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Les critiques se multiplient contre la réquisition de masques par l'Etat

reuters.com  |   |  528  mots
Les critiques se multiplient contre la requisition de masques par l'etat[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - La réquisition par l'Etat de masques de protection pour lutter contre l'épidémie de coronavirus n'en finit pas de faire grincer des dents en France au niveau régional où des élus se plaignent d'un manque de concertation et dénoncent "un problème de la bureaucratie française".

"Ces dernières heures, des masques sont arrivés qui étaient commandés notamment par la métropole de Marseille ou aussi par la région Bourgogne-Franche-Comté, et ils ont été confisqués, réquisitionnés par l'Etat", a déclaré mardi le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR) Bruno Retailleau sur franceinfo.

Ces masques, "ces régions, ces collectivités, elles ne les commandent pas pour s'amuser, comme un caprice, elles les commandent notamment pour les Ehpad, (...) les personnels qui vont aider les personnes âgées qui sont restées chez elles", a souligné le sénateur de Vendée. "La question que je me pose, c'est 'est-ce que l'Etat n'est pas suffisamment grand pour faire ses propres commandes et les acheminer lui-même?'".

Face à la pénurie de masques FFP2 pour le personnel soignant en contact direct avec des patients atteints du nouveau coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé le 3 mars la réquisition par l'Etat de "tous les stocks et la production de masques de protection" afin de les distribuer aux soignants et aux personnes malades.

Dix jours après cette annonce du président de la République, un décret a été signé par le Premier ministre, Edouard Philippe, prévoyant la réquisition "des stocks" de masques FFP2 "détenus par toute personne morale de droit public ou de droit privé" et des stocks "de masques anti-projections détenus par les entreprises qui en assurent la fabrication ou la distribution".

L'ensemble des masques produits jusqu'au 31 mai sont également concernés par le décret de réquisition.

"INADMISSIBLES ET ABUSIVES"

Mais sur le terrain, ces réquisitions ont du mal à passer. Lundi, la présidente socialiste de Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay a assuré n'avoir "aucun contact avec quiconque de l'Etat" et elle a déploré l'absence de "concertation, ni même d'information préalable".

Même critiques dans les Bouches-du-Rhône où la présidente Les Républicains (LR) du conseil départemental, Martine Vassal, a dénoncé des réquisitions à l'aéroport de Bâle-Mulhouse "inadmissibles et abusives".

"Je suis scandalisée ! La vie des Provençaux ne vaut pas moins que celle de nos compatriotes du Grand-Est", a écrit l'élue, qui avait commandé six millions de masques pour son département, dans un communiqué.

Au-delà des élus locaux, la réquisition par l'Etat a provoqué un léger incident diplomatique avec la Suède la semaine dernière après le blocage de masques appartenant à la société suédoise Mölnlycke et destinés à l'Espagne et à l'Italie.

Samedi, la Suède, qui avait jugé ce blocage "inacceptable", a finalement fait savoir que la France avait décidé de lever les restrictions à l'export des masques, ouvrant la voie à leur distribution dans les autres pays européens.

(Marine Pennetier, édité par Bertrand Boucey)

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