pauvres choux...de Bruxelles bien entendu :-)
a écrit le 15/02/2015 à 17:59 :
Il est fort à parier que ce monsieur cherche une assurance tous risques en cherchant les bonnes grâces du nouveau gouvernement!
Il ne devrait pas être difficile de découvrir des chefs d'inculpation(corruption? haute trahison? , népotisme?) pouvant amener ces losers à la case prison.
Du reste, lorsque j'anticipe l'avenir je perçois l'arrestation de dirigeants , de banquiers , de politiciens...
L'Ile Maurice vient d'arrêter le précédent Premier Ministre et le précédent président de la banque centrale, un exemple à suivre?
Il y a un coté "Clochemerle" dans cet exemple qui fera bientôt tache d'huile en Occident, étant donné les bouleversements qui viennent.
Je me demande si j'ai bien fait de le signaler car des personnalités à la conscience non tranquille vont se sentir pousser des ailes pour émigrer en Nouvelle-Zélande, en Australie ou sur un lagon peu connu!
a écrit le 15/02/2015 à 15:22 :
Le gouvernement d'Alexis Tsipras, très soutenu par les Grecs, se préparait dimanche la réunion des 19 ministres des Finances de l'Eurogroupe, ce lundi, dont le sort du pays dépend, avec la volonté de tout faire pour trouver un accord, sans pour autant annoncer de concessions.

Relisez vous, cette phrase est incompréhensible.C'est du chinois !
Réponse de le 15/02/2015 à 22:58 :
Pendant que vous y étiez vous auriez pu traduire tout ça en bon Français.
A y être au moins vous auriez éclairé le débat. Vous n'avez rien dit...
Franchement cette phrase résume bien la situation. Problème de lunettes ?
a écrit le 15/02/2015 à 14:39 :
Toujours personne pour expliquer rationnellement en quoi privatisation et baisse des droits des salariés peuvent aider la Grèce ? C'est du chantage et rien d'autre.
Réponse de le 15/02/2015 à 14:47 :
Il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...
a écrit le 15/02/2015 à 14:19 :
Les Grecs sortent une munition: quelle sera la prochaine ?
Tout le monde met en exergue la question ''politique" de la sortie de la Grèce de la zone Euro mais je suis persuadé (je me trompe peut-être) ce n'est pas un problème pour l'homme de la rue que je suis.
Posez ces deux questions à l'homme de la rue:
- La Grèce fait-elle partie de la zone Euro ? La réponse sera probablement "oui" à 80% car en ce moment, tout le monde parle de ce problème
- Si la Grèce sorte de la zone Euro, cela vous fera t-il quelque chose ?
Ma réponse est non.
A vous de répondre -;)
Cordialement
Réponse de le 15/02/2015 à 16:15 :
@Bernardino: bien entendu que les Grecs vont dire qu'ils font partie de l'UE qui leur apporte tout ce qu'ils pourraient souhaiter. La réalité sur le terrain, c'est que la Grèce a été fortement marquée par l'Empire ottoman et qu'elle appartient plutôt au Moyen-Orient (et donc est plus près de la Turquie) que de l'Europe à de nombreux points de vue :-)
Réponse de le 16/02/2015 à 8:36 :
le fait d'appartenir a l'Europe apporte : chaumage, récession, pauvreté, insécurité, perte de l'identité, corruption a de très haut nivaux, perte des acquis sociaux, exploitation des peuples, main mise des USA, (voir Sarko et Hollande) etc etc .............oui ! VIVE l'Europe ....
a écrit le 15/02/2015 à 14:06 :
Papandreou en plus d'être le représentant du PASOK, est le président de l'internationale socialiste (du PS international), raison de plus de se méfier d'eux !
a écrit le 15/02/2015 à 14:04 :
[l'ancien Premier ministre socialiste Georges Papandréou, qui avait été pourtant le premier à accepter en 2010 que son pays soit mis sous programme d'assistance, a écrit aux 28 dirigeants européens pour leur demander de trouver "un accord mutuellement profitable"]

Traduction du grec: je vous propose une petite mallette ou une petite propriété en échange de votre silence sur la spoliation de l'épargne de vos con-citoyens détenue par vos banques...
a écrit le 15/02/2015 à 13:59 :
Soutien inattendu en quoi ? Les politiques sont des arrivsistes prêts à tout et n'importe quoi pourvu qu'ils aient un poste qui va leur rapporter plus qu'en suant du burnou :-)
a écrit le 15/02/2015 à 13:55 :
Panpandreou représente la corruption l'incompétence des grecs
S'ils veulent apitoyer les européens ils ne devraient pas sortir un épouvantail
a écrit le 15/02/2015 à 13:45 :
girouette. Son parti a été laminé. Alors faut bien trouver quelques chose pour remonter dans les sondages.
Réponse de le 15/02/2015 à 14:32 :
Le Gouvernement Grec doit en appeler au Peuple. Il sera capable de retroussés ses manches si la cause est bonne.

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