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Devant l'Onu, Biden promet une ère de "diplomatie incessante"

reuters.com  |   |  710  mots
Devant l'onu, biden promet une ere de diplomatie incessante[reuters.com]
(Crédits : Pool)

par Trevor Hunnicutt et Steve Holland

NEW YORK (Reuters) - Joe Biden a tracé mardi, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, les contours d'une nouvelle ère de compétition âpre sans Guerre froide, promettant de ne recourir à des solutions militaires qu'en dernier ressort et prenant de nouveaux engagements pour lutter contre le changement climatique.

Les Etats-Unis oeuvreront à résoudre des crises allant de l'Iran à la péninsule coréenne en passant par l'Ethiopie, a promis le président américain lors de son discours.

Soulignant que le monde faisait face à une "décennie décisive", Joe Biden a ajouté que les dirigeants mondiaux devaient collaborer pour venir à bout d'une pandémie de coronavirus ravageuse et lutter contre le réchauffement de la planète et les menaces informatiques.

Le chef de la Maison blanche a annoncé qu'il allait travailler avec le Congrès à Washington afin de doubler d'ici 2024 le montant alloué aux pays en développement pour faire face au dérèglement climatique.

Joe Biden veut porter cette enveloppe à 11,4 milliards de dollars par an, un montant s'inscrivant dans les 100 milliards de dollars annuels que les Etats-Unis et d'autres pays ont promis de dédier aux mesures climatiques.

Au cours de son allocution, le président américain n'a pas mentionné directement la Chine, principale puissance rivale des Etats-Unis, mais y a fait référence implicitement à plusieurs reprises, alors que Washington et Pékin s'opposent sur un éventail de questions - la région indo-pacifique, le commerce et les droits de l'homme.

Joe Biden a également déclaré que les Etats-Unis se battraient vigoureusement sur le plan économique et pour promouvoir les systèmes démocratiques et l'Etat de droit.

"Nous défendrons nos alliés et nos amis et nous nous opposerons aux tentatives de pays visant à dominer d'autres pays plus faibles, qu'il s'agisse de changements territoriaux contraints, de coercition économique, d'exploitation technique ou de désinformation. Mais nous ne cherchons pas - je le redis -, nous ne cherchons pas une nouvelle Guerre froide ou un monde divisé en blocs rigides", a-t-il dit.

L'ARMÉE N'EST PAS LA RÉPONSE À CHAQUE PROBLÈME

Joe Biden se présentait devant les Nations unies dans un contexte de critiques à son encontre, aux Etats-Unis comme à l'étranger, pour le retrait à la hâte des troupes américaines d'Afghanistan. Des ressortissants américains et des alliés afghans sont toujours bloqués dans le pays et peinent à trouver une issue.

La promesse d'unité entre alliés formulée par le chef de la Maison blanche est en outre mise à mal par les tensions entre les Etats-Unis et la France après l'annulation brutale par l'Australie d'un contrat de sous-marins de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec Paris au profit d'une alliance avec Washington.

"Nous avons mis fin à vingt ans de conflit en Afghanistan et alors que nous refermons ce chapitre des guerres incessantes, nous inaugurons une nouvelle ère de diplomatie incessante", a affirmé Joe Biden.

Il s'est dit déterminé à défendre les intérêts nationaux vitaux des Etats-Unis mais "la mission doit être claire et atteignable", a-t-il souligné, et l'armée américaine "ne doit pas être utilisée comme la réponse à chaque problème que nous observons dans le monde".

Joe Biden cherche à montrer que les Etats-Unis demeurent un partenaire fiable pour leurs alliés après la politique de l'"America First" prônée par son prédécesseur Donald Trump et veut mener une offensive diplomatique sur tous les fronts, démocratique, sanitaire ou environnementale.

"Au lieu de continuer à mener les guerres du passé, nous fixons nos yeux" sur des défis tels que la pandémie de coronavirus, le changement climatique, les menaces liées à la cybersécurité et le changement de "dynamique des puissances mondiales", a-t-il dit.

Le président américain a assuré qu'il restait déterminé à résoudre par le dialogue le conflit avec l'Iran sur son programme nucléaire.

Il a aussi promis de défendre Israël mais ajouté qu'une solution à deux Etats avec les Palestiniens était toujours nécessaire, ajoutant qu'il s'agissait d'un objectif lointain.

(Reportage Trevor Hunnicutt et Steve Holland; version française Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse)