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Thomas Enhco à la Philharmonie : jazz et classique en harmonie

Photo de Alexis Campion

Alexis Campion

Publié le 09 avril 2026 à 08:00

Thomas Encho reprend notamment "The Köln Concert" de Keith Jarett.

Thomas Encho reprend notamment "The Köln Concert" de Keith Jarett.

LTD/Julien Benhamou

La Tribune Dimanche

N145 ● 12 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans l’élan de son album « Mozart Paradox », le pianiste articule jazz et classique, dont le fameux « Köln Concert » de Keith Jarrett qu’il reprend à la Philharmonie, le 10 avril.

Le violon fut son premier instrument, celui de son beau-père le violoniste jazz Didier Lockwood. Désormais, seul le piano l’obsède et l’accompagne en concert. « Du violon, je n’en joue plus beaucoup », avoue Thomas Enhco, à qui il arrive maintenant de faire un drôle de cauchemar : « Je monte sur scène pour jouer un concerto pour piano de Mozart, je suis prêt, et là, erreur : on me tend un violon ! » Entre deux répétitions, le pianiste virtuose de 37 ans, fils de la soprano Caroline Casadesus et petit-fils du chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus, se raconte aussi vite qu’il dévore la vie : avec légèreté et détermination.

Cette année, en gloire avec Mozart Paradox (2025, Sony Masterworks), où ses improvisations jazz se déploient à partir d’airs de Mozart, il croule sous les projets. Compositeur, improvisateur et interprète, Thomas Enhco s’affirme toujours un peu plus haut au rang des pianistes les plus foisonnants de sa génération.

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« On m’a parfois mis en garde de courir deux lièvres, le jazz et le classique… Il faut faire les choses par instinct et je sais que je ne peux pas tout faire ! On n’a que vingt-quatre heures dans une journée et je n’ai pas envie de me lancer dans une intégrale de Beethoven. » Sans se défendre pour autant d’être un touche-à-tout, il n’en démord pas : « Je déteste l’idée d’être enfermé dans une case, Si j’ai commencé ma carrière professionnelle avec le jazz, c’est pour être libre. Et j’éprouve un plaisir fou à explorer des chefs-d’œuvre du classique. »

Début mars, à la Seine musicale, c’est sous la direction de Laurence Equilbey qu’il a impressionné avec le Concerto pour piano no 21 de Mozart et la Symphonie no 6 de Schubert. C’est aussi avec la cheffe Alondra de la Parra, dont il est proche, qu’il prépare La Vie en bleu, sur George Gershwin, prévu pour fin avril à Mexico, puis en tournée l’an prochain en Europe.

Et puis il y a les concertos de Chostakovitch, annoncés pour novembre à Paris : « J’apprends solidement mais pas vite, précise celui qui répète depuis octobre dernier. J’ai besoin de digestions successives, je m’y prends longtemps à l’avance. »

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Reste « The Köln Concert ». Derrière ce titre, il y a l’un des enregistrements de piano solo jazz les plus célèbres au monde : le concert improvisé de Keith Jarrett en 1975 à l’opéra de Cologne. En 2023, à la demande de la Philharmonie, Thomas Enhco et sa consœur japonaise Maki Namekawa ont relevé le défi de le réinterpréter chacun à sa façon : elle en restitue le premier mouvement à la note près alors que lui se concentre sur le deuxième mouvement en s’accordant la liberté d’improviser.

« Avec Maki, c’est comme si l’improvisation devenait une œuvre classique alors qu’avec moi c’est l’inverse, je ré-improvise sur une improvisation, explique Enhco. Dans les deux cas, c’est une démarche contre nature, une sorte de contresens moral car la musique improvisée de Keith Jarrett, c’est un langage musical hyper complexe avec des espaces, des respirations, des ghost notes et des éléments de rythme impossibles à transcrire. »

Une chose est sûre, l’expérience fut un succès qui, cette année, déclenche une série de concerts. « Après la création en 2023, Maki et moi sommes allés chez Keith Jarrett près de New York pour lui jouer, à sa demande, notre version du Köln Concert, sur son piano dont il ne peut plus jouer depuis ses AVC. Ce que nous lui avons joué lui a plu au point que c’est lui qui a encouragé la Philharmonie à nous reprogrammer. »

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Et à nous offrir ainsi, deux fois plutôt qu’une, l’une des multiples facettes de ce virtuose enthousiaste qui, fin mai, sera déjà de retour à la Philharmonie avec un tout autre projet… Il s’agira cette fois du duo que Thomas Enhco forme depuis dix ans avec Vassilena Serafimova au marimba, déjà fort de deux albums remarqués (Funambules et Bach Mirror) et de plusieurs tournées. « Nous montons un nouveau programme : un prélude de Bach, notre transcription de la première Suite pour deux pianos de Rachmaninov, un traditionnel bulgare et une de mes compositions. » 

ℹ️ The Köln Concert par Maki Namekawa et Thomas Enhco, le 9 avril à Bordeaux (Auditorium), le 10 à Paris (Philharmonie), le 15 à Bruxelles, le 19 juillet à Lyon (Nuits de Fourvière), etc. Thomas Enhco et Vassilena Serafimova dévoilent Funambules vol. 2 (première mondiale), le 30 mai à Paris (Cité de la musique). thomasenhco.com

Alexis Campion

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