L'échec de Trump sur l'Obamacare provoque une ruée sur la dette de la zone euro

La Bourse de New York ouvre dans le rouge, celle de Paris aussi, et l'indice VIX bondit de près de 13%. L'incapacité du président américain à faire adopter un texte majeur par un Congrès rétif et divisé sème le doute sur ses autres réformes emblématiques, et les investisseurs se replient sur les valeurs refuges.

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Donald Trump peut grimacer. Le 45e président américain a été incapable, vendredi, de faire whiper le vote de sa majorité sur l'Obamacare.
Donald Trump peut grimacer. Le 45e président américain a été incapable, vendredi, de faire "whiper" le vote de sa majorité sur l'Obamacare. (Crédits : Reuters)

[ Article publié le lundi 27 mars 2017 à 15h, mis à jour à 16h ]

Vendredi soir, Donald Trump a jeté l'éponge. Incapable de réunir les modérés et les ultras de son propre camp autour de son projet d'abrogation de la loi sur l'assurance-maladie de son prédécesseur Barack Obama, le bouillant milliardaire et actuel président des Etats-Unis a préféré ajourner le vote du Congrès qui avait déjà été reporté jeudi soir pour les mêmes raisons.

Mais lundi, ce revers politique cinglant profitait aux obligations d'Etat des pays de la zone euro, lesquelles obligations jouent leur rôle de valeur refuge auprès d'investisseurs qui commencent à douter de la capacité du président américain à mettre en oeuvre son programme économique.

    >Lire : Wall Street trop optimiste sur les promesses de Trump, selon des économistes

Ainsi, les rendements des obligations allemandes et françaises à 10 ans ont perdu chacun autour de 4 points de base, tombant à des creux de trois semaines, à respectivement 0,36% et 0,96%, avant de se redresser un peu.

Le resserrement monétaire de la BCE un peu moins probable

Ceux des obligations d'autres Etats de la zone euro ont perdu de 5 à 6 points de base tandis que les rendements des Treasuries américains à 10 ans tombaient à un creux d'un mois, autour de 2,35%.

Les doutes sur la politique économique de Donald Trump conduisent en outre les analystes à revoir à la baisse la probabilité d'un resserrement monétaire de la part de la Banque centrale européenne (BCE).

"Les doutes concernant les mesures de Trump en faveur de la croissance conduisent les investisseurs à réévaluer l'avenir. Cela signifie également que les paris sur un resserrement de la part de la BCE, avec certains investisseurs qui misaient sur un relèvement de son taux de dépôt, sont en train d'être revus", explique Martin van Vliet, en charge de la stratégie de taux chez ING.

Ruée sur les valeurs refuges : emprunts d'Etat, yen, franc suisse, or...

Christian Lenk (DZ Bank) replace pour sa part l'engouement pour les taux fixes dans leur contexte, avec de bonnes performances pour les Treasuries sur fond de repli des marchés actions et du dollar.

Lundi, Wall Street est attendue dans le rouge et le dollar se déprécie après l'échec du projet de réforme de l'assurance santé voulu par Donald Trump, l'incapacité du président américain à faire adopter un texte majeur par un Congrès rétif et divisé semant le doute sur ses autres réformes emblématiques. De fait, les investisseurs ont tendance à se replier sur les valeurs refuges comme les emprunts d'Etat, le yen, le franc suisse et l'or.

Les bancaires chahutées en avant-Bourse

Déjà, jeudi, la Bourse de New York avait basculé dans le rouge jeudi en fin de séance à l'annonce du report du vote de la chambre basse du Congrès après l'absence de majorité républicaine pour le même vote.

Et ce lundi, les banques de Wall Street, qui avaient largement profité des promesses de relance de Donald Trump, souffrent maintenant des doutes sur sa capacité à les tenir et reculent en avant-Bourse, notamment Bank of America (-1,8%), Citigroup (-1,5%), JPMorgan (-1,4%) et Goldman Sachs (-1,5%)

Wall Street ouvre en baisse

Quelques minutes après le début des échanges, l'indice Dow Jones perd 139,29 points, soit 0,68%, à 20.457,43. Le Standard & Poor's 500, plus large, recule de 0,75% à 2.326,33, son plus bas niveau depuis le 14 février, et le Nasdaq Composite cède 0,8% à 5.782,05.

Au moment de l'ouverture de Wall Street, les places européennes étaient elles aussi orientées à la baisse: l'indice Stoxx 600 abandonnait 0,76%, la Bourse de Paris 0,43% , Londres 0,93% et Francfort 1,05%.

