Mis en demeure il y a un an, Auchan, Carrefour, Casino, Danone, Lactalis, Les Mousquetaires, McDonald's France, Nestlé France et Picard Surgelés n'ont toujours pas déployé de stratégie de déplastification. Ils violent ainsi leur devoir de vigilance, dénonce une coalition d'ONG.Malgré les avertissements des ONG, la déplastification de l'agroalimentaire et de la grande distribution a encore du plomb dans l'aile. Les groupes Auchan, Carrefour, Casino, Danone, Lactalis, Les Mousquetaires, McDonald's France, Nestlé France et Picard Surgelés ne respectent toujours pas leur devoir de vigilance par rapport aux dangers de la pollution plastique, estime, dans un rapport publié jeudi 28 septembre, une coalition d'ONG.
Pourtant, il y a un an, Surfrider Foundation Europe, ClientEarth et Zero Waste France mettaient ces grandes entreprises en demeure, en leur enjoignant de déployer une véritable trajectoire de déplastification de leurs activités dans un délai de trois mois. Danone (le quatrième plus gros utilisateur de plastique en tonnages, après The Coca-Cola Company, PepsiCo et Nestlé, selon la fondation Ellen MacArthur) était même assigné en justice en janvier 2023.
Des bilans inexistants ou trop restreints
Aujourd'hui, McDonald's et Picard n'ont même pas publié de plan de vigilance intégrant les risques liés au plastique, en estimant ne pas y être tenus. Nestlé s'est limité à celui de 2021, déplorent les ONG. Quant aux autres, si les risques liés à l'utilisation du plastique (pour les droits humains, l'environnement comme la santé) et l'urgence de s'en passer sont mieux compris, la mesure de leur propre impact est absente pour la plupart d'entre eux (Auchan, Carrefour, Casino, Danone, Lactalis). Quand elle est esquissée (Les Mousquetaires et Nestlé), son périmètre est trop restreint, estime le rapport, puisque tous les plastiques utilisés voire commercialisés par l'entreprise ne sont pas comptabilisés.
Surtout, les trajectoires d'abandon du plastique sont insuffisantes par rapport aux obligations découlant du devoir de vigilance, et non accompagnées d'outils de mesure, pointent les ONG.
« Chaque entreprise doit se fixer des objectifs de réduction du plastique datés et chiffrés. L'ambition de la trajectoire de déplastification doit être adaptée à l'urgence et à la dépendance de l'entreprise au plastique. Elle doit également identifier et mobiliser les ressources financières et humaines nécessaires pour garantir toutes les chances de succès », rappelle en effet le rapport.