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ClimatEnergie & Environnement

Pétrole : malgré l'embargo des Occidentaux, les exportations russes n'ont pas chuté en 2023, affirme Moscou

Photo de Coline Vazquez

latribune.fr

Publié le 27 décembre 2023 à 11:53 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 17:53

pétrole russe

Sur un mois, les deux barils ont vu leurs cours diminuer de 5%.

Reuters

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Cette année, les recettes pétrolières et gazières vont s'élever à près de 9.000 milliards de roubles (environ 88 milliards d'euros) en 2023, soit « à peu près le niveau de 2021 », avant les sanctions, assure le Kremlin. Et ce, grâce à un report quasi total vers d'autres pays comme la Chine et l'Inde. A l'inverse, les pays responsables de ces sanctions sur le pétrole russe (G7, UE, Australie, affirment que les revenus tirés par Moscou de ces exportations ont diminué d'un tiers en 2023 par rapport à 2022.

Les sanctions occidentales pour affaiblir économiquement la Russie en visant ses exportations pétrolières n'auront pas eu l'effet escompté. C'est du moins ce qu'affirme le vice-Premier ministre russe en charge de l'Energie, Alexandre Novak. Ce dernier a affirmé, ce mercredi, que le pays engrangerait des recettes pétrolières et gazières s'élevant à près de 9.000 milliards de roubles (environ 88 milliards d'euros) en 2023, soit « à peu près le niveau de 2021 », avant les sanctions. Un propos qui vient totalement contredire ce qu'affirment les Occidentaux.

Pour rappel, le 5 février dernier, un embargo sur les produits raffinés de pétrole russe (diesel, essence, mazout, kérosène...) est entré en vigueur, décidé par les Vingt-Sept en réponse au déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022. Une nouvelle interdiction qui s'est ajoutée à celle sur le charbon datant du mois d'août 2022 et du pétrole brut en décembre de la même année. En outre, comme pour ce dernier, l'embargo sur les produits raffinés s'est accompagné d'un mécanisme voulu par les Etats-Unis, l'UE et leurs alliés du G7 restreignant les conditions d'exportation, notamment en imposant un prix plafond et en obligeant les entreprises occidentales qui financent, assurent ou expédient des cargaisons maritimes de produits russes, à ne pouvoir le faire qu'en dessous de ce prix plafond.

Jusqu'à 50% du pétrole vendu à la Chine

De quoi faire fondre la quantité de pétrole exporté vers le Vieux Continent notamment. « Si, auparavant, nous fournissions à l'Europe 40 à 45% du volume total des exportations de pétrole et de produits pétroliers, nous nous attendons à ce que ce chiffre ne dépasse pas 4 à 5% d'ici la fin de l'année », a ainsi expliqué Alexandre Novak dans une interview à la chaîne de télévision russe Rossia 24.

Selon lui, Moscou vend aujourd'hui 45-50% de son pétrole à la Chine et 40% à l'Inde. Un report aux conséquences importantes pour ce pays dont l'industrie des hydrocarbures représente 27% du Produit intérieur brut (PIB) et leur vente à l'étranger environ 57% des exportations totales du pays, toujours d'après le vice-Premier ministre.

« Beaucoup de gens veulent acheter du pétrole et des produits pétroliers russes. Il s'agit de pays d'Amérique latine, de pays africains et d'autres pays de la région Asie-Pacifique », a encore insisté Alexandre Novak.

L'Inde, en particulier, a multiplié par douze sur un an ses importations de pétrole brut russe entre janvier et juin 2023. Les achats de produits pétroliers indiens sont passés de « seulement 37 millions d'euros au cours des sept premiers mois de 2022 à 451 millions d'euros entre janvier et juillet 2023, soit une hausse de 1.127,4% », indiquait ainsi en septembre dernier l'institut national de statistique allemand, Destatis.