L'indice de volatilité VIX bondit de près de 13% et a passé le seuil des 15 pour la première fois depuis la mi-novembre.

(Avec Reuters)

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Commentaires 16
à écrit le 27/03/2017 à 23:03
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Cà nous donne un avant goût de ce qui se passerait avec le FN et Marine la Pen au pouvoir ou autres Asselineau. Résultat d'un programme populiste qui clive la société en interne et ne nous rend pas crédibles en externe. On y perd sur tous les tableau...

le 01/04/2017 à 11:45
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Blablabla habituel, décidément la France n'était pas grand chose avant l'Euro en 2001 et le traité de de Lisbonne 2007 ! Vivement le jour ou s'arrêtera ce baratin permanent, c'est tellement lourd ! Quel rapport avec l'Obama care ! Vous avez remar...

à écrit le 27/03/2017 à 21:57
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On peut aimer ou non tel ou tel homme politique, après tout c'est la liberté de chacun et c'est le jeu démocratique. Néanmoins le fait de présenter un homme politique dans un article avec un rictus facial en sa défaveur, procède selon moi, à du dénig...

à écrit le 27/03/2017 à 20:43
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helas.vous êtes déjà une haine predisposée pour cet homme de trump en le contrant de toute part,mais les sages et intelligents anti-trump vous ne pensez à l'avenir en le contrant de la sorte.laissez-le le temps et donnez-lui la chance de travaillez. ...

à écrit le 27/03/2017 à 19:34
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Et à part ça le Brexit demain et les élections françaises et la crise italienne devraient provoquer l'effet inverse selon la presse... N'est-on pas en train de surréagir en commentant de la sorte la vie politique américaine simplement parce qu'offici...

le 27/03/2017 à 21:14
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le Brexit n'est plus une surprise pour personne, on ne voit pas ce que son déclenchement changera. De même que les élections françaises, où la victoire d'un président(e)susceptible de faire basculer le pays dans l'inconnu (Hamon-Le Pen-Mélenchon) res...

à écrit le 27/03/2017 à 18:18
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Quand les investisseurs mondiaux investissent sur une dette, on est pas prêt de voir revenir la croissance un jour avec des visionnaires pareils. Au secours.

le 30/03/2017 à 8:11
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Les investisseurs prêtent toujours de l'argent à des personnes qui s'endettent pour leur projet ou leur activité? C'est leur rôle, non?

le 07/04/2017 à 10:51
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la dette n'est pas un projet c'est même son opposé, j'espère que vous faisiez de l'humour.

à écrit le 27/03/2017 à 15:40
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Ah c'est pour cela qu'elle y tient tant notre europe à la dette c'est parce que non seulement ça lui permet de piller les fonds publics des pays européens mais en plus cela attire les devises étrangères. Ok c'est bien beau, les milliardaires sont...

le 28/03/2017 à 8:09
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Vous savez que vos deux posts précédents auraient très bien tenu en un seul ? J'en ai moi-même rédigé de bien plus longs. Surtout pour ne rien dire, parce que s'il y a déficit donc endettement c'est justement parce qu'il n'y a pas assez de fonds publ...

le 28/03/2017 à 14:11
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"Vous savez que vos deux posts précédents auraient très bien tenu en un seul ?" Comme vous n'avez aucune imagination vous me copiez, sauf que quand vous envoyez deux commentaires ils sont à quelques minutes d'intervalles et là comme vous pouvez l...

le 28/03/2017 à 21:23
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@citoyen : vous me traitez de troll, ça tombe bien, c'est exactement l'idée que je me fais de vous. On est toujours le troll de quelqu'un... Il ne vous aura pas échappé que les états qui inspirent encore un semblant de croissance ne paient actuelle...

le 29/03/2017 à 9:04
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"@citoyen : vous me traitez de troll, ça tombe bien, c'est exactement l'idée que je me fais de vous." oui mais moi logique avec moi même je ne vais pas lire vos commentaires tandis que vous, hystérique, vous me collez sans arrêt. je signale d...

le 29/03/2017 à 15:23
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"il est sur les centaine de milliards que remboursent les états chaque mois aux banques." C'est bien là le problème... Si les Etats n'étaient pas obligés d'emprunter aux banques privées, il n'y aurait pas à rembourser " les centaine de milliards que ...

le 29/03/2017 à 16:59
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Ou comment le peuple est rançonné directement par les hommes d'affaires avec la complicité des politiciens qu'ils achètent. Cela fait belle lurette que nous aurions du nous révolter.

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