INTERVIEW. "Nous avons déjà enregistré pour juillet et août 2021 davantage de réservations que pour janvier, février, mars et avril cumulés", affirme à La Tribune Karim Soleilhavoup, directeur général de Logis Hôtels, de passage à Bordeaux. Avec Fabrice Galland, hôtelier bordelais et président de Logis Hôtels, il revient sur le bilan de l'année 2020 en Nouvelle-Aquitaine et sur les perspectives pour 2021 et au-delà, exprimant un optimisme résolu mais conditionné au succès de la vaccination.LA TRIBUNE - L'activité du réseau Logis Hôtels en Nouvelle-Aquitaine a sensiblement mieux résisté que le reste du marché et du territoire en 2020. Comment expliquez-vous cette résilience ?
KARIM SOLEILHAVOUP, directeur général de Logis Hôtels - Avec 246 établissements, soit 4.369 chambres et 1.790 salariés, Logis Hôtels est le premier employeur hôtelier dans la région. L'an dernier, nous avons enregistré un recul de notre activité de -22 % en Nouvelle-Aquitaine contre -34 % au niveau national pour Logis Hôtels et -55 % pour l'ensemble du marché hôtelier hexagonal. La région s'en est donc particulièrement bien tirée, tout comme Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie qui offrent également des destinations variées et des départements ruraux. La Nouvelle-Aquitaine se démarque par son attractivité naturelle et par le fait que la plupart de nos établissements sont restés ouverts toute l'année dernière, y compris en mars-avril, ce qui nous a permis de capter une clientèle d'affaires contrainte de se déplacer malgré le contexte sanitaire, notamment dans le secteur du transport routier, du BTP et de la santé. Cela explique que la clientèle affaires en Nouvelle-Aquitaine n'a reculé que de -17 % en 2020, une vraie performance !
FABRICE GALLAND, hôtelier bordelais et président de Logis Hôtels - La Nouvelle-Aquitaine bénéficie aussi d'une très grande diversité qui permet d'attirer une clientèle assez large : mer, montagne, campagne balnéaire et non balnéaire. Il y a en plus plusieurs villes qui attirent beaucoup de clients telles que Bordeaux, Bayonne ou La Rochelle. Si bien qu'en Gironde et sur la côte basque, l'été 2020 a été exceptionnel tandis que les départements ruraux ont attiré aussi plus de monde que d'habitude.
Quelles sont vos prévisions pour la saison touristique qui s'ouvre ? Constatez-vous déjà un frémissement des réservations ?
KARIM SOLEILHAVOUP - Oui parce qu'en réalité la saison a déjà commencé depuis un mois. Le désir de voyager et de se rencontrer n'a jamais été aussi fort probablement depuis la Seconde guerre mondiale ! Nous avons déjà enregistré pour juillet et août 2021 davantage de réservations que pour janvier, février, mars et avril cumulés ! Il y a deux dynamiques avec, d'un côté, davantage de réservations de dernière minute pour les week-ends du printemps, avec un délai moyen de réservation qui est tombé à 15 jours contre 25 jours en 2019, et, de l'autre, un grand nombre de réservations déjà confirmées pour juillet et août. Les gens ont compris qu'il faut se positionner tôt pour cet été tant la demande devrait être forte. On constate des durées de séjours qui s'allongent légèrement, passant de 1,56 à 1,60 jour en moyenne, et davantage de demandes pour des chambres grandes et familiales qui sont réservées en priorité. Résultat : le panier moyen qui a déjà gagné 5 % en 2020 à 146 euros devrait encore progresser en 2021. L'épargne de précaution accumulée depuis un an va très certainement profiter à l'hôtellerie et au tourisme dès cet été.
Propos recueillis par Pierre Cheminade