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Manne d'or noir que le pays transforme ensuite et revend...potentiellement à des pays européens. En effet, Destatis notait, à l'époque, que « l'Inde importe de grandes quantités de pétrole brut de Russie depuis l'invasion de l'Ukraine » et exporte aux entreprises allemandes « du gazole », produit à partir de brut. En conséquence, « il est très plausible que l'Allemagne et d'autres pays européens achètent implicitement du pétrole russe » de cette manière, concluait George Zachman, expert énergie du think tank bruxellois Bruegel.

Les Occidentaux assurent que les recettes ont chuté d'un tiers

Alexandre Novak s'est donc félicité que, malgré les restrictions imposées par les Occidentaux « le complexe énergétique et pétrolier russe se soit développé avec succès en 2023 ». D'autant que la Russie avait décidé fin novembre, de concert avec les autres pays de l'Opep+ (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés), dont l'Arabie saoudite, d'accentuer sa réduction de production de pétrole afin de stimuler les prix. Un moyen pour Moscou d'augmenter ses recettes issues de la vente des hydrocarbures.

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Mais face aux affirmations russes, les pays responsables de l'embargo sur les produits bruts et raffinés (G7, UE et Australie) estiment de leur côté que les revenus tirés de ces exportations ont diminué d'un tiers en 2023 par rapport à 2022. « Les recettes fiscales russes provenant des exportations de pétrole et de produits pétroliers - la principale source de revenus de la Russie - ont été inférieures de 32% entre janvier et novembre 2023 à celles de la même période l'année dernière », affirmaient-ils dans un communiqué commun en décembre dernier. Sur les seuls cinq premiers mois de 2023, la chute des revenus a été de 50%, avait déjà indiqué Washington en juin.

Une croissance plus forte que celle de la zone euro

Pour autant, près de deux ans après le début de la guerre en Ukraine, l'économie russe semble tenir le choc. En septembre, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a ainsi revu à la hausse la croissance du PIB à 1,5% cette année, alors qu'elle anticipait jusqu'ici une contraction d'ampleur équivalente. Une croissance qui sera par conséquent supérieure à celle prévue cette année dans la zone euro (les vingt pays à avoir adopté la monnaie unique) par la Commission européenne +0,6% en 2023, soit -0,2 point que prévu initialement.

Mais l'inflation reste élevée. Selon le Banque centrale russe, « l'inflation annuelle pour 2023 devrait être proche (...) de 7-7,5% », bien au-dessus de la cible de 4%. L'institution monétaire a donc annoncé deux semaines plus tôt relever son taux directeur de 15% à 16%, soit la cinquième hausse consécutive depuis juillet, ce qui pourrait peser sur la croissance du pays.

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Le projet Arctic LNG 2 a démarré, assure le vice-Premier ministre

Le vice-Premier ministre russe s'est également exprimé sur le gaz. À ce propos, Alexandre Novak a assuré que le gigantesque projet Arctic LNG 2 avait démarré malgré les sanctions américaines qui mettaient en péril son lancement.

« L'usine Arctic LNG 2 est actuellement en cours de construction, et la première étape a déjà commencé à fonctionner. Nous nous attendons à ce que les premières livraisons de ce projet aient lieu dès le premier trimestre de l'année prochaine », a-t-il rapporté.

Selon des médias, le géant gazier russe Novatek, qui détient 60% du mégaprojet, a invoqué plus tôt en décembre le cas de « force majeure », une clause juridique qui permet aux entreprises de suspendre les livraisons en raison de facteurs indépendants de leur volonté.

De son côté, l'autre géant gazier russe, Gazprom, sera contraint de réduire ses investissements de 20% en 2024 par rapport à 2023, année déjà marquée par une révision à la baisse (-14,5%) au regard du plan initial publié l'an passé. En cause, la chute drastique de ses exportations de gaz vers l'Europe, un marché quasi-fermé depuis le début du conflit en Ukraine en 2022 et le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en septembre 2022.

« Le montant total du programme d'investissements de Gazprom pour 2024 s'élève à 1.573,6 milliards de roubles » (16,3 milliards d'euros), indiquait le groupe russe dans un communiqué en novembre.

(Avec AFP)

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