Avec l'irruption des acteurs de la logistique alimentaire, quelle place reste-t-il pour la relation avec le client ? Comme si une part de la valeur ajoutée, créée par le contact social, se retrouvait amputée. Chez Audette, acteur naissant du drive de proximité qui réunira une dizaine de commerçants, on prend conscience que le schéma bouscule les pratiques courantes, en même temps qu'on incite à la transition.
De nombreux commerçants se sont montrés circonspects et n'ont pas donné suite au démarchage de la jeune pousse. Preuve d'un scepticisme marqué. "C'est une perte de sens pour eux : on se rend dans les petits commerces pour y trouver des relations sociales. Le client cherche l'expérience de consommation, la dimension plaisir", souligne Sandrine Heitz-Spahn, docteure en sciences de gestion à l'université de Lorraine et chercheuse en comportement du consommateur.
Après les confinements, "qui ont ouvert les chakras des commerçants" selon Denis Roucou, la demande croissante des consommateurs citadins autour des services alimentaires constitue une aubaine pour redynamiser l'activité des professionnels du secteur. Les marketplaces se sont révélées comme des outils indispensables en période confinée, et dont l'essor s'étend encore. "On a, entre guillemets, pas mal sauvé la mise à certains commerçants pendant la crise sanitaire. Maintenant, le but n'est pas qu'ils passent leur vie sur l'ordinateur, mais qu'on leur apporte les outils pour simplifier la vente", explique Erwan Moullec à propos de la marketplace locale d'Alenvy, entreprise qu'il a cofondée.