INTERVIEW. "L'Airbus des batteries", créé par Saft et PSA (aujourd'hui Stellantis) pour produire les premières batteries européennes pour voitures électriques, est sur les rails. Le centre de R&D d'Automative Cells Company, implanté près de Bordeaux, est désormais opérationnel et l'usine pilote de Nersac, en Charente, devrait démarrer son activité en septembre. Objectif : engager la phase de production industrielle dès 2022, dans deux Gigafactories dans les Hauts-de-France et en Allemagne. Olivier Dörr, le directeur industriel d'ACC, fait le point sur le calendrier et les défis techniques...
OLIVIER DÖRR : Nous avons installé notre centre de R&D à Bruges (Bordeaux Métropole), pour développer, tester et valider de nouvelles technologies de cellules lithium-ion de haute performance, avec l'objectif de fournir un premier prototype à PSA [désormais Stellantis] d'ici la fin mars 2021. Pour l'instant, le bâtiment est encore en travaux, nous y installons en priorité les équipements de production du prototype et le laboratoire d'essai. Mais d'ici au mois de juillet, nous devrions pouvoir y rassembler l'ensemble des équipes R&D et les fonctions support d'ACC.
Les brevets de ces nouvelles technologies seront-ils la propriété d'ACC ?
Oui, mais nous avons signé un accord avec Saft pour développer ensemble les cellules de génération 3+ et 4. Sur ces développements, les brevets seront déposés conjointement et détenus au prorata de l'investissement de chacun.
Elle est en phase de construction, nous sommes en train de réceptionner les équipements de production. Les livraisons sont forcément compliquées par la crise sanitaire, mais notre objectif reste de démarrer les machines en septembre prochain. Nous visons une validation du process d'ici la fin 2021, pour pouvoir engager dès début 2022 la fabrication des premières lignes de production industrielle à Douvrain, dans le Pas-de-Calais.
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LT : Combien de personnes seront à termes embauchées sur les deux sites néoaquitains ?
En rythme de croisière, d'ici deux ans, le centre de R&D bordelais devrait employer 200 personnes environ, sachant que nous avions déjà embauché 130 personnes à fin décembre 2020. À Nersac, une vingtaine de collaborateurs sont déjà sur place, et a priori nous devrions en compter à terme une cinquantaine. Nous affinerons nos besoins en fonction du prototypage et des compétences que son déploiement nécessitera.