Après neuf mois de pandémie, la santé mentale des salariés français s'est nettement dégradée, selon une récente enquête sur le sujet, qui préconise de renforcer les actions des entreprises "en matière de sécurité psychologique". La population la plus exposée est les managers qui se disent, pour un quart d'entre eux, être en situation de "détresse psychologique élevée".
La crise sanitaire a chamboulé les modes de travail. Certaines entreprises ont dû accélérer leur transition numérique, quand d'autres ont étendu, dans l'urgence, la pratique du télétravail au plus grand nombre. Ces changements, opérés dans un contexte économique marqué par l'incertitude, ont-ils pesé sur la santé mentale des salariés ? Oui, si l'on en croit le dernier baromètre OpinionWay pour Empreinte Humaine, un cabinet indépendant spécialisé dans la promotion de la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux.
Ce dernier a présenté la 4ème édition de son baromètre de la santé psychologique des salariés en période de crise sanitaire, initié lors du premier confinement. L'enquête, réalisée en ligne auprès d'un panel de 2.004 salariés du 19 au 28 octobre 2020 - soit tout juste avant le début du deuxième confinement - révèle que la santé mentale des salariés français s'est nettement dégradée, après neuf mois de pandémie.
Une détresse psychologique au plus haut
Près d'une personne sur deux (49%) se dit en effet en situation de détresse psychologique (symptômes de dépression et/ou d'épuisement professionnel pouvant aboutir à des problèmes de santé plus graves). C'est 7 points de plus par rapport au dernier pointage effectué en sortie de premier confinement, du 20 mai 2020 au 29 mai 2020.
"On n'a jamais eu des taux aussi importants", commente Christophe Nguyen, président d'Empreinte Humaine, qui précise que la population la plus exposée à cette détresse psychologique sont les managers (58%, +10 points par rapport en mai). Un quart d'entre eux se disent même en situation de détresse psychologique élevée.
Conséquence de cet état mental dégradé : 5% des salariés sondés sont en "burn-out sévère", ce qui représente environ 1 million de personnes. Là encore, les managers sont plus touchés, avec deux fois plus de burn-out relevés chez eux.
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"Contrairement à ce que l'on peut entendre, cette crise n'est pas qu'une exacerbation des fragilités préexistantes chez certains individus, elle en crée de nouvelles chez des salariés qui n'avaient pas de problèmes jusque-là", insiste Christophe Nguyen.