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Climat : les promesses de réduction des émissions très insuffisantes, dit l'Onu

reuters.com  |   |  493  mots
Climat: les promesses de reduction des emissions tres insuffisantes, dit l'onu[reuters.com]
(Crédits : Siphiwe Sibeko)

par Kate Abnett

BRUXELLES (Reuters) - Les dernières promesses de réduction des émissions de CO2 faites par les Etats ne suffiront pas pour éviter un changement climatique catastrophique, ont estimé vendredi les Nations unies, alors que la pression internationale s'accentue sur les gros pollueurs comme la Chine et l'Inde.

L'Onu espère que la COP26, qui se tiendra en novembre en Ecosse, permettra de relever significativement les ambitions des Etats qui ont signé en 2015 l'Accord de Paris sur le climat, afin d'essayer de limiter le réchauffement climatique d'origine humaine en dessous de 1,5 degré Celsius par rapport à la période pré-industrielle.

Mais selon les experts onusiens, cet objectif est totalement hors de portée puisqu'au rythme des promesses actuelles, les émissions carbone seront 16% plus élevées en 2030 qu'en 2010, alors que les scientifiques considèrent qu'il faudrait qu'elles baissent de 45% pour éviter les effets les plus catastrophiques du changement climatique.

Si les Etats ne revoient pas leurs ambitions à la hausse, la température moyenne devrait dépasser de 2,7 degrés les niveaux pré-industriels d'ici la fin du siècle, mettent-ils en gardent.

Un tel scénario se traduirait par des catastrophes naturelles d'une ampleur bien supérieure à celles qui affectent aujourd'hui la planète, des inondations aux ouragans en passant par les feux de forêts.

"Les émissions mondiales de gaz à effet de serre évoluent dans la mauvaise direction", a déploré vendredi Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). "Les promesses que nous avons sur la table ne suffisent pas."

L'AIDE AUX PAYS PAUVRES N'ARRIVE PAS

Selon Patricia Espinosa, des pays ont envoyé des "signaux très positifs" qu'ils vont revoir à la hausse leurs ambitions d'ici à la COP26 à Glasgow, mais elle n'a pas voulu préciser lesquels.

Les Etats-Unis et l'Union européenne, deuxième et troisième émetteurs mondiaux après la Chine, se sont déjà fixé cette année des objectifs plus élevés.

Ce n'est pas le cas des plus gros pollueurs mondiaux, comme la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite.

Quant au Brésil et au Mexique, ils ont formulé des promesses qui selon les experts conduiront à une hausse de leurs émissions de CO2 au lieu d'une réduction.

"Sans action de l'ensemble des pays, en particulier les plus grandes économies, les efforts resteront vains", a rappelé le président de la COP26, le Britannique Alok Sharma.

Certains pays comme l'Inde ont prévenu qu'ils ne pourraient pas réduire leurs émissions plus rapidement sans une aide des pays riches pour pouvoir investir dans l'industrie et l'énergie décarbonée.

Or, les aides promises peinent à se matérialiser. L'OCDE a jugé vendredi probable que les pays riches ne parviennent pas à remplir l'objectif qu'ils s'étaient fixé en 2020 de mobiliser 100 milliards de dollars pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique.

(Version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)