Malgré un contexte difficile, l'assureur Groupama Centre Atlantique se porte bien
Pierre Cheminade
Le périmètre de Groupama Centre Atlantique couvre notamment les vignoble de Bordeaux et de Cognac, tous deux en difficulté. Ici des vignes en friche en Gironde.
Malgré deux sinistres industriels majeurs et la crise des vins et spiritueux, Groupama Centre Atlantique affiche un résultat en hausse en 2024.
L'incendie de l'usine de pop-corn de Sphère Production en Charente-Maritime et le feu sur le site du Groupe Thébault, leader français du contreplaqué, dans les Deux-Sèvres ont pesé lourd dans l'exercice 2024 de Groupama Centre Atlantique, entraînant, à eux seuls, un coût de 85 millions d'euros. De quoi tirer à la hausse (+13 %) la charge de la sinistralité qui a atteint 515 millions d'euros l'an dernier malgré une baisse de 15 millions d'euros des risques climatiques.
L'assureur mutualiste boucle néanmoins l'année avec un chiffre d'affaires de 809 millions d'euros, en hausse de 5,6 % sur un an, et un résultat de 15,7 millions d'euros (+15,7 %). « Ce sont des bons résultats malgré ces deux sinistres industriels significatifs et un contexte économique de plus en plus imprévisible voire hostile », souligne Stéphane Cools, le président de l'assureur qui emploie 1 500 salariés.
Vignobles en crise
Couvrant dix départements français de la Gironde à l'Indre et de la Vendée au Lot-et-Garonne, Groupama Centre Atlantique est très présent sur le marché agricole et dans les vignobles bordelais et cognaçais, autant de secteurs en crise.
Mais la situation ne se traduit pas encore dans les comptes de l'assureur. « À Bordeaux, la crise est profonde et structurelle. Les plans d'arrachage auront un impact lent et progressif sur l'équilibre des exploitations », observe Fabrice Lepigeon, le directeur général. « L'enjeu pour nous est de favoriser l'accompagnement psychologique des vignerons et de mettre le curseur de l'assurance au bon endroit, car c'est une dépense qui peut peser. »
En difficulté à l'export, à la merci des taxes Trump, le vignoble bordelais est aussi à la peine en France, particulièrement dans la grande distribution qui pèse 58 % des ventes : en dix ans, les ventes des AOP rouges de Bordeaux y ont chuté de 44 %. Pour résorber la surproduction, la surface du vignoble passera de 103 000 hectares en 2022 à moins de 90 000 fin 2025, soit une baisse de 18 % en trois ans et de près d'un quart par rapport aux 111 000 hectares encore cultivés en 2019. Avec 3,3 millions d'hectolitres, la récolte 2024 est ainsi la plus faible depuis 1991 dans le vignoble bordelais.
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Du côté des Charentes, le choc économique des tensions commerciales internationales est également très brutal pour les producteurs et négociants de cognac, mais il intervient après des années record. « Le rendement à l'hectare a nettement diminué ce qui occasionne des tensions de trésorerie, mais un grand nombre d'exploitations avaient constitué une épargne de précaution grâce aux belles années enregistrées après la crise sanitaire. Cela permet de limiter la casse pour l'instant et il faut désormais anticiper et ajuster », juge Fabrice Lepigeon.