Fonction publique : le nombre de contractuels a explosé

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Plusieurs appels à la grève ont été lancés par FO, la CGT et solidaires le 19 mars prochain.
Plusieurs appels à la grève ont été lancés par FO, la CGT et solidaires le 19 mars prochain. (Crédits : Charles Platiau)
Les derniers chiffres de l'Insee indiquent que le nombre de fonctionnaires sous contrat a bondi de 48.000 en 2017. Ainsi, si les personnes en contrats aidés ont fortement diminué, les effectifs de la fonction publique demeurent quasiment stables en raison notamment de la forte hausse des contractuels. Ce vendredi 15 mars, le conseil supérieur de la fonction publique se réunit pour examiner le projet de loi du gouvernement qui doit être présenté en conseil des ministres à la fin du mois de mars.

La contractualisation des agents du public prend de l'ampleur. Selon des chiffres de l'Insee publiés ce jeudi, le nombre de salariés contractuels dans la fonction publique a vivement accéléré en 2017 à 5% contre 2,8% en 2016. À la fin de l'année 2017, les différentes administrations publiques employaient 5,66 millions de personnes, soit 6.800 de moins que l'année précédente au même moment. Sur le total, les fonctionnaires avec statut demeurent les plus nombreux (67,8%) contre 17,9% pour les contractuels et 5,5% pour les militaires.

La baisse drastique du nombre de contrats aidés voulue par le gouvernement actuel a été en partie compensée par la hausse du nombre de contractuels. L'explosion du nombre de salariés sous contrat parmi les agents publics alimente depuis plusieurs années les débats au sein de la fonction publique.

Lire aussi : Le nombre d'emplois aidés dégringole

Une contractualisation contestée

Le gouvernement, qui veut faire passer un projet de loi sur la fonction publique dans les prochaines semaines, doit faire face à une vague de contestation. Plusieurs centaines d'agents des finances publiques ont manifesté jeudi 14 mars à Tourcoing (Nord) - ville de leur ministre de tutelle Gérald Darmanin -, pour "exprimer le refus" des projets concernant leur administration, et en particulier des "suppressions d'emplois incessantes". Dans un préavis de grève nationale déposé pour la mobilisation du 19 mars prochain, la fédération CGT des services publics dénonce « le développement du recrutement contractuel, c'est-à-dire de la précarité, des inégalités entre agents, du recrutement clientéliste ou partisan, faisant peser des risques majeurs sur l'égalité de traitement entre usagers ».

Certains éléments de la réforme sont directement inspirés du rapport du Comité d'action publique 2022 qui encourage à « réformer le cadre contractuel entre l'administration et ses agents afin de créer les conditions pour la réussite d'une transformation en profondeur : réactivité, continuité, accessibilité et pertinence du service délivré ». Plusieurs propositions avaient suscité de vives polémiques au moment de la publication du document.

Lire aussi : Cap 2022 : des pistes explosives pour baisser la dépense publique

48.000 contractuels en une année

Rien qu'en 2017, les effectifs des contractuels ont bondi de 48.000 salariés. Cette hausse concerne tous les versants de la fonction publique. Pour la fonction publique d'État (FPE), l'augmentation est particulièrement visible pour le ministère de l'Éducation nationale ou celui de l'Enseignement supérieur et de la recherche.

Du côté de la fonction publique hospitalière (FPH), l'augmentation des contractuels est la conséquence de « recrutements d'infirmiers et d'aides-soignants ainsi que du recrutement sous le statut de contractuels de 4.500 personnes précédemment employées sous contrats aidés », expliquent les auteurs de l'étude.

Les collectivités territoriales ont également vu leur nombre d'agents sous contrat augmenter « avec le transfert en contractuels d'une partie des anciens salariés sous contrats aidés (+ 11 900) ».

