LA TRIBUNE - La filière de l'hydrogène traverse une forme de doute ou de désillusion après l'euphorie de 2022. Partagez-vous ce sentiment ?
Pascale BOYER - Non, l'hydrogène n'avance peut-être pas aussi vite qu'on le souhaiterait mais c'est vrai pour toute technologie émergente. La volonté politique, les fonds publics et bien-sûr la volonté et la capacité des industriels sont bien au rendez-vous ! Donc il n'y a aucune raison que la filière hydrogène ne fonctionne pas, il faut juste se laisser un peu de temps. Cette inauguration de l'usine HDF Energy en est la meilleure preuve. C'est un bel exemple d'une technologique qui fonctionne, d'un projet industriel initié et porté par une entreprise privée et des financements privés, grâce à une entrée en bourse. Et, désormais, le financement européen obtenu dans le cadre du PIEEC (Projets importants d'intérêt européen commun) permettra d'aller chercher des marchés à l'international.
Malgré tout, les investissements réellement engagés aujourd'hui sont loin des objectifs assignés à l'hydrogène par les pouvoirs publics il y a deux ans...
L'hydrogène connaît des hauts et des bas, c'est normal. Mais ce que je vois aujourd'hui ce sont des industriels qui continuent à développer leurs projets et qui continuent à être soutenus par des fonds privés et publics. Après, effectivement, il y a la question du coût de production et de la compétitivité de l'hydrogène vert européen. C'est un frein qu'il faudra lever et cela passera notamment par le développement des énergies renouvelables et de toutes les infrastructures indispensables à la massification des usages de l'hydrogène. Le coût des électrolyseurs est évidemment un sujet puisque l'hydrolyse entraîne mécaniquement un coût supplémentaire. Maintenant, si vous massifiez la production de ces équipements vous devriez réduire leur coût de production par des économies d'échelle.