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Nouvelle baisse de la mobilisation des "Gilets jaunes"

reuters.com  |   |  469  mots
14e samedi de mobilisation des gilets jaunes dans le calme[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - Plus de 10.000 "Gilets jaunes" ont participé au 14e samedi consécutif de mobilisation en France, le plus souvent dans le calme, trois mois quasiment jour pour jour après le début de ce mouvement désormais en quête d'un nouveau souffle.

Le ministère de l'Intérieur a dénombré 10.200 manifestants dans tout le pays à 14h00, soit légèrement moins que le 9 février à la même heure - 12.100 personnes avaient alors été recensées.

Les "Gilets jaunes" contestent les chiffres officiels, qu'ils jugent inférieurs au niveau réel de la mobilisation.

Les autorités ont noté un tassement de la participation notamment à Paris, où 3.000 manifestants ont été comptabilisés en début d'après-midi, contre 4.000 environ la semaine dernière, et à Lyon (moins de 1.000 contre plus de 4.000).

Dans la capitale, les différents cortèges ont suivi les parcours déclarés en préfecture dans une ambiance qui est longtemps restée paisible, jusqu'à de brèves montées de tension en milieu d'après-midi à l'entrée de l'esplanade des Invalides.

Des échauffourées, sans commune mesure avec les scènes de chaos du 1er décembre, ont éclaté dans d'autres villes de France, comme à Toulouse et Lyon, où les forces de l'ordre ont fait par moments usage de gaz lacrymogène.

LA CRAINTE DE "CORTÈGES SAUVAGES"

A Paris notamment, la contestation doit se poursuivre dimanche - une nouveauté de ce 14e épisode - avec une manifestation et un rassemblement déclarés.

"Sur chacune des deux journées, des rassemblements informels et la constitution de cortèges sauvages ne peuvent être exclus", selon la préfecture de police.

La mobilisation a connu son pic au premier jour du mouvement, le 17 novembre, avec près de 300.000 personnes, puis un regain à la mi-janvier avant de décroître ces dernières semaines, jusqu'à descendre à 51.400 personnes le 9 février.

Samedi après samedi, les manifestations ont été émaillées d'incidents plus ou moins graves, se traduisant par des scènes d'émeutes urbaines, particulièrement en décembre, des blessures par centaines dans les rangs des "Gilets jaunes" et des forces de l'ordre et par près de 1.800 condamnations selon un décompte donné mardi par le Premier ministre, Edouard Philippe.

Désormais, 56% des Français souhaitent que le mouvement s'arrête, selon un sondage Elabe pour BFM TV publié mercredi. Une majorité de personnes interrogées (58%) expriment toutefois leur soutien ou de la sympathie pour les "Gilets jaunes".

Pour sa part, le gouvernement tente de désamorcer la fronde avec son "grand débat national", lancé le mois dernier par Emmanuel Macron et appelé à se poursuivre jusqu'à la mi-mars.

(Simon Carraud avec les correspondants de Reuters en régions et les équipes de Reuters TV, édité par Pierre Sérisier)