Le discours d'Emmanuel Macron appelant « à mettre sur pause » les normes environnementales en Europe le 11 mai dernier avait fait l'effet d'une bombe en France et en Europe. A l'époque, le chef de l'Etat avait présenté les grandes lignes du texte de loi sur l'industrie verte, visant à décarboner l'économie tricolore et à favoriser l'implantation d'usines sur le territoire. Six mois plus tard, les milieux patronaux ont repris à leur compte ce mot d'ordre polémique.
« On nous parle beaucoup de simplification administrative [...], mais il faut du temps et de la visibilité pour aider les entreprises à s'adapter », a-t-il poursuivi. Cette déclaration est loin d'être anodine. Le patronat cherche à appuyer sur le frein des règles et des normes environnementales, à quelques mois de l'entrée en vigueur de la directive CSRD issue du Green Deal européen.
Ce texte transposé dans le droit français vise à élargir le reporting extra-financer à de nombreuses entreprises sur le Vieux Continent. Il va obliger les dirigeants à rendre compte de plus de « 86 indicateurs » de performances sociales et environnementales. Pressés par la multiplication des catastrophes climatiques, beaucoup d'entreprises vont devoir mettre le paquet sur la transition.