Nissan approuve le principe de discussions avec l'américain GM

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Le conseil d'administration de Nissan Motor a donné son aval à des discussions exploratoires au sujet d'une éventuelle alliance à trois entre le groupe japonais, l'américain General Motors et le français Renault.

Le conseil d'administration du constructeur automobile japonais Nissan Motor, partenaire du français Renault, a approuvé lundi à Tokyo le principe de "discussions exploratoires" en vue d'une possible alliance avec l'américain General Motors. "Le conseil d'administration a approuvé le fait que Nissan poursuive des discussions exploratoires concernant une possible alliance avec General Motors, à condition que General Motors appuie et entérine les propositions faites par ses actionnaires", a indiqué Nissan dans un communiqué.

Ce conseil d'administration était présidé par le PDG de Nissan, Carlos Ghosn, qui est également patron de Renault. Les discussions ont porté sur l'offre du milliardaire américain Kirk Kerkorian, actionnaire de GM, qui a annoncé vendredi qu'il avait proposé une alliance avec Renault et Nissan. Nissan précise que son conseil d'administration a donné tous pouvoirs à Carlos Ghosn pour mener les discussions avec GM.

Le conseil d'administration de Renault se réunit, lui aussi, ce lundi pour discuter de "l'intérêt de donner suite" à la proposition de Kirk Kerkorian. Le constructeur français a rappelé ce matin que l'alliance Renault-Nissan est "une alliance ouverte qui n'a jamais été limitée à deux partenaires" et que cette alliance pourrait être élargie. Mais pour Renault, il est nécessaire à ce stade que le conseil d'administration et la direction de GM apportent leur plein soutien à ce projet, pour en entamer son étude après accord du conseil d'administration.

L'enjeu est de taille. Si l'alliance aboutissait, il pourrait s'agir de la plus importante jamais réalisée dans le monde automobile. Le tandem franco-japonais irait jusqu'à envisager une prise de participation de 20% dans le capital de GM. Au bord de la faillite et en perte de vitesse aux États-Unis, le groupe américain pourrait trouver son salut dans des achats et des développements de véhicules en commun. L'investissement serait effectué à parts égales par Renault et Nissan. Interrogée sur le montant de l'éventuelle participation et de la transaction en cas d'alliance avec GM, la porte-parole de Renault à Paris s'est refusée à commenter des "spéculations".

Renault et Nissan sont partenaires depuis 1999 via un système de participations croisées, le premier détenant 44,4% du second tandis que le Japonais possède 15% du Français. L'alliance Renault-Nissan constitue le quatrième groupe automobile mondial derrière GM, Toyota et Ford, avec environ 6,129 millions de véhicules vendus en 2005 et près de 10% du marché.

À la clôture de la Bourse de Tokyo, lundi, le titre de Nissan affichait un gain de 0,56% dans un marché à la hausse. À Paris, en revanche, l'action Renault gagne 0,24% à 84,20 euros à la clôture. La plupart des analystes jugent ainsi l'opération intéressante pour le géant américain mais peu opportune pour l'alliance franco-japonaise. Au centre de leurs préoccupations: la peur de voir Carlos Ghosn, président à la fois de Renault et de Nissan, accaparé par la restructuration de GM à un mauvais moment pour Renault - le constructeur français est en effet en pleine réorganisation dans un contexte automobile européen assez malmené actuellement - et la crainte des répercussions d'un éventuel échec du plan de redressement de GM sur Renault. D'autres sont néanmoins plus prudents, jugeant nécessaire d'attendre la forme que prendra une telle alliance, si elle aboutit.


Fiat va dévoiler un nouveau partenariat industriel
Selon Sergio Marchionne, administrateur délégué de l'italien Fiat, le groupe annoncera le nom d'un nouveau partenaire industriel lors de ses résultats du deuxième trimestre, le 27 juillet prochain. Fiat, qui a assaini ses comptes et repris des couleurs sur le marché de l'automobile depuis la rupture de son alliance stratégique avec General Motors début 2005, multiplie depuis les partenariats ciblés par activité ou modèle. Fiat est partenaire de longue date de PSA Peugeot Citröen dans les véhicules utilitaires et les monospaces et n'exclut pas d'élargir ce partenariat à de nouveaux modèles. Le constructeur italien est aussi partenaire de Ford, avec qui il développe et produit en commun de petits modèles, utilisant par exemple la plate-forme de la Panda pour produire la nouvelle Cinquecento de Fiat et la nouvelle Ka de Ford. L'Italien coopère également avec le japonais Suzuki avec qui il a développé un 4X4 et avec l'indien Tata pour la distribution de modèles Fiat en Inde.

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