Bruxelles engrange ses « listes du père Noël »

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Florence Autret, correspondante à Bruxelles pour La Tribune.
Ici à Bruxelles, c’est la préparation des avis de la Commission européenne sur les budgets nationaux, et singulièrement le budget français, qui pour l’instant retient l’attention. Mais dans les semaines qui viennent la Commission est attendue également sur un autre terrain, celui de la politique industrielle et de l’investissement.

Le 13 novembre les « honorables correspondants » des Etats membre au sein de la task force chargée d'identifier les projets d'investissement à inclure dans le fameux plan Juncker de 300 milliards d'euros ont rendu « liste du père Noël ». C'était leur deadline.

Côté français, le pilote des opérations est Thierry Franck, un fonctionnaire du Trésor, habitué des missions européennes. Il a travaillé depuis plusieurs semaines, et dans la plus grande discrétion avec le patronat, les collectivités locales.

Bref ! tout cela a été jusqu'à présent un exercice très politique. Et va le rester

A présent les équipes de la Commission et de la Banque européenne d'investissement ont plus ou moins 15 jours pour les passer au crible et dire ce qui sera le plus réalisable dans les trois ans à venir et le plus générateur d'emploi et de croissance. Le 9 décembre les ministres des l'économie passeront la liste au peigne fin. Trois secteurs sont prioritaires : le numérique, les infrastructures de transport et d'énergie et l'environnement.

Il était temps. Car le tableau d'ensemble de l'Union en termes d'infrastructure, d'investissement et d'industrialisation est alarmant. Depuis 2011, le décrochage entre la production industrielle aux Etats-Unis et en Europe est saisissant comme nous le voyons sur ce tableau.

Production industrielle en Europe, aux Etats-Unis et au Japon

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Le phénomène ne date pas d'hier, pas même de la crise... tout comme l'ambition de Bruxelles d'y remédier. En 2010 déjà, la Commission s'était fixée l'objectif de la faire remonter à 20% du PIB en 2020. Mais les Européens n'ont pas réussi à inverser la tendance jusqu'à présent. La part de l'industrie dans le PIB  est tombée à 16% en 2013, en chute libre depuis la crise.

Maintenant la Commission Juncker s'est bien gardé de mener une politique des années 1960 et de créer un grand commissariat à l'industrie ou à l'investissement. Outre le commissaires Sefkovic en charge de l'énergie, c'est bine Kyrki Katainen, le Finlandais qui sera le principal pilote de ce programme mais avec , à ses côtés en pléiade de commissaires, à commencer par la polonaise Elżbieta Ewa Bieńkowska, une spécialiste de littérature persane de 50 ans qui a fait ses armes dans le gouvernement conservateur de Donal Tusk. Elle pilotera une direction générale géante réunissant Entreprises, marché intérieur et politique spatiale. A ses côté l'Allemand öttinger, en charge du numérique sera aussi un des acteurs centraux.

Au total que deviendront ces « listes du Père Noël ». Les chefs d'Etats et de gouvernement en débattront une première fois le 19 décembre, lors d'un conseil européen. Mais il faudra encore quelques semaines, avant que sous le sapin de l'économie européenne s'étale une première série de « cadeaux ».

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