La Commission européenne a dévoilé ce mardi ses recommandations pour l'objectif climatique 2040 de l'UE, étape intermédiaire cruciale vers la neutralité carbone du Vieux continent. A quatre mois des élections européennes, prévues en juin prochain, cette feuille de route climatique était très attendue. Mais celle-ci pourrait être compromise en fonction du résultat des prochaines élections.
En matière de baisse des émissions de CO2, un objectif à long terme est louable. Mais les étapes à atteindre pour y arriver sont bien plus déterminantes. C'est à ce défi que s'est attaquée la Commission européenne ces dernières semaines.
Ses données dans l'équation : poursuivre ses efforts pour atteindre la baisse globale de 55% des émissions de l'UE en 2030, et se mettre d'accord sur le prochain objectif en la matière, fixé pour l'année 2040. Une marche cruciale censée baliser le chemin vers l'ère de la neutralité carbone pour l'Union européenne, en 2050.
C'est donc chose faite ce mardi après-midi : la Commission européenne a donc proposé de viser une réduction nette de 90% d'ici 2040 des émissions de gaz à effet de serre de l'UE par rapport à 1990. Cette cible pour 2040, que la prochaine Commission devra traduire en proposition législative, reviendrait à poursuivre le même rythme de baisse que sur la décennie 2020-2030.
Bienvenue pour le climat, cette nouvelle trajectoire sera néanmoins confrontée à un stress test politiquede taille dans les prochains mois : en juin prochain se tiennent en effet les prochaines élections européennes qui verront émerger un nouveau Parlement et une nouvelle Commission européenne... avec plus ou moins de volonté politique en matière environnementale.
Des indices sur la prochaine feuille de route carbone
Ce document était très attendu par les acteurs participant de près ou de loin au fonctionnement de l'UE. Avant sa publication, plusieurs indices éclairaient déjà sur la trajectoire envisagée par la Commission : en octobre par exemple, le commissaire chargé du Climat, Wopke Hoekstra, avait défendu lors de sa nomination une réduction nette des émissions de CO2 d' « au moins 90% » par rapport à 1990. Un objectif qui ne vient pas de nulle part, puisqu'il est en adéquation avec la baisse « de 90-95% » préconisée par le Conseil scientifique consultatif européen. Celui-ci a présenté un rapport sur le sujet en juin 2023, sur lequel la Commission Von Der Leyen s'est appuyée pour rendre ses conclusions demain.
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