Accueil favorable d'Israël à un projet sur la frontière maritime avec le Liban

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Une tour d'observation militaire israelienne surplombant la mer mediterranee et une partie de la frontiere maritime avec le liban, pres de rosh hanikra[reuters.com]
(Crédits : Ammar Awad)

par Dan Williams

JERUSALEM (Reuters) - Le gouvernement israélien a rendu dimanche un premier avis favorable à un projet d'accord sur la frontière maritime avec le Liban élaboré sous l'égide des Etats-Unis, un texte qui pourrait ouvrir la voie à un partage entre les deux pays des revenus tirés de l'exploitation de gisements de gaz en Méditerranée.

L'émissaire américain Amos Hochstein avait soumis la semaine dernière une nouvelle proposition à Israël sur dossier considéré comme l'une des sources potentielles de conflit entre les deux pays.

Beyrouth n'a pas encore rendu son avis sur ce projet de dix pages dont les détails restent confidentiels. Mais samedi, le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a évoqué "une étape très importante" et le président du Parlement libanais, Nabih Berri, allié du parti chiite, l'a jugé "positif".

L'accord israélien reste conditionné à un examen juridique détaillé, a précisé le Premier ministre, Yaïr Lapid, lors du Conseil des ministres.

"Mais, a-t-il précisé, comme nous le soulignons depuis le premier jour, le projet préserve intégralement les intérêts nationaux d'Israël en matière de sécurité, ainsi que nos intérêts économiques."

Il a laissé entendre que son pays et le Liban pourraient conclure un accord prévoyant l'extraction de gaz en Méditerranée par une compagnie détenant une licence libanaise dans la zone disputée de Qana, tandis qu'Israël recevrait une partie des revenus.

"Nous ne sommes pas opposés au développement d'un champ gazier libanais supplémentaire, duquel nous pourrions bien sûr percevoir les royalties auxquelles nous avons droit", a dit le chef du gouvernement israélien. "Un tel champ réduirait la dépendance du Liban à l'Iran, restreindrait le Hezbollah et contribuerait à la stabilité dans la région."

Le principal adversaire de Yaïr Lapid pour les élections législatives du 1er novembre, Benjamin Netanyahu, estime quant à lui qu'un accord avec le Liban pourrait renforcer le Hezbollah et dimanche, il a laissé entendre qu'il pourrait annuler un éventuel accord s'il remportait les élections.

"Nous ne serons pas engagés par ce fait accompli", a-t-il déclaré sur Twitter.

(Reportage Dan Williams, avec Timour Azhari à Beyrouth, version française Marc Angrand)

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