Handicap International publie le premier rapport global sur les méfaits des sous-munitions

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Dans ce document baptisé Fatal Footprint, l'association souligne que plus du quart des victimes de ces engins sont des enfants. Les garçons de moins de 18 ans, qui tentent de ravitailler leurs familles en eau ou en bois dans des zones qui ont connu des combats, sont particulièrement touchés.

Cela fait des années que l'association Handicap International dénonce, campagne d'information et affiches choc à l'appui, les dégâts des sous-munitions. Il s'agit de mini-bombes répandues depuis des bombes terrestres ou larguées d'avions et qui infestent les territoires touchées. Certains ont même été vicieusement déguisées avec des couleurs vives ou au contraire camouflées voire sculptées sous des formes ludiques (animaux, insectes, plantes et même simili jouets). Un piège mortel pour les enfants qui, s'ils s'y laissent prendre, perdront un bras ou une jambe.

L'objectif cynique des armées qui commandent et utilisent ces sous-projectiles est de causer des mutilations chez les militaires comme chez les civils qui tendent à peser sur le moral de l'ennemi tout en minorant le risque de tuer donc de faire des martyrs dans le camp adverse.

De nombreuses sociétés d'armement dans le monde fabriquent ce type d'instruments de mort. D'où le rapport publié aujourd'hui par Handicap International et qui a vocation à faire pour la première fois le tour du problème. Baptisé "Fatal Footprint" (empreinte mortelle), ce document révèle que 84% des victimes de ces engins sont de sexe masculin, dont près de la moitié (40%) âgés de moins de 18 ans. La raison en est simple: il s'agit fréquemment de jeunes garçons partis aider leur famille en allant chercher de l'eau ou du bois.

Pire encore, sur les 11.044 victimes de ces sous-munitions identifiées par l'étude Footprint, 27% sont des enfants. Le pire est que ces engins discrets restent en place longtemps après la fin des conflits. Ainsi, selon Handicap International, "trois décennies après leur utilisation, les armes à sous-munitions continuent à causer environ la moitié des victimes de REG (résidus de guerre non explosés) recensées en Asie du Sud-Est. Dans certaines zones d'Irak, les victimes de sous-munitions représentent entre 75 et 80% des victimes".

Face à cette menace, le déminage apparaît comme l'une des priorités une fois les conflits achevés. Au Liban, deux à trois personnes seraient encore touchées par jour au fur et à mesure de leur retour dans leur maison depuis la fin des récentes hostilités. Le même phénomène s'était produit au Kosovo avant qu'une campagne de déminage de grand ampleur, nourrie par les renseignements fournis par les belligérants, ne soit menée.

Le problème risque de perdurer aussi longtemps qu'un accord international entre toutes les moyennes et grandes puissances n'aura pas été conclu puis respecté. "La communauté internationale doit négocier un nouveau traité pour prévenir la prolifération de ces armes et pour arrêter l'emploi des milliards de sous-munitions actuellement stockées." conclut Stan Brabant, responsable de l'unité politique de Handicap International.

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