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ClimatEnergie & Environnement

Pétrole et gaz terminent l’année 2023 en baisse

Eric Benhamou

Publié le 30 décembre 2023 à 10:44 - Mis à jour le 30 décembre 2023 à 17:24

Les prix du pétrole ont chuté de près de 20 % depuis le plus haut de l'année en septembre dernier.

Les prix du pétrole ont chuté de près de 20 % depuis le plus haut de l'année en septembre dernier.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La baisse des prix de l’énergie a été l’un des principaux moteurs de la désinflation en 2023. Alors que les prix du gaz naturel en Europe devraient rester à des niveaux d’avant-guerre en Ukraine, les prix du pétrole pourraient connaître des tensions face à une demande plus importante que prévu, et ce malgré la forte hausse de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis.

Pas de rebond de fin d'année pour le pétrole et le gaz. Les prix du pétrole n'ont finalement pas profité des tensions en mer Rouge et le prix du gaz naturel européen a poursuivi sa forte décrue de ces dernières semaines.

Ainsi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord est solidement ancré sous le seuil des 80 dollars - seuil jugé minimum par l'Arabie Saoudite pour boucler son budget et financer ses lourds investissements d'infrastructures - autour de 77 dollars pour une livraison en mars, alors que le baril WTI (Texas) se négocie à environ 71,5 dollars, pour livraison fin février. Au total, le prix du Brent a perdu 8 % en 2023 et près de 20% depuis ses plus hauts de l'année en septembre dernier.

« La menace persistante d'une extension du conflit au Moyen-Orient signifie que les marchés pétroliers doivent rester vigilants quant aux risques liés à l'offre », a cependant commenté Han Tan, analyste d'Exinity, cité par l'AFP. Mais la faible réaction du marché est due au fait que la « prime de risque géopolitique » a déjà été « intégrée dans les prix », a-t-il expliqué.

L'échec de l'OPEP+

Ces prix du pétrole relativement déprimés soulignent l'échec de l'organisation OPEP + (Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, dont la Russie) qui tente de soutenir les prix en réduisant leur production. « Leurs efforts sont restés étonnamment inefficaces », a résumé Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, également cité par l'AFP. Certes, les prix du but se sont tendus après l'attaque d'Israël par le groupe islamiste Hamas le 7 octobre dernier mais l'escalade géopolitique redouté par les marchés n'a finalement pas eu lieu, même si le conflit semble désormais s'inscrire dans la durée.

L'Opep+ a eu beau sabrer depuis des mois sa production d'or noir, les prix sont résolument orientés à la baisse. Cette stratégie a fonctionné un temps, hissant les prix du Brent autour de 95 dollars à la mi-septembre et certaines prévisions tablaient sur un brut à plus de 100 dollars. Mais la perte de puissance de ce groupe, qui représente désormais que la moitié de la production mondiale (50 millions de barils par jour), des désaccords persistants entre ses membres (notamment le retrait de l'Angola) et surtout le bond de la production des États-Unis, laissent désormais les investisseurs sceptiques quant à l'efficacité de l'OPEP+. Les anticipations de ralentissement économique en 2024, y compris et surtout en Chine, ont fait le reste.

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Le bond en avant des Etats-Unis

Mais c'est surtout le bond de la production d'hydrocarbures aux Etats-Unis, faisant de l'Amérique du Nord le premier producteur de pétrole au monde, qui bouleverse les cartes du marché pétrolier. Ainsi, les Etats-Unis ont augmenté leur production d'un million de barils par jour en 2023... soit l'équivalent de la réduction de la production de pétrole de l'Arabie Saoudite. D'autres pays producteurs, notamment africains, refusent de baisser leur production pour privilégier leurs propres objectifs de recettes, alors que la Russie en guerre a accepté de réduire sa production de 0,5 million de barils par jour. Au final, l'OPEP se retrouve généralement seul à réduire sa production pour faire monter les prix mais cette réduction de production est vite compensée par les Etats-Unis et d'autres producteurs qui souhaitent gagner des parts de marché.

Un pétrole cher en 2024

Pour 2024, les anticipations sont complexes à réaliser, compte tenu notamment du contexte géopolitique, qui peut rapidement s'envenimer, et propulser le baril au-dessus des 100 dollars, mais aussi de la difficulté à apprécier la demande mondiale, c'est-à-dire l'ampleur du ralentissement de la croissance, voire de la récession.

Selon la banque britannique Standard Chartered, le coût du pétrole pourrait monter à 98 dollars en 2024 et à 105 dollars en 2025 face à une demande finalement toujours soutenue et une politique de l'offre très restrictive de l'OPEP. Une prévision cependant au-dessus du consensus. « Les marchés devraient enregistrer un léger excédent au premier trimestre 2024, avant qu'un équilibre serré ne se rétablisse plus tard durant l'année. Cela conforte notre point de vue selon lequel les prix se négocieront dans une fourchette comprise entre 80 et 90 dollars pendant la majeure partie de 2024 », estime de son côté la banque Lombard Odier.

Chute du prix du gaz naturel

Du côté du gaz naturel européen, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du marché en Europe, a littéralement chuté en fin d'année à 32,095 euros le mégawattheure (MWh). Le prix aura donc été divisé par deux en un an, pour retrouver largement ses niveaux d'avant- guerre en Ukraine, ceux de juin 2021. Les analystes de DNB, cités par l'AFP, rappellent que « la demande européenne de gaz reste faible, même si l'on tient compte des variations saisonnières ». Certes, il y a eu des pics de froid en novembre mais l'hiver reste, à ce jour, globalement plus chaud par rapport à l'année dernière et les stocks en Europe sont à un niveau très élevé.

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  • En 2024, le prix du baril de pétrole sera soutenu par la géopolitique et l'Opep+

L'Europe a réussi à se débrancher de sa source principale de gaz naturel qui était la Russie en quelques mois, un scénario que tout le monde disait impossible à réaliser. Mais l'Europe y est parvenue, seule une part résiduelle de GNL russe subsiste (15%), et de l'avis de tous les experts, il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre.

Eric Benhamou

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