Europe : de la dépendance au gaz russe au GNL américain
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Juliette Raynal pour La Tribune
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Qui dit chute des livraisons de produits russes en Europe...dit nouvelles opportunités commerciales pour des fournisseurs friands de conquêtes. Les Etats-Unis, dont le sous-sol regorge de gaz naturel, l'ont bien compris. Pour preuve : depuis que Moscou a envahi l'Ukraine en février 2022, les exportations américaines de ce combustible fossile, sur lequel s'appuie massivement le Vieux Continent pour faire tourner son économie, ont explosé. Au risque de remplacer une dépendance par une autre ?
selon les données de suivi des navires compilées par des analystes
.Refroidi à -160°C puis acheminé par bateau plutôt que de transiter par gazoduc, le GNL américain a multiplié les records, avec 88,9 millions de tonnes (122 milliards de mètres cubes) vendues hors du marché domestique, soit +14,7% par rapport à l'année précédente. Rien qu'en décembre, 8,6 millions de tonnes ont ainsi quitté les terminaux américains, soit 12% environ de la production de gaz du pays pour le mois. De quoi détrôner le Qatar, plus grand exportateur de GNL en 2022 et l'Australie, deuxième cette année-là, selon les données du gouvernement américain.
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Et il s'agit là d'une ascension express. En effet, dès 2006, Doha a pris à l'Indonésie sa première place de fournisseur de GNL...tandis que les Américains ne se sont lancés sur ce marché que dix ans plus tard, en 2016. En cause : un boom des hydrocarbures « non conventionnels » exploités dans son sous-sol, notamment le gaz de schiste. Récupéré dans des roches non poreuses via l'injection d'un fluide destiné à les fissurer - un procédé polluant appelé fracturation hydraulique et interdit en France depuis 2011, - celui-ci a tiré à la hausse la production totale de gaz du pays. Laquelle a donc bondi de 71% entre 2009 et 2021, dont 79% de gaz de schiste cette dernière année.