Des hausses de contractuels à prévoir

Le gouvernement défend actuellement un projet de loi sur la fonction publique inspiré du secteur privé et fortement attaqué par les syndicats. Le texte dévoilé à la mi-février prévoit notamment une refonte des instances du dialogue social, un recours élargi aux contractuels ou encore des parts de rémunérations variables, et s'accompagnera d'une suppression de 120.000 postes d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. « Le statut n'est pas remis en cause », a souligné Olivier Dussopt d'après des propos rapportés par l'AFP, secrétaire d'État chargé de la Fonction publique, qui porte cette réforme délicate concernant 5,5 millions d'employés publics. Fortement contesté par les syndicats, le texte a déjà été repoussé. Le conseil commun de la fonction publique doit se réunir ce vendredi 15 mars

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Commentaires
a écrit le 23/03/2019 à 20:58 :
En France il y a vraiment une vraie désinformation sur la charge du travail des fonctionnaires.
Si vous n’etes Pas fonctionnaire ou contractuel, n’ecrivez Pas ce que vous ne vivez pas , et arrêter de colporter des fausses «  soit disant vérités «  sur les fonctionnaires , je vous assure que ce ne sont que «  des préjugés «
a écrit le 18/03/2019 à 20:51 :
Pourriez vous expliquer ce qu'est un contractuel pour vous... Un militaire sous contra équivalent à un CDD ne pourra jamais faire plus d'un certain temps dans l'armée; un militaire "de carrière" équivalent du CDI est soumit à une limite d'age par grade en gros si il n'a pas atteint un grade à un certain âge (et ce pour tout les grades) il est viré !!! Peut on réellement appeler cela un CDI? Dans les deux cas il y a tout de même un point commun, ils sont virés trop jeune pour avoir droit à une retraite pleine et définitive et trop vieux pour retrouver un emploi !!!
a écrit le 16/03/2019 à 14:00 :
Les Profs contractuels sont payés au lance pierre et à la semaine des quatre jeudis.
L’Éducation Nationale est obligée d'en recruter des milliers et des milliers car les profs contractuels dans des académies comme celle de Creteil ou de Versailles démissionnent aussi par milliers chaque année.
Le seul avantage des profs contractuels est de pouvoir travailler dans la région de leur choix alors qu'un prof titulaire Fonction Publique dans le secondaire est obligé d'aller là où on l'envoie.
a écrit le 16/03/2019 à 9:02 :
Mon parcours pro est 100 pour cent privé dans ma famille la fonction publique n’est pas connue en terme d’emploi pourtant comme tout citoyen j’ai eu des contacts ce corps d‘état. La première fois que j’ai du passer au guichet des impôts je me suis dit cela n’allait pas être un cadeau et bien si l‘inspecteur a accepté mes remarques et pris une décision en ma faveur. Je suis également passé par l’hôpital dont deux fois aux urgences, conduit par un service auquel je rends hommage les pompiers, un séjour hospitalier dont je me souviens qu’en bien. Il est vrai qu’il y a parfois des situations qui font la Une de nos médias et qui ne sont pas acceptables car elles touchent ce qu’il y a de plus précieux la santé. Une seule fonction me laisse perplexe l’Education Nationale je suis entre les erreurs des politiques dans la conduite de ce ministère qui me semble être un bateau sans capitaine trop centralisé pour être efficace et trop administré, par des comités, des agences parfois en doublon, un trop d’académies deux par région, tout ce trop ne laisse aucune souplesse au terrain et a un coût . De l’autre côté nos enseignants sont-ils là par vocation ou pour le salaire même je le reconnais celui-ci n’est pas à la hauteur du job, mais aussi un corps syndicalisé dans le toujours non, peu constructif selon moi. Enfin et la l’état est le seul responsable un certain abandon de la ruralité où les classes de 28/30 élèves dans le primaire sont courantes avec une difficulté pour les profs des écoles, des classes à deux niveaux parfois trois. Je considère après avoir connu bien des administrations dans d’autres pays y compris en Europe que nos fonctionnaires sont de qualité qu’ils travaillent selon les méthodologies mises en place par la haute!! administration qui elle me semble bien loin de la vie quotidienne des citoyens qui appliquent les lois votées par les politiques ce que souvent oublie le demandeur. La fonction publique demande comme tout acteur économique car oui la fonction publique est un acteur économique soit direct soit indirect de revoir dans un monde qui bouge son job. Il serait dommage que ces acteurs ne considèrent pas qu’un changement doit avoir lieu ce qui ne veut pasdire plus de précarité mais une meilleure définition des taches revoir les fonctions qui dépendent de l’état et celles qui peuvent être privatisées comme par exemple les inspecteurs du permis. Peut -être le plus important nos fonctionnaires sont un pilier essentiel de la démocratie leur neutralité garantie une certaine égalité entre citoyen rien que pour cela je leurs dis merci.
a écrit le 15/03/2019 à 20:40 :
C'est quoi le statut et parcours d'un contractuel de la FPH ? Pour moi, 21 ans au même salaire débutant sans évolution de carrière, puis 2 augmentations qui me laissent, après 26 ans de carrière, encore à un salaire de 25% inférieur à mes collègues titulaires (et sans espoir de rattrapage), pas de prime de service, sans compter une retraite très très inférieure ....
Alors, pourquoi ne pas multiplier les contractuels, encore faudrait il les payer convenablement ...
Sinon, chez les titulaires, l'astuce pour l'état consiste à déclasser les postes. Par exemple, vous mettez sur un poste de secrétaire médicale un adjoint administratif, et cela pour la totalité de sa carrière. Résultat, une économie salariale d'environ 25%. Sur une vie de travail, ça commence à faire beaucoup (il suffit de mettre très très peu de postes au concours).
Pas d'évolution de carrière, des DRH lamentables, si vous êtes dans le privé et que vous lorgnez vers le secteur publique, attendez vous à avoir la foi dans "servir le public".
a écrit le 15/03/2019 à 19:40 :
Contrairement au credo neo-libéral les fonctionnaires font quelque chose. La plupart ont même des fonctions vitales au bon fonctionnement de la société.

