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OPINION. « 10 ans de l’Accord de Paris : persévérons et accélérons avec réalisme et pragmatisme », par Valérie Combes-Santonja, directrice de l’Impact du Groupe BPCE

Photo de La Tribune Dimanche - Rédaction

La Tribune Dimanche - Rédaction

Publié le 13 décembre 2025 à 15:08

Valérie Combes-Santonja, directrice de l’Impact du groupe BPCE.

Valérie Combes-Santonja, directrice de l’Impact du groupe BPCE.

LTD/Stevens Frémont/BPCE

La Tribune Dimanche

N146 ● 19 juillet 2026

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Dix ans après l’Accord de Paris, le bilan demeure contrasté. Valérie Combes-Santonja, directrice de l’Impact du Groupe BPCE, appelle à renforcer les acquis du texte et à accélérer l’action climatique avec réalisme et pragmatisme.

Ce n’est pas le chemin dont rêvaient les signataires : en 10 ans l’Accord de Paris a été malmené, notamment par les aléas politiques et géopolitiques. Moment de vérité ? Objectifs inatteignables ?  Les sentences défaitistes ne manquent pas à l’occasion de l’anniversaire des 10 ans de la signature et dans un contexte de plus en plus marqué par les incertitudes et par une certaine inconstance dans la coopération internationale. 

Heureusement, des voix plus mesurées se font entendre. Parce que si l’on ne peut qu’être déçu de la trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre qui ne nous permettra pas de contenir le réchauffement climatique en dessous des ambitions espérées, on ne doit pas regretter la méthode. Pourquoi disons-nous cela ? Parce que l’Accord de Paris a donné le jour à une méthode, jusqu’alors inédite. 

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Premièrement, il a enfin ouvert les esprits aux propos des scientifiques. Certes, cela n’a pas toujours été simple et cela reste fragile, mais c’est un fait incontestable : les scientifiques, notamment ceux du GIEC, doivent avoir une part de voix et de crédibilité enfin à la hauteur de leur savoir pour préserver un socle commun de connaissances vérifiées, comme l’a également rappelé la COP 30 qui s’est déroulée en novembre dernier à Belém.

Deuxièmement, il a créé une impulsion inédite : celle d’une mobilisation mondiale réunissant la volonté de 195 pays à lutter contre le réchauffement climatique. 

Troisièmement, il a posé les bases d’une approche globale résultant de stratégies locales : chaque pays étant amené à réfléchir puis à agir au plus près de ses besoins et capacités. 

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C’est sans doute sur ce dernier point, que les résultats sont les plus discutables. L’Accord de Paris n’en reste pas moins riche d’enseignements. Il a en effet posé les fondations indispensables aux transformations majeures : celles qui consistent à agir en conscience des données scientifiques, à agir en nombre grâce à la mobilisation collective et à agir au plus près des réalités locales. 

Pour aller plus loin et obtenir de meilleurs résultats, il faut selon nous, prendre appui sur ces trois fondamentaux, en démultipliant leurs effets par davantage de pragmatisme et de réalisme. Nous devons inlassablement écouter les scientifiques, afin de sensibiliser les citoyens, mobiliser les entreprises et les dirigeants à partir de leurs données ou avancées et agir en fonction de celles-ci. 

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Nous devons bien sûr, accélérer sur l’action collective. C’est une évidence mais qu’il faut sans cesse rappeler : l’enjeu environnemental est mondial, mais aussi social. La mobilisation se doit d’être au service de tous. Pour ce faire, il faut que tous les acteurs soient pragmatiquement accompagnés : donner les moyens aux pays d’agir, c’est aussi donner les moyens à leurs entreprises, à leurs citoyens et à leurs élus d’agir. 

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À titre d’exemples, systématiser l’éducation climatique, financer l’impact positif par des dispositifs ingénieux, proposer des solutions globales d’accompagnement, inciter à l’action par des mesures fiscales appropriées, créer des alliances entre acteurs locaux… sont autant d’avancées qui peuvent produire de grands effets. 

Enfin, pour accélérer, il faut que chaque acteur national et local puisse être incité à agir avec réalisme : on ne peut demander à personne de passer du monde tel qu’il est au monde tel qu’il devrait être en un claquement de doigts. Pour agir efficacement, il faut tenir compte à la fois, des limites planétaires et des besoins sociétaux. À titre d’exemple, l’accompagnement des entreprises gagnerait à tenir davantage compte de leurs réalités opérationnelles. 

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Nous sommes convaincus de la pertinence et de l’efficacité des fondamentaux nés de l’Accord de Paris : agir en conscience, agir en nombre et agir au plus près des besoins locaux nous paraît être les bonnes pratiques pour faire grandir l’impact positif. En tant que banquiers coopératifs, nous les mettons en pratique humblement partout et avec tous au cœur des territoires et régions du monde où nous sommes présents. Alors, gardons le cap. Ne renonçons pas à l’élan insufflé en 2015 et accélérons ensemble, avec pragmatisme et réalisme. 

La Tribune Dimanche - Rédaction

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