D’évidence géographique, l’axe Seine se mue peu à peu en objet politique. Neuf intercommunalités riveraines du fleuve rejoignent l’alliance transpartisane créée il y a un an par Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rossignol, Patrick Ollier et Édouard Philippe pour former une « Entente » plus large de Paris à la mer. Leur priorité du moment ? Peser sur les arbitrages nationaux sur le ferroviaire et l’artificialisation des sols en particulier.Il est tentant par homonymie d'oser la comparaison avec la Cène, le repas biblique immortalisé dans le célèbre tableau de Léonard de Vinci. Depuis le début de la semaine, 13 apôtres issus de chapelles politiques diverses ont leur rond de serviette à la table de la jeune « Entente Axe Seine » : extension de l'alliance fondée en 2021 par la Ville de Paris et les métropoles du Grand Paris, de Rouen et du Havre. L'accord, actant le ralliement de neuf intercommunalités normandes et franciliennes* au quatuor fondateur, a été scellé mardi à Paris en présence de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique.
Ce nouvel OPNI, objet politique non identifié, est présenté comme « un outil de coopération inédit autour de projets concrets sur les grands enjeux de la transition ». Traduire, l'entente n'est pas une institution en tant que telle, mais plutôt une sorte de syndic de copropriété poursuivant peu ou prou les mêmes desseins.
«C'est un espace de décision politique parmi les plus flexibles qui soient», résume Édouard Philippe qui en a pris la présidence pour deux ans.
Parmi les sujets sur la table, le transport fluvial, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme, l'agriculture, mais aussi le lancement d'une étude visant à doter la Seine d'une personnalité juridique, à l'instar du Gange en Inde.
Béchu donne des gages sur la Ligne nouvelle Paris-Normandie
Mais pour l'heure, l'Entente espère surtout peser sur les prochains arbitrages de l'État en matière ferroviaire. Dans son viseur, la Ligne nouvelle Paris-Normandie censée relier les grandes villes normandes à la capitale après 2030. La Loi d'Orientation des Mobilités (LOM) a inscrit la LNPN parmi les infrastructures prioritaires en 2018 mais les élus de l'Axe Seine attendent toujours « un engagement ferme de la part de l'Etat et de ses partenaires » ainsi qu'ils l'écrivent dans une résolution.