Code du travail : maintien des ordonnances, Edouard Philippe entre dans la danse

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Philippe Martinez (CGT) et Emmanuel Macron, sur le perron de l'Elysée, le 23 mai.
Philippe Martinez (CGT) et Emmanuel Macron, sur le perron de l'Elysée, le 23 mai. (Crédits : REUTERS/Philippe Wojazer)
Les responsables syndicaux défilent à l'Elysée ce mardi, en prévision de la réforme du Code du travail. Les discussions ne portent toutefois pas sur le calendrier de cette réforme, comme l'a laissé entendre le numéro un de la CGT Philippe Martinez, le principe des ordonnances étant par ailleurs maintenu. Mercredi et lundi, ce sera au tour du Premier ministre de rencontrer les partenaires sociaux.

Une prise de contact, mais pas de révélations : Emmanuel Macron, qui veut réformer le code du travail par ordonnances, a noué mardi le dialogue avec les responsables syndicaux et patronaux dont il a écouté les exigences, sans entrer dans le détail de ce délicat chantier. Tour à tour, la CFDT, la CGT et FO ont plaidé pour que le calendrier de cette réforme, que le gouvernement juge prioritaire et compte mener au pas de charge, soit moins contraint. Le Medef, lui, a réitéré son exigence de rapidité.

| Lire Réforme du Code du Travail : Macron ouvre le débat avec les syndicats

Les discussions ne portaient toutefois pas sur le calendrier de cette réforme, comme l'a laissé entendre le numéro un de la CGT Philippe Martinez, le principe des ordonnances étant par ailleurs maintenu, selon l'Élysée. De même source, on relève que "les intentions" du président Macron, exprimées lors de la campagne présidentielle, "sont déjà connues". Ainsi, toujours selon l'Elysée, Emmanuel Macron "considère que la réforme du dialogue social est la plus urgente", les échanges avec les organisations syndicales ayant porté aussi "sur l'assurance chômage, la formation professionnelle et les retraites".

D'autres entretiens prévus cet après-midi

Évoquant "un climat plutôt apaisé" et un président de la République "à l'écoute des organisations syndicales", l'Elysée a estimé que cette première série de discussions avait "permis de mettre en évidence les principaux points d'accord et de désaccord", sans les détailler davantage.

Cet après-midi après s'être rendu à l'ambassade de Grande-Bretagne pour exprimer sa solidarité après l'attentat de Manchester, Emmanuel Macron devait poursuivre ses entretiens avec François Asselin de la CPME, Alain Griset de l'U2P, François Hommeril de la CFE-CGC et Philippe Louis de la CFTC.

Edouard Philippe responsable de "la mise en oeuvre opérationnelle"

Mercredi après-midi puis lundi, ce sera au tour d'Edouard Philippe de recevoir les dirigeants syndicaux à Matignon pour parler de ce dossier brûlant. Le Premier ministre avait déjà pris contact avec les partenaires sociaux jeudi, trois jours après sa nomination, lors d'appels téléphoniques avec les dirigeants syndicaux et patronaux. Alors que le manque de concertation avait été vivement critiqué pour le lancement de la controversée loi Travail, le nouvel exécutif entend démontrer qu'il veille au dialogue social pour ce nouveau texte.

Lire aussi Réforme code du travail: Philippe promet une "discussion" mais veut aller vite

"La mise en œuvre opérationnelle sera de la responsabilité du Premier ministre Édouard Philippe et de la ministre du Travail Muriel Pénicaud", tout comme "la concertation sur le contenu des réformes", a précisé l'entourage du chef de l'État.  Ce projet de loi doit reprendre des mesures abandonnées du précédent, comme le barème des indemnités prud'homales et la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche dans de nouveaux domaines.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 24/05/2017 à 9:14 :
Les syndicats, CGT et FO pour ne pas les nommer, ont vachement intérêt à adopter une attitude réformiste, et non pas conservatrice et campée sur les privilèges.
Sinon, ça montrerait qu'ils n'ont rien compris, et c'est le vrai peuple qui descendra dans la rue.
Pas leurs permanents et autres fonctionnaires de la manif'.
a écrit le 23/05/2017 à 18:57 :
Woerth aussi avait écouté les syndicats, très poliment, sans les contredire....
Et puis il a appliqué le plan initial de Sarkozy sans en changer une virgule: 750 000 chômeurs de plus.

C'est le scénario craint par les syndicats vu que le temps imparti pour les "discussions" est limité, le scénario déjà écrit, le gouvernement ne montre aucune intention de la modifier et l'agenda parlementaire est fixé.
a écrit le 23/05/2017 à 18:25 :
La solution est sans doute connue par E. Macron. Elle est décrite dans la note n°6 du CAE. Le problème consiste à l'expliquer et la faire admettre par les syndicats. Les syndicats doivent faire un effort de compréhension. La presse a peut être un effort à fournir pour favoriser cette compréhension auprès du public.
a écrit le 23/05/2017 à 18:16 :
Je pense que nous devons tous donner sa chance à macron, ras bol de melanchon, barouin qui ne veulent qu'une place au soleil.....
a écrit le 23/05/2017 à 17:21 :
Le rôle des syndicats de salariés n'est pas de défendre des avantages acquis mais de marchander avec les syndicats d'employeurs le coût du travail; le rôle du gouvernement consiste à dépenser l'impôt sous le contrôle du parlement et non pas à définir l'âge de la retraite ou les remboursements de l'assurance maladie ; chacun sait que son revenu de retraité ne lui assurera certainement pas le niveau de vie de ses années d'activité. La situation actuelle, que nous devons à des dirigeants peu scrupuleux, c'est l'assurance maladie, l'assurance chômage et les régimes de retraite en péril parce que les entreprises et les salariés ne peuvent plus les alimenter.

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