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Climat : le président de la COP29 en Azerbaïdjan est... (encore) un vétéran du pétrole

latribune.fr

Publié le 05 janvier 2024 à 15:17 - Mis à jour le 05 janvier 2024 à 15:30

Le président de la COP29 a travaillé de 1994 à 2010 au sein de la Socar (pour « State Oil Company of Azerbaijan Republic »), notamment au département des relations économiques extérieures.

Le président de la COP29 a travaillé de 1994 à 2010 au sein de la Socar (pour « State Oil Company of Azerbaijan Republic »), notamment au département des relations économiques extérieures.

Reuters

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Ministre de l'Ecologie et des Ressources naturelles de l'Azerbaïdjan depuis 2018, le président de la prochaine conférence de l'ONU pour le climat est un ancien haut cadre de la compagnie nationale pétro-gazière azérie. Une nomination qui rappelle celle du président émirati de la COP28 Sultan Al-Jaber, patron d'Adnoc, l'entreprise pétrolière des Emirats arabes unis.
C'est une nouvelle qui ne manquera pas de crisper scientifiques et associations environnementales. Pour la seconde année consécutive, un cadre issu du secteur pétrolier présidera la prochaine conférence de l'ONU sur le climat (COP29). Pour rappel, elle se tient cette année à Bakou, en Azerbaïdjan, du

11 au 22 novembre

. Le pays a ainsi nommé Mukhtar Babayev, son ministre de l'Ecologie et des Ressources naturelles. Ce dernier est un ancien cadre de Socar, 

la compagnie nationale pétrolière et de gaz.



« Son Excellence Mukhtar Babayev a été nommé président désigné de la 29e session de la conférence des parties », a écrit à l'AFP ce vendredi Rashad Allahverdiyev, un responsable du ministère, dans un courriel. Le gouvernement azerbaïdjanais a également nommé le vice-ministre des Affaires étrangères, Yalchin Rafiyev, comme négociateur en chef pour la COP29.

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Climat : Sultan Al Jaber accusé de négocier des contrats pétro-gaziers dans le dos de la COP28

Dans la foulée de cette nomination, la présidence sortante de la COP a félicité Mukhtar Babayev, qui représentait son pays aux négociations de Dubaï.

«Nous travaillerons avec les présidences de la COP29 et de la COP30 (au Brésil, ndlr), ainsi qu'avec l'ONU Climat, pour concrétiser le succès historique et transformateur de la COP28 et maintenir l'objectif de 1,5°C à portée de main», a écrit la présidence de la COP28 dans un message sur le réseau social X.

16 ans d'expérience dans le secteur pétrolier

Le président nouvellement nommé a travaillé de 1994 à 2003 au département des relations économiques extérieures de Socar (« State Oil Company of Azerbaijan Republic ») avant de changer pour le département du marketing et des opérations économiques.

De 2007 à 2010, il fut vice-président chargé de l'écologie de la compagnie pétro-gazière. Il est ministre de l'Ecologie et des Ressources naturelles depuis 2018. Pour rappel, les présidents de COP, historiquement, ont tous été des ministres ou des diplomates, jusqu'à l'exception de 2023.

Même profil que le président émirati de la COP28

L'an dernier, les Emirats arabes unis, hôte de la COP28, avaient choisi Sultan Al Jaber, patron de la compagnie nationale Adnoc, pour présider la conférence de l'ONU. Celle-ci s'est conclue en décembre à Dubaï sur un appel historique à une « transition » hors des énergies fossiles. Une première.

Pour rappel, Sultan Al Jaber avait représenté de multiples fois son pays aux COP, et en dirigeant la société émiratie d'énergies renouvelables, Masdar. Sa double casquette avait été critiquée pour le risque de conflits d'intérêts, et des documents révélés par le journal britannique The Guardian ont montré un mélange des genres entre les intérêts d'Adnoc et ceux de la COP28 dans la préparation de réunions avec des gouvernements étrangers.

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Le paysage de la prochaine COP29 a beaucoup de similitudes avec celui de la COP28 aux Emirats. Bakou fut l'une des capitales mondiales du pétrole au début du XXe siècle, explique à l'AFP Francis Perrin, spécialiste de l'énergie à l'Institut de relations internationales et stratégiques, « avec des intérêts russes, Shell et les frères Nobel à l'époque ».

Le pays a développé à partir des années 1990 de gros gisements pétroliers et gaziers en mer Caspienne, poursuit-il. Aujourd'hui, le gaz est devenu plus important que le pétrole pour l'Azerbaïdjan, membre de l'Opep+, principalement exporté vers l'Europe.

«Le pays reste aujourd'hui très dépendant des hydrocarbures qui représentent un peu moins de 50% de son PIB, un peu plus de 50% de ses recettes budgétaires et un peu plus de 90% de ses recettes d'exportation», ajoute Francis Perrin.

L'Arménie, rival historique, à l'origine candidate

La désignation de l'Azerbaïdjan comme pays hôte de la COP29 ne s'est pas fait aisément. L'Arménie voisine était aussi candidate et ne voulait pas se désister. Une résistance liée au conflit armé dans le Haut-Karabakh, une région située sur les terres azéries, mais dont la population était, dans sa grande majorité, d'origine arménienne. Durant l'année 2023, les armées des deux pays se sont affrontées, faisant plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers d'exilés.

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Climat : l'Arménie accepte que la COP29 soit accueillie par son rival l'Azerbaïdjan

Finalement, un jour avant la fin de la COP28, l'Arménie a annoncé qu'elle retirerait sa propre candidature et qu'elle soutiendrait celle de son voisin. Erevan et Bakou cherchent depuis à améliorer leurs relations diplomatiques.

Bronca chez des figures politiques françaises

Quand bien même, tout comme la COP28 aux Emirats, l'accueil de la prochaine conférence climat dans un pays pétro-gazier ne fait pas l'unanimité. Dans une tribune publiée le 17 décembre au sein des colonnes de La Tribune dimanche, huit grands élus de droite et de gauche ont dénoncé avec force dans l'organisation de la 29e conférence de l'ONU sur le changement climatique en Azerbaïdjan. Les signataires y voient une « COP de la honte et du déshonneur, pour la France, l'Union européenne et les démocraties ».

Dénonçant la répression de Bakou vis-à-vis de ses opposants, y compris en dehors de son territoire, les huit élus estiment également que cette « désignation scandaleuse » est comme un « blanc-seing donné au régime dictatorial du clan mené par (le président) Ilham Aliev ».

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« Après la COP28, les pays de l'OPEP ont encore de beaux jours devant eux pour exploiter leurs ressources fossiles » (Francis Perrin, IRIS)

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« Il est impératif de mettre fin à l'impunité du régime de Bakou. Pour cela nous appelons instamment la France et l'Union européenne à tout faire pour qu'un autre lieu soit trouvé afin d'accueillir la COP29 », concluent les huit élus, qui pointent aussi le « système de corruption » mis en place par Bakou pour « étendre son influence en Europe ». Leur voix ne semble pas avoir été entendue...

(Avec AFP)

latribune.fr

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