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Climat : l'Allemagne sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs à l'horizon 2030

latribune.fr

Publié le 15 mars 2024 à 13:16 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:56

Beaucoup d'experts tablaient sur un recours accru au charbon par l'Allemagne, du fait de l'abandon du nucléaire et de la fin des livraisons de gaz russe en raison de la guerre en Ukraine.

Beaucoup d'experts tablaient sur un recours accru au charbon par l'Allemagne, du fait de l'abandon du nucléaire et de la fin des livraisons de gaz russe en raison de la guerre en Ukraine.

Wolfgang Rattay

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'Allemagne est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques à l'horizon 2030, après une baisse historique des émissions l'an passé liée au déploiement des énergies renouvelables et à la baisse de la production industrielle. La crise économique que traverse le pays explique aussi cette trajectoire.

L'Allemagne donne le bon exemple. Elle est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques à l'horizon 2030 : de nouvelles projections prévoient une baisse de « 64% des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990 », un chiffre proche de l'objectif de 65% porté par Berlin, indique l'Agence fédérale de l'Environnement (AFE).

C'est la première fois que ces anticipations correspondent aux objectifs du gouvernement. En comparaison, Berlin tablait en 2021 sur un recul de seulement 49% d'ici 2030. Elles s'appuient notamment sur une baisse de plus de 10% des émissions de gaz à effet de serre en 2023 sur un an, « la plus importante » baisse annuelle depuis 1990, selon l'AFE, confirmant des chiffres publiés en janvier.

La première économie de la zone euro pourrait même dépasser dès 2027 les objectifs de l'Union européenne d'une réduction des émissions de 55% par rapport à l'année de référence 1990, trois ans avant la date fixée. La Commission recommande par ailleurs pour 2040 une baisse nette de 90% par rapport à 1990 et, donc, de maintenir le même rythme de réduction que sur la décennie 2020-2030.

«Cela montre que nos efforts paient, et que notre politique fait la différence», s'est félicité le ministre écologiste de l'Economie et du Climat Robert Habeck lors d'une conférence de presse.

Un résultat qui donne tort aux experts

Ce résultat détonne, alors que beaucoup d'experts tablaient sur un recours accru au charbon par l'Allemagne, du fait de l'abandon du nucléaire et de la fin des livraisons de gaz russe en raison de la guerre en Ukraine. Mais le pays parvient à mener « un déploiement réussi des énergies renouvelables » qui permet de compenser une partie de ces manques, explique Dirk Messner, président de l'AFE.

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La coalition d'Olaf Scholz - qui inclut les écologistes - a légiféré, depuis deux ans, pour alléger les procédures d'installation de parcs éoliens et solaires et réaliser des investissements massifs. Pour la première fois de son histoire, l'Allemagne a produit et consommé en majorité l'an dernier des énergies renouvelables pour ses besoins en électricité, selon des chiffres officiels. Et la part du charbon dans le bouquet de production électrique allemand est descendue à 26% contre près de 34% en 2022.

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La crise économique explique aussi la baisse des émissions

Mais la baisse des émissions s'explique également par la crise que traverse le puissant secteur industriel allemand, qui dégage 20% du gaz à effet de serre du pays. L'industrie manufacturière, pilier de l'économie, est actuellement plombée par une baisse de la demande domestique et internationale, et par des prix de l'énergie trop élevés par rapport à ses concurrents. Cette crise a entraîné une contraction du PIB de 0,3% l'an dernier.

Une évolution qui relativise l'optimisme du gouvernement, selon les ONG. « Personne ne doit confondre une crise économique avec une politique de protection du climat » a affirmé vendredi Martin Kaiser, porte-parole de Greenpeace. D'autant que dans le détail, plusieurs secteurs restent à la traîne, échouant, comme les années passées, à réduire significativement leurs émissions de CO2. Les transports n'ont connu l'an dernier qu'une baisse de 1,2%, alors que le parc automobile allemand s'électrifie trop lentement. Le recul s'est accentué avec la décision, en décembre, du gouvernement d'Olaf Scholz d'arrêter quasiment du jour au lendemain son programme d'aides à l'achat pour les véhicules électriques, en raison de contraintes budgétaires.

L'Allemagne soutient la transformation de son industrie lourde

Néanmoins, l'Allemagne semble prendre le problème à bras-le-corps. Mi-mars, le pays  a lancé un programme doté de plusieurs dizaines de milliards d'euros pour soutenir la transformation de son industrie lourde. Baptisé « contrat carbone pour la différence », ce mécanisme, pour l'instant unique en Europe, financera les investissements des entreprises sélectionnées en compensant les coûts supplémentaires engendrés par les nouveaux procédés de production moins polluants. Le but : « Atteindre nos objectifs climatiques tout en maintenant la production en Allemagne », a commenté le ministre de l'Economie Robert Habeck, lors d'une conférence de presse. Les industries les plus énergivores dégageant « plus de dix kilotonnes de CO2 par an », comme celles du verre, du métal, du papier, de l'acier ou l'aluminium, vont pouvoir soumettre leur projet de transformation à l'État qui sélectionnera les plus ambitieux sur le plan environnemental et les moins coûteux.

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Un contrat sur 15 ans sera alors signé : si durant cette période, la production issue des techniques moins polluantes devient plus rentable que la production conventionnelle, notamment parce que le prix de la tonne de CO2 sur le marché européen s'est envolé, les entreprises rembourseront à l'Etat une partie des aides. La première phase du programme permettra de répartir la somme de 4 milliards d'euros entre les entreprises sélectionnées. Un deuxième appel d'offres s'ouvrira à l'automne et portera sur un montant de 19 milliards d'euros de subvention.

(Avec AFP)

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