La musique numérique commence à compenser la chute du CD en France

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Dans l'Hexagone, les ventes de musique sur Internet et sur mobile ont quasiment enrayé la chute du CD, selon les chiffres révélés par le Syndicat national de l'édition phonographique.

Le téléchargement sur Internet et la téléphonie mobile, comme relais de croissance du CD déclinant, l'hypothèse devient peu à peu une réalité. En témoignent les chiffres de ventes publiés à Cannes à l'occasion du Midem par le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP). En 2005, le chiffre d'affaires des ventes en gros (des maisons de disque aux magasins) est resté à peu près stable à 961 millions d'euros. La casse a été limitée par les ventes de morceaux sur Internet et sur portable. Le chiffre d'affaires du téléchargement a été multiplié par quatre pour atteindre 32,4 millions d'euros. Sur ce total, 71% proviennent de la téléphonie mobile et 29% d'Internet. En comparaison, les ventes de CD ont reculé de 2,6%.

"L'économie numérique est une réalité tangible", a commenté le président du SNEP, Gilles Bressand. Quant aux ventes en magasins - physiques et virtuels - , elles ont reculé de 7,8% à 1,47 milliard d'euros. Mais quand les ventes des enseignes ayant pignon sur rue ont baissé de 8,6% à 1,45 milliard d'euros, celles des plates-formes légales ont été multipliées par cinq, à 15,7 millions d'euros. 18,6 millions de titres ont été téléchargés sur Internet (45% à l'unité, 55% au sein d'albums téléchargés en entier), soit cinq fois plus qu'en 2004. Un titre sur quatre et un album sur cent sont désormais vendus en ligne.

Face à ce succès, certains restent encore circonspects: "Cette année, ça compense, on verra l'an prochain", a nuancé le président d'Universal Music France, Pascal Nègre. "Oui, c'est un moment charnière, mais une charnière ne dure pas qu'une année", a ajouté Jean-François Cécillon, le représentant de la major britannique EMI.

Autre tendance, le prix du disque a sensiblement baissé: au détail, les tarifs ont reculé de 23% pour les singles et de 15% pour les albums entre 2003 et 2005. Enfin, signe d'une relative embellie dans le secteur, le nombre de contrats rendus aux artistes a diminué (93 en 2004, 58 en 2005) tandis que celui de nouvelles signatures est resté stable (103 en 2004, 104 en 2005).

A l'occasion de cette conférence de presse, les producteurs ont réaffirmé leur opposition au système de licence globale, tel qu'il a été voté par les députés le 21 décembre dernier lors de discussions sur le projet de loi sur les droits d'auteurs. Les amendements votés fin 2005 légalisent le téléchargement gratuit de morceaux sur Internet via les réseaux "peer to peer" et ouvrent la voie à une rémunération des ayants-droits via un prélèvement de 5 à 7 euros sur les abonnements Internet. L'adoption de ces amendements avait provoqué un tollé, depuis le ministre de la culture, dont le projet de loi s'inscrivait à l'opposé de ce système, jusque dans toute l'industrie du disque. L'examen du projet de loi avait alors été reporté à ce début d'année mais sa date n'a pas encore été arrêtée.

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