Après Shell, Repsol abaisse ses estimations de réserves prouvées

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Le numéro un espagnol du pétrole a revu à la baisse de 25% ses réserves prouvées, en raison de nouvelles législations sur hydrocarbures en Amérique Latine, où il est très présent, et principalement en Bolivie, en Argentine et au Vénézuela. Le titre a été suspendu à la Bourse de Madrid.

Repsol est dans la tourmente. Le numéro un espagnol du pétrole vient d'annoncer qu'il révisait à la baisse de 25% ses estimations de réserves prouvées en hydrocarbure. Ce qui correspond à une baisse de 1,25 milliard de barils d'équivalent pétrole (bep).

Ce remaniement n'est pas sans rappeler le scandale créé par Royal Dutch Shell, il y a deux ans, lorsque le groupe anglo-néerlandais avait annoncé une révision à la baisse de ses réserves prouvées, suscitant une véritable défiance de la part des marchés financiers.

Pourtant, dans le cas de Repsol, la cause du problème semble différente, même si l'impact sur les marchés devrait se faire sentir rapidement. En effet, le groupe espagnol, très présent dans les pays d'Amérique Latine, souffre de nouvelles législations sur le pétrole et les ressources naturelles, en Bolivie, en Argentine et au Venezuela. Des pays dont la situation politique a d'ailleurs récemment évolué, avec une montée en puissance d'un sentiment "anti-impérialiste" qui passe notamment par une volonté de reprendre en main les richesses nationales.

Ainsi, en Bolivie, le groupe a été obligé de revoir à la baisse ses réserves prouvées en gaz, en raison d'une nouvelle législation sur les hydrocarbures dans ce pays. Concrètement, la nouvelle loi bolivienne a porté à 50% les impôts et royalties sur la production d'hydrocarbures. Le nouveau ministre bolivien des hydrocarbures, Andres Soliz, a d'ailleurs annoncé lundi qu'il allait immédiatement enregistrer les réserves de gaz et de pétrole du pays comme nationales, mettant de fait en doute la possibilité pour Repsol d'enregistrer comme siennes ses réserves boliviennes, qui constituent environ 26% de ses réserves totales...

Par ailleurs, en Argentine, la réduction des réserves représente 41% de la baisse, soit 509 millions de bep, en raison d'une incertitude sur le renouvellement de concessions. Enfin, au Venezuela, qui représente 4,7% de la révision des réserves de Repsol YPF, ce réajustement est dû "à la migration des contrats existants à la faveur d'accords pour la constitution d'entreprises mixtes avec" le groupe public vénézuélien PDVSA.

"Bien qu'il soit trop tôt pour avancer de nouvelles prévisions actualisées, nous ne prévoyons pas que ces révisions puissent avoir un impact négatif sur la stratégie de la compagnie pour les prochaines années", rassure toutefois Repsol dans un communiqué.

Reste que le groupe donnera une nouvelle estimation de ses réserves dans le monde à la fin février et espère que "cela ne donnera pas lieu à des ajustements supplémentaires significatifs".

De quoi susciter l'inquiétude des investisseurs et sans doute faire monter encore un peu plus la pression sur les prix du pétrole, qui risquent déjà d'atteindre des sommets avec la crise iranienne (voir interview ci-contre). Le titre a été suspendu ce matin à la Bourse de Madrid. Le cours a repris en milieu d'après-midi pour clôturer à 8,23% à 22,74 euros.

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