Après le 1er mai, les syndicats font monter les enchères

Fanny Guinochet
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Les syndicats lors d'une manifestation contre la réforme des retraites au mois d'avril.
Reuters

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Les syndicats lors d'une manifestation contre la réforme des retraites au mois d'avril.
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« Je ne vais pas raconter d'histoires aux travailleurs, leur dire qu'on va faire une énième journée de manifestation qui ferait reculer le gouvernement, alors qu'il n'a pas bougé après 13 journées d'action »... C'est ainsi que Laurent Berger, le leader de la CFDT, s'exprimait hier soir, après un 1er mai, réunissant dans l'Hexagone plus de 2,3 millions de personnes selon la CGT et près de 800.000 selon le ministère de l'Intérieur. Soit plus que les précédentes mobilisations, alors que de nombreux Français étaient en vacances, que la météo n'était pas forcément clémente, et les cortèges émaillés de violence.
Reste que, ce mardi matin, portées par cette affluence, les huit organisations ont donc décidé de remettre le couvert. Et acté d'une nouvelle date pour marteler leur opposition au recul de l'âge de départ en retraite, alors même que la réforme a été promulguée : le mardi 6 juin, soit deux jours avant que la proposition de loi d'abrogation de la réforme portée par le groupe Liot ne soit examinée à l'Assemblée nationale. Même si cette manœuvre parlementaire a peu de chances d'aboutir, c'est une façon, pour l'intersyndicale, de signifier à ceux qui en doutent qu'elle veut rester unie.
« Certes, cette réforme va être appliquée, mais on a un peu gagné, on a remontré la force du combat syndical, sa dignité aussi... l'importance de trouver des points de convergence, entre nous... Cette unité est précieuse », expliquait encore Laurent Berger.
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Mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui attend depuis des mois que les centrales s'éloignent, toutes - notamment les deux plus importantes, CFDT et CGT en tête - cherchent autant que possible à coordonner leurs actions. Même si Laurent Berger et la nouvelle chef de file de la CGT Sophie Binet se connaissent peu, ils ont à cœur tous les deux de mettre la pression, en étant unis, sur l'exécutif. « On n'est pas d'accord sur tout, mais il y a des sujets où nous pouvons avancer ensemble », a ainsi résumé Laurent Berger.
Fanny Guinochet