Nice mise sur la Coulée verte pour transformer son centre-ville

Extension de la Promenade du Paillon sur 8 hectares supplémentaires pour constituer environ 20 hectares sur près de 2 kilomètres linéaires au coeur de Nice.
LTD/SYSPEO/SIPA

Extension de la Promenade du Paillon sur 8 hectares supplémentaires pour constituer environ 20 hectares sur près de 2 kilomètres linéaires au coeur de Nice.
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Lorsque Christian Estrosi annonce sa volonté de poursuivre la Coulée verte en 2020, nous sommes alors en pleine campagne électorale, et on ne peut pas dire que l’enthousiasme emporte les Niçois. Dix ans plus tôt, c’est la même réaction qui avait accueilli l’idée du Premier Magistrat de la Ville de remplacer la vieille gare routière bétonnée et son jardin suspendu, vraie verrue urbanistique posée en plein centre, à deux pas du Vieux-Nice, en un parc arboré.
Pourtant, le projet, prenant forme, avait fini par emporter l’adhésion des habitants. Sur 12 hectares, arbres, plantations, miroir d’eau géant redonnaient une tout autre physionomie à la capitale de la Côte d’Azur. Malgré le succès de cette opération de renaturation, la Coulée Verte saison 2 fait donc grincer des dents.
C'est moins le projet lui-même qui est en cause que ses préalables : la démolition de ce qui est pourtant une autre verrue urbaine, les 38,000 m2 du Palais des Congrès Acropolis, ensemble biscornu adapté aux seuls desiderata des organisateurs de congrès, ainsi que la disparition du Théâtre National (TNN), que la Coulée emporte avec elle.
Le coût du projet – près de 80 millions d’euros – n’enchante pas non plus les administrés. Après trois ans de travaux, cette Promenade du Paillon, inaugurée à l’automne, dote Nice de 8 hectares d’espaces verts plantés de 2.500 arbres, permettant, argument notable, l’absorption d’une tonne par an de polluants tels que le dioxyde d’azote et le soufre.
Pour Christian Estrosi – qui espère emporter un quatrième mandat en mars prochain –, faire de Nice une ville verte n’est pas un simple argument électoral : c'est une stratégie qu’il déploie depuis près de 20 ans. Car c’est tout aussi dubitativement que le projet de l’Eco-Vallée avait été accueilli en 2007, lorsque l’édile, alors ministre de l’Aménagement du territoire, avait décidé de faire de l’entrée Ouest de Nice la vitrine des écotechnologies.
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Un concept peu compréhensible à l’époque, où le terme de développement durable restait flou, et qui s’est pourtant transformé en Opération d’intérêt national (OIN), prenant en main le destin de 10.000 hectares alors laissés quasiment à l’abandon, sorte de no man’s land urbain géré depuis 2008 par l’Établissement public d’aménagement Nice Eco-Vallée. Une OIN, la plus vaste de France, étendue sur 15 communes, qui va, au fil des ans, doter Nice d’immeubles de bureaux aux architectures modernes – Sou Fujimoto, Cino Zucchi, Roland Carta –, mais aussi d’infrastructures faites pour accompagner cette partie de la ville que Christian Estrosi n’a eu de cesse de vouloir transformer en « une nouvelle centralité ».
La création d’une ligne de tramway reliant l’est de la cité à l’Aéroport Nice-Côte d’Azur, installé dans le périmètre de l’OIN, est sans doute le projet qui fait le plus l’unanimité, rendant la connexion avec le premier aéroport régional de France accessible sans avoir recours à la voiture. Le tramway, dont la première ligne a été initiée par l’ancien maire Jacques Peyrat – un détail que même les Niçois ont oublié –, est clairement l’un des marqueurs des mandats de Christian Estrosi. Une ligne 5 est en gestation et devrait relier Nice à Drap, dans l’arrière-pays, d’ici 2028.
Mais c’est surtout la gare bioclimatique, présentée comme la première d’Europe, qui est très attendue puisqu’elle fait partie des éléments qui constituent la Ligne Nouvelle, cette ligne à grande vitesse depuis longtemps espérée pour désenclaver ce bout de France installé à 6 heures de train de Paris. Implantée dans le périmètre de l’Eco-Vallée, équipée d’une canopée recouverte de panneaux photovoltaïques produisant 600 mégawatts par an ainsi que d’un jardin végétalisé de 4.000 m2, elle a vocation à continuer de placer Nice sur la carte des villes sachant conjuguer écologie et économie.
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Un positionnement affiché par le maire, qui hérisse régulièrement le poil de l’opposition. Lui, n’en a cure. L’accueil de la troisième conférence des Nations Unis pour l’Océan, en juin dernier, a placé Nice sous les feux des projecteurs du monde entier. Une reconnaissance en mondio-vision qu’il compte bien faire fructifier.