Inflation, hausse des taux d'intérêt, étiquette énergétique, lenteur administrative... les difficultés sont facilement identifiables. Face à ces paramètres, le secteur de la construction est à la peine, freiné, voire stoppé. En préambule de la table ronde intitulé « Sauter les haies économiques du logement collectif », organisée ce jeudi dans le cadre du Sommet du Grand Paris, Anne-Sophie Grave, présidente du directoire de CDC Habitat, a ainsi rappelé que, sur un an, les mises en chantier de logements collectifs accusaient, fin juin, un retard de 200.000 logements. C'est le plus bas niveau depuis 2015.
Afin de soutenir la filière, la filiale de la Caisse des dépôts a donc consenti à investir 3,5 milliards d'euros pour la production de 17.000 logements, dont 50% en Ile-de-France. Mais pour Anne-Sophie Grave, un autre frein à lever est du côté des lourdeurs administratives.
« Après les Jeux olympiques, nous allons gérer en locatif, dans le village des athlètes, 1.500 logements. Ce quartier a été fait en huit ans, d'habitude en France il faut 20 ans. Ce qui veut dire que quand on veut, on peut. Mais pour cela il faut un acte de simplification très fort, il faut raccourcir les procédures, les délais administratifs, ce dont on a bénéficié avec les JO » précise laprésidente du directoire de CDC Habitat.
Analyse partagée par Eric Groven, directeur Immobilier des réseaux France de la Société Générale et président de Sogeprom, qui, au-delà d'appeler à une pause dans l'inflation réglementaire et normative, demande aussi à revoir en profondeur la fiscalité immobilière. « Une chose est de supprimer le dispositif Pinel, une autre est d'avancer vers le statut du bailleur privé. On ne peut pas faire une partie du chemin et ne pas faire le reste. Il faut juste de la volonté politique, » souligne Eric Groven, qui alerte sur le fait que de nombreux promoteurs arrêtent leurs programmes de logements neufs, faute de commercialisation.