Le Premier ministre Jean Castex a annoncé la diminution progressive des aides aux entreprises. Pour le mois de juin, le gouvernement a décidé que le soutien aux entreprises correspondra à 40% de perte de chiffre d'affaires par rapport à juin 2019. Ce seuil sera de 30% en juillet et de 20% en août. A partir de septembre, l'aide s'arrêtera si la situation sanitaire se normalise.La réouverture de l'économie s'approche à grand pas. Le 19 mai prochain, beaucoup d'entreprises vont pouvoir lever leurs rideaux après des longs mois d'impatience. Dans la restauration, l'hôtellerie, la culture, le tourisme, les professionnels vont reprendre leur activité avec des protocoles sanitaires stricts à appliquer. Pour le gouvernement, la sortie de crise s'annonce périlleuse entre la levée progressive des aides et la relance de l'économie française meurtrie par plus d'un an de vagues à répétition.
Dans un entretien accordé au Parisien ce mardi 11 mai, le Premier ministre Jean Castex a rappelé les deux principes qui doivent guider les décisions de l'exécutif. « D'abord la progressivité : on ne débranchera pas les dispositifs brutalement. Puis l'adaptabilité : nous ferons du sur-mesure pour tenir compte des différences de situation. » De son côté, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a fixé le cap pour les semaines à venir sur l'antenne de France Inter. « On passe au 'quoi qu'il arrive', ça veut dire que quelle que soit votre situation et votre type d'activité, vous continuez à être accompagné. On fait du sur-mesure, car la reprise de l'activité ne va pas être pareille partout ».
Pour déminer le terrain, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la ministre du Travail Elisabeth Borne avaient consulté les partenaires sociaux il y a quelques semaines pour éviter de nouveaux couacs sur le calendrier et les conditions du déconfinement. Malgré cette prudence apparente, l'inquiétude grandit dans les milieux patronaux et les élus confrontés au quotidien à la détresse des indépendants et des travailleurs.
« Le maître mot, c'est l'accompagnement » a déclaré le locataire de Bercy Bruno Le Maire à l'antenne de France Info. « Malgré les dispositifs d'aides, 90 milliards d'euros de pertes ont été accumulées par les entreprises en 2020 et 2021 selon nos projections. Les administrations publiques ont encaissé une grande partie du choc mais le reste à charge du côté des entreprises reste concentré sur une petite partie de l'économie, notamment sur la fabrication de matériel de transport, les services aux ménages. Les dispositifs n'ont pas permis d'encaisser l'intégralité du choc » a indiqué l'économiste de l'OFCE Mathieu Plane interrogé par La Tribune.