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Prix alimentaires : les marges de Nestlé et Danone menacées par les prochaines négociations commerciales

latribune.fr

Publié le 25 septembre 2023 à 13:17 - Mis à jour le 25 septembre 2023 à 13:17

Les produits du géant Nestlé, comme les yaourts, sont plus facilement substituables par des marques moins chères que, par exemple, le café Nespresso de Nestlé (Photo d'illustration).

Les produits du géant Nestlé, comme les yaourts, sont plus facilement substituables par des marques moins chères que, par exemple, le café Nespresso de Nestlé (Photo d'illustration).

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Les deux géants de l’agroalimentaire pourraient voir leurs marges diminuer en cas de baisses des prix de leurs produits en rayon. Les groupes de distribution estiment en effet qu’ils pourraient exiger des baisses de prix allant de 2% à 5% aux industriels.

La période est cruciale pour les géants de l'agroalimentaire. Les plus gros industriels se sont engagés, à la demande du gouvernement, à ouvrir des négociations commerciales avec les distributeurs en France à partir de la mi-octobre, et ce, jusqu'au 15 janvier. Parmi eux, Nestlé et Danone sont particulièrement exposés à cette exercice annuel, habituellement étalé entre décembre et mars et qui détermine les prix auxquels les industriels vont vendre leurs produits aux distributeurs.

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Pour rappel, le gouvernement français est à l'initiative de cette modification du calendrier, afin de contrer l'inflation persistante des prix alimentaires, et ainsi d'obtenir des baisses dans les rayons d'ici la mi-janvier.

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Le 24 septembre, le président Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots à l'égard des grands groupes industriels alimentaires qui maintiennent des prix élevés malgré un recul de l'inflation. Il a ainsi mis en avant la nécessité de trouver un « accord de modération » sur les marges.

«Le blocage des prix, ça ne marche pas», a-t-il déclaré. Il faut «mettre tout le monde autour de la table, et trouver un accord sur les marges», a-t-il martelé.

Dans les faits, les groupes de distribution opérant des supermarchés en France pourraient ainsi exiger des baisses de prix allant de 2% à 5% de la part des industriels agroalimentaires lors des négociations, a déclaré mercredi 20 septembre le patron du groupe Les Mousquetaires, Thierry Cotillard.

Danone et Nestlé sont les deux industriels les moins en position de force face aux distributeurs. Selon Bruno Monteyne, analyste chez Bernstein, Danone subira la plus forte pression pour faire baisser ses prix. Les produits de l'industriel français, comme les yaourts, sont plus facilement substituables par des marques moins chères que, par exemple, le café Nespresso de Nestlé, souligne-t-il. De cette façon, les distributeurs pourraient se retrouver en position de force et tordre le bras, et les marges, du géant.

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Un constat partagé par Laurent Cenatiempo, responsable de la concurrence et des affaires juridiques à l'Association européenne des marques (AIM). Il note que les grands producteurs, dont Coca-Cola et Unilever, ne peuvent pas se passer des parts de marché que représentent les rayons des supermarchés. Nestlé et Unilever ont refusé de commenter et Danone n'a pas fait suite à une demande de commentaires.

Des industriels qui plaident pour leur cause

Reste qu'une baisse de leurs marges en France aurait des conséquences majeures sur leurs résultats mondiaux. La France est, depuis longtemps, le plus grand marché de produits alimentaires de l'Union européenne en termes de revenus des supermarchés, selon le cabinet d'études IBISWorld. D'après des données compilées par Bernstein pour Reuters, la France a représenté environ 8% du chiffre d'affaires de Danone en 2022, et près de 4% pour Nestlé. Le Royaume-Uni vient en deuxième position pour les deux groupes.

Mais cette exposition au marché français ne devrait pas attendrir l'opinion public ni certains politiques qui soupçonnent les industriels d'avoir gonflé leurs marges en même temps que leurs prix.

« Pour le secteur de l'agroalimentaire l'Insee calculait le 31 mai que le taux de marge de l'industrie atteignait 48,1%, soit dix points de plus que la moyenne des six dernières années. En parallèle, l'institut calculait à la fin du second trimestre que l'excédent brut d'exploitation grimpait au niveau historique de 7 milliards d'euros, soit une hausse de quasi 19% sur un trimestre », a rappelé Nicolas Meizonnet, député du Rassemblement national.

Un calcul toutefois rejeté par l'Institut de Liaisons et d'Études des industries de Consommation (Ilec). Il estime qu'entre le 1er janvier 2022 et le 30 juin 2023, pour un échantillon comptant plus de la moitié des adhérents de l'association, les coûts ont augmenté de 2 milliards, alors que les revenus générés n'ont crû que de 1,4 milliard.

« Les industriels ont couvert les deux tiers de leurs surcoûts », affirme son directeur général, Richard Panquiault. Leur marge ne s'améliore pas, leur marge se détériore ».

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Pour tenter de plaider pour leur cause, les représentants de l'industrie alimentaire, auditionnés par l'Assemblée nationale mercredi 20 septembre, ont fait valoir que les coûts de production restaient élevés après être montés en flèche pendant deux ans. Les distributeurs affirment, quant à eux, que les pressions sur les coûts s'atténuent, tandis que les investisseurs commencent à s'inquiéter de l'impact des hausses de prix sur les volumes et in fine, le chiffre d'affaires.

(Avec agences)

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