Budget : Bercy au pied du mur
Fanny Guinochet et Nicolas Prissette
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Thomas Cazenave et Bruno Le Maire dans les couloirs du ministère de l’Économie.
© LTD / Lionel Préau/RIVA PRESS
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Thomas Cazenave et Bruno Le Maire dans les couloirs du ministère de l’Économie.
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L'heure de vérité sonne pour l'exécutif. Mercredi, Bruno Le Maire doit dévoiler le nouveau programme de stabilité de la France, avant sa présentation en Conseil des ministres la semaine suivante. L'enjeu n'a jamais été aussi lourd. Sous pression, le numéro deux du gouvernement va mettre à jour les prévisions de dépenses publiques, prélèvements, déficit et dette pour la fin du quinquennat. En temps ordinaire, ce document destiné à Bruxelles n'intéresse que les passionnés. Mais la dégradation soudaine des comptes fin 2023, le débat sur les hausses d'impôts et la menace d'une rétrogradation par les agences de notation lui confèrent un caractère politique inflammable - qui plus est en période électorale.
L'équation a rarement été aussi compliquée. Malgré le plongeon des recettes, Bercy maintient l'objectif de ramener le déficit public sous la barre de 3 % du PIB à l'horizon 2027 - le seuil de tolérance européen. Il en va du bilan d'Emmanuel Macron après dix années au pouvoir, et de la crédibilité du pays auprès de ses partenaires européens comme de ses créanciers.
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Sauf que la marche à gravir est devenue très haute, le trou s'étant creusé à 5,5 % l'an dernier à cause d'un manque inattendu de recettes fiscales. Pour atteindre son objectif en 2027, le gouvernement doit désormais trouver autour de 65 milliards d'euros en trois ans et demi, en supposant par ailleurs que les recettes de la croissance couvrent la hausse naturelle des dépenses. Un tel montant représente l'équivalent du budget annuel de l'Éducation nationale (premier poste de dépense de l'État). Le récent chiffrage choc de la Cour des comptes (50 milliards) qui a secoué la majorité est déjà périmé.
Fanny Guinochet et Nicolas Prissette