« CMA CGM est énergie-agnostique » (Christine Cabau-Woehrel, CMA CGM)

Laurence Bottero
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... sur des solutions à plus long terme, ainsi que le détaille Christine Cabau-Woehrel, directrice centrale exécutive en charge des opérations et des actifs industriels du groupe.
LA TRIBUNE - Quelles énergies sont concernées par le fonds Energies ?
CHRISTINE CABAU-WOEHREL - Nous sommes sur un chemin vers la décarbonation des chaînes logistiques et de l'industrie du transport. Et ce n'est pas un chemin facile. La première étape a été le navire au GNL, mais le GNL demeure un carburant fossile et ce n'est pas la solution ultime. Sur ce chemin où nous sommes, ce fonds Energies, doté de 1,5 milliard d'euros va nous permettre d'accélérer. Il se structure autour de 4 piliers qui visent à soutenir le développement et la production d'énergies renouvelables, accélérer la décarbonation des terminaux portuaires, des entrepôts et des flottes de véhicules terrestres, soutenir, expérimenter et lancer des projets à la pointe de l'innovation. Ainsi que s'engager dans la sobriété et renforcer l'efficacité énergétique des modes de travail et des mobilités des collaborateurs du Groupe.
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Nous avons acquis des connaissances, nous avons créé des écosystèmes et nous avons beaucoup appris. La transition énergétique coûte cher et il faut y consacrer des moyens conséquents, ce qui a été la décision de notre président, Rodolphe Saadé. Il y a urgence, il faut donc aller plus vite sur le chemin de la décarbonation. Les énergies concernées en priorité sont celles aujourd'hui suffisamment matures pour être déployées dès maintenant. Nous sommes très pragmatiques. Peut-être qu'en 2030 ou 2040, de nouvelles énergies seront disponibles et plus performantes, mais ce que nous savons faire aujourd'hui, c'est produire du gaz bio, du gaz de synthèse, du méthanol bio et du méthanol de synthèse. Nous allons travailler pour faire émerger et booster des filières, car ces carburants n'existent pas en volume suffisant. Il faut pousser cette volumétrie. Et cela se fera avec des partenaires industriels, de grands groupes, des PME comme des startups prometteuses. Nous sommes énergie-agnostiques. Et persuadés que l'énergie pétrole sera remplacée par plusieurs solutions. Il faut donc regarder l'ensemble des solutions possibles. Nous avons par exemple commandé récemment des navires au méthanol car le méthanol fera probablement partie de la solution. Mais nous travaillons aussi, en R&D, sur des énergies qui seront matures demain, comme l'hydrogène ou l'ammoniac, qui pour le maritime, comporte encore des sujets de toxicité. Il est possible de regarder des solutions qui peut être ne s'avéreront ne pas être efficaces en phase industrielle. Mais ce risque doit être pris et cela fait partie du chemin.
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