Avec l’initiative Communes hors Mercosur, les villes et villages de France veulent envoyer un signal clair : non au dumping social, environnemental et sanitaire organisé par cet accord d’un autre temps.
À l’initiative des Écologistes, des élus locaux et des candidats aux élections municipales s’engagent à faire de leur ville ou village une commune « hors Mercosur ».
Le traité avec le Mercosur a été conclu le 17 janvier par la Commission européenne. Mais nous ne nous résignons pas. Face à cette véritable bombe écologique, sociale et économique, nous – collectif d’élu·es locaux et candidats aux élections municipales – organisons la résistance.
Avec l’initiative Communes hors Mercosur, les villes et villages de France peuvent envoyer un signal clair : non au dumping social, environnemental et sanitaire organisé par cet accord d’un autre temps.
Une bombe climatique et un coup de poignard pour nos agriculteurs
Notre horizon est celui de la souveraineté alimentaire car nous sommes convaincus que chacun doit avoir accès à des produits choisis, sains et locaux, à un prix juste et abordable. Dans ces conditions, miser sur une agriculture productiviste et dérégulée qui ne respecte ni les conditions de travail, ni la protection de l’environnement ne sera jamais une solution.
Alors que le monde agricole est aux abois, les géants de l’agro-industrie sont encore une fois les grands gagnants d’un accord conclu au prix de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, de l’appauvrissement des sols et de la déforestation. Depuis le lancement des négociations UE-Mercosur en 1999, c’est une surface équivalente à la péninsule ibérique qui a été rasée en Amazonie pour l’élevage bovin et la production de soja…
Avec le Mercosur, c’est aussi l’agriculture française que l’on sacrifie. Car la concurrence déloyale se traduira par des normes tirées vers le bas, des prix écrasés, et la disparition massive de fermes - ici comme ailleurs. Et notre santé va en pâtir. Un tiers des pesticides autorisés au Brésil sont en effet interdits en Europe.
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Un parfait non-sens sanitaire, doublé d’une hypocrisie incroyable, puisque l’UE continue à produire des produits chimiques interdits, qu’elle exporte vers les marchés du Mercosur, empoisonnant les paysan·nes et les populations locales, puis qu’elle réimporte via des produits transformés !
Organiser la résistance depuis les communes
Le traité UE-Mercosur met en péril ce qui est vital : notre agriculture, nos emplois, notre santé. Il est encore temps de s’y opposer, en organisant la résistance partout où nous le pouvons. Cela commence par l’échelon européen bien sûr, où une majorité de député·es européen·nes ont adopté une résolution pour saisir la Cour de Justice de l’Union Européenne afin qu’elle vérifie la légalité du Traité.
Mais les communes ont aussi un rôle à jouer ! En se rendant sur le site internet des Écologistes, elles peuvent se déclarer « hors Mercosur » et protéger leur territoire des ravages en cours. Car oui, les villes et villages peuvent changer la donne en mettant en place des politiques d’achats publics responsables – par exemple dans les cantines –, en soutenant les circuits courts, l’agriculture locale, l’agriculture biologique, et une alimentation saine.
S’afficher « hors Mercosur », c’est donc envoyer un signal fort à l’État et à l’Union européenne : les territoires refusent les accords qui sacrifient les paysan·nes, le climat et la santé. L’échelon local se joint à la bataille pour défendre une agriculture paysanne, locale et respectueuse du vivant, protéger la santé des habitant·es et soutenir des échanges commerciaux justes et soutenables.