DOSSIER Bourse : l'adage "sell in may and go away" s'est vérifié

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Malgré une météo presque estivale, le temps n'a pas été au beau fixe au mois de mai sur les marchés d'actions. Au contraire, l'ensemble des places boursières mondiales affichent un bilan négatif sur la période. La crise des dettes souveraines et les inquiétudes sur la vigueur de la reprise économique ont découragé les investisseurs.

"Sell in may and go away" : le célèbre adage boursier s'est une fois de plus vérifié cette année. Si la météo a été au beau fixe, ce joli mois de mai a, en revanche, soufflé un vent froid sur les marchés d'actions. Malgré un rebond mardi, les principales places boursières mondiales ont décroché au cours du dernier mois. En Europe, le CAC 40 a cédé 2,43 % tandis que son homologue allemand, le DAX 30, reculait de 2,94 %. Même les marchés américains, très solides depuis le début de l'année, ont corrigé. Le S&P 500 a perdu 2 %, le DJ 30 2,43 % et le Nasdaq 2,16 %. Et les marchés émergents n'ont pas plus attiré les investisseurs puisque l'indice Sensex de la Bourse de Bombay a perdu 3,31 % et le Bovespa brésilien 2,94 %. « Le mois de mai correspond à une période où les marchés n'ont plus le soutien de la microéconomie, les résultats trimestriels et annuels des entreprises ayant déjà été publiés. Les investisseurs se retrouvent seuls face aux incertitudes sur l'année à venir. Or, ces incertitudes ont été particulièrement fortes cette année », décrypte Gilles Guibout, gérant actions chez Axa IM. Retour des craintes sur les dettes souveraines, nouvelles inquiétudes sur la vigueur de la reprise économique et incertitudes politiques encore nombreuses au Moyen-Orient, « ce cocktail a eu tendance à entretenir le manque de visibilité pour les investisseurs », estime le gérant. Sans compter la perspective de la fin du programme d'assouplissement monétaire de la Fed (QE2) en juin. De quoi pousser les opérateurs à illustrer un autre adage : « Dans le doute, abstiens-toi. »

Pourtant, le climat était loin d'être aussi morose au début du mois. « Les marchés ont d'abord cédé à des prises de profits logiques après deux mois de hausse, reconnaît Frédéric Ponchon, gérant chez Sycomore AM. Puis, la situation s'est progressivement dégradée avec la résurgence de la crise grecque, à laquelle s'est ajoutée une batterie de statistiques américaines décevantes. » La fébrilité des opérateurs s'est notamment traduite par une forte rotation sectorielle vers des valeurs plus défensives. De fait, le mois de mai se termine dans un environnement de marché dégradé. Mais sans mouvement de panique, notent toutefois les gérants. Historiquement d'ailleurs, les mois de mai boursiers ne sont pas si mauvais que cela. Certes, en mai 2010, la crise grecque - déjà ! - avait fait chuter le CAC 40 de 8 %. Mais depuis 2000, six années (2000, 2003, 2005, 2007, 2008 et 2009) ont affiché des bilans positifs lors de ce fameux mois de mai.

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