On est jamais mieux servi que par soi-même dit l'adage. Quelques jours après que Carlos Tavares a dit réfléchir à produire sa « propre énergie » pour alimenter les usines de Stellantis, c'est au tour de Rodolphe Saadé de franchir le pas. L'armement français annonce dans un communiqué vouloir co-investir avec Engie dans la production de 200.000 tonnes de gaz renouvelable à horizon 2028 « pour les besoins de CMA CGM et de l'industrie du shipping ».
Dans l'idée de l'armateur marseillais, ce carburant vert pourrait, en effet, venir remplacer le gaz naturel liquéfié d'origine fossile qui propulse sa flotte de porte-conteneurs dit « dual fuel » déjà en capacité de fonctionner au méthane de synthèse. Actuellement de 30 unités, celle-ci devrait être portée à 77 navires d'ici un peu plus de quatre ans, précise l'armement qui vise « le net zéro carbone en 2050 » comme le rappelle Christine Cabau Woehrel, directrice centrale exécutive.
L'acte I de ce pas de deux avec Engie, esquissé l'an dernier sous l'égide de la « coalition pour l'énergie de demain », devrait prendre la forme d'un co-investissement d'un montant de 150 millions d'euros dans une première installation de pyrogazéïfication. La décision finale ne sera prise qu'à la fin de cette année, mais les deux groupes, qui en seront les actionnaires majoritaires, annoncent déjà la couleur. Ils projettent de produire 11.000 tonnes de biométhane de seconde génération à partir de « déchets de bois et de combustibles solides de récupération » avec une mise en service graduelle à compter de 2026.