Stocker l’électricité dans des batteries : pourquoi le Royaume-Uni devance la France
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D'aucuns pourraient croire que le système énergétique du futur se traduirait par des technologies complexes, nées d'innovations de rupture inenvisageables quelques décennies plus tôt. Mais à Oxford, en Angleterre, l'avenir prend pour l'heure une autre forme : celle d'une installation « plutôt simple », de l'aveu même de son exploitant, EDF Power Solutions. Des rangées de batteries au lithium, à peine plus hautes qu'un homme et quasi-semblables à celle que l'on trouverait sous le capot d'une voiture électrique (à l'exception de leur taille), sont empilées près d'un nœud important du réseau, comme autant de boîtes de stockage du courant.
Sur le papier, il s'agit d'un moyen idéal pour répondre à un défi majeur de la transition énergétique : l'intermittence des renouvelables. Alors que les panneaux solaires et les éoliennes, qui fleurissent en Europe, génèrent de plus en plus d'électricité lorsqu'il n'y en a pas besoin et pas assez à d'autres moments, ces champs de batteries peuvent emmagasiner le surplus pour le réinjecter a posteriori, lorsque la demande de courant explose et que l'offre ne suit pas. De quoi faire coïncider la production avec la consommation. Et ainsi éviter un grand gaspillage d'électrons coûteux pour les finances publiques et pour les consommateurs, tout en tournant le dos au charbon et au gaz.
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Seulement voilà : cette solution reste marginale dans de nombreux pays, dont la France. Fin 2024, le parc total de ces batteries, dites «stationnaires», y atteignait 1,07 gigawatt (GW) contre presque six fois plus au Royaume-Uni. Et si les grands énergéticiens s'y intéressent de plus en plus, ils n'investissent pas massivement dans l'Hexagone. À titre d'exemple, EDF Power Solutions, une société tricolore donc, exploite 350 mégawatts (MW) de batteries outre-Manche... et toujours rien en France métropolitaine, même si 185 MW sont en cours de développement. Au global, explique-t-on dans ses rangs, la capacité installée ne devrait pas dépasser 4 à 6 gigawatts (GW) dans le pays d'ici à 2030. Un chiffre à comparer avec l'objectif de 22 à 27 GW prévus outre-Manche.