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Début des pourparlers sur le Yémen, accord sur la libération de prisonniers

reuters.com  |   |  582  mots
Debut des pourparlers sur le yemen, accord sur la liberation de prisonniers[reuters.com]
(Crédits : Tt News Agency)

par Aziz El Yaakoubi

STOCKHOLM (Reuters) - Les délégués du gouvernement yéménite et ceux des rebelles houthis se sont mis d'accord jeudi sur la libération de milliers de prisonniers, à l'ouverture de pourparlers de paix sous l'égide des Nations unies en Suède.

Lors d'une conférence de presse, l'émissaire de l'Onu pour le Yémen, Martin Griffiths, a salué ce "bon départ" des discussions, porteur d'espoir.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui se tient prêt à jouer un rôle d'intermédiaire dans cet échange, entre 5.000 et 8.000 prisonniers pourraient être libérés.

Les négociations se tiennent au château de Johannesberg, près de Stockholm, mais les deux parties ne négocieront vraisemblablement pas face à face, laissant Martin Griffiths et son équipe faire la navette entre les délégations.

Les précédents pourparlers, qui auraient dû se tenir à Genève en septembre, ont tourné court, la délégation des Houthis ne s'étant pas présentée. En fait, il n'y a eu aucune négociation depuis 2016.

Le seul fait d'avoir pu amener les deux parties à la table des discussions est une étape importante, a souligné Martin Griffiths.

L'émissaire de l'Onu veut aussi obtenir un accord sur la réouverture de l'aéroport de Sanaa et la conclusion d'une trêve dans le port de Hodeïda tenu par les Houthis appuyés par l'Iran. Cela pourrait déboucher sur un cessez-le-feu plus large qui mettrait un terme aux frappes aériennes de la coalition et aux tirs de missiles par les rebelles sur les villes saoudiennes.

HODEÏDA, PROBLÈME "TRÈS COMPLEXE"

Mais les positions des deux camps sur ces questions restent très éloignées, a dit une source proche de l'Onu. "Hodeïda, notamment, est un problème très complexe", a-t-elle souligné.

Les Nations unies veulent éviter une bataille à grande échelle à Hodeïda, par où arrivent l'essentiel de l'aide humanitaire et la plupart des marchandises. Contrôlée par la rébellion houthie, la ville subit depuis plusieurs mois une offensive des forces yéménites soutenues par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Les Saoudiens et leurs alliés, qui se sont engagés militairement en 2015 pour rétablir l'autorité du président Abd-Rabbou Mansour Hadi dans tout le Yémen, veulent aujourd'hui sortir d'une guerre coûteuse.

De leur côté, les alliés occidentaux qui fournissent armes et renseignements à la coalition arabe souhaitent trouver rapidement une issue au conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et exposé plus de huit millions de Yéménites à la famine.

La position de l'Arabie saoudite est affaiblie depuis l'assassinat le 2 octobre dernier du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi au consulat général saoudien à Istanbul. Le Sénat américain envisage de voter une résolution pour mettre fin au soutien des Etats-Unis à la coalition saoudienne au Yémen.

Le mois dernier, les États-Unis ont cessé de fournir du carburant aux avions de combat de la coalition.

A propos de la réouverture de l'aéroport de Sanaa, le chef du Comité révolutionnaire suprême des Houthis, Mohammed Ali al Houthi, a indiqué sur Twitter que si aucun accord n'était trouvé ses hommes pourraient bloquer tout trafic aérien, y compris pour les appareils de l'Onu.

(Avec Stéphanie Nebehay à Genève; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)