En diminuer le nombre oblige rapidement à faire assurer des heures sup par les "survivants", et ensuite à embaucher du personnel supplémentaire hors statut sur des contrats précaires.
Et ça coute rapidement plus cher que d'avoir du personnel permanent, sans assurer une qualité de recrutement minimale.

Actuellement certains proviseurs en sont à devoir recruter en passant par le bon coin. Je n'ai aucune assurance que le professeur ait les diplômes requis, une expérience de l'enseignement minimale et jusqu'à il y a deux ans, aucune garantie qu'il n'était pas un pervers sexuel.

La politique de dévalorisation et de précarisation des salaires, des conditions de travail et de reconnaissance par l'état font des ravages dans la qualité du recrutement, dans tous les corps de métier.

On se souvient que Sarkozy avait en son temps pratiqué le fonctionnaire bashing et le non remplacement des départs en retraites. La cour des comptes a été obligée de constater que cette politique n'avait eu aucun effet sur les dépenses publiques, pour les raisons expliquées plus haut.
Réponse de le 18/03/2019 à 20:54 :
Le pire reste que ceux qui sont supprimé sont ceux qui servent, jamais les plus gradés !!!
a écrit le 15/03/2019 à 18:51 :
en gros , 1 quart des "actifs" en France travaillent pour l'Etat , en décomptant les chômeurs

reste quoi , un quinzaine de millions de travailleurs , dans le privé

ça donne matière a réflexion
Réponse de le 15/03/2019 à 20:50 :
Oui la France est un pays administratif depuis l'après seconde guerre mondiale, cette réflexion puise dans des racines anciennes. Sa vocation n'est pas d'être un état compétitif comme les EU, le Canada, l'Australie dans un modèle Anglo-saxon. La France est un pays administratif militaire comme contre-poids Européen face à l'est déguisé en économie libérale durant quelques années, mais le fond revient de façon inexorable.
Réponse de le 16/03/2019 à 7:01 :
Merci pour les précisions , je tenterais de trouver les chiffre par secteur pour mon information personnelle, mais amha , à part des voitures et des avions , en comptant les sous traitant (surement et malheureusement en grande partie a l'étranger), reste pas grand chose dans le panel industrie et développement , le reste étant du commercial et du service , sans oublier le btp subventionné a grand coup de niches fiscales.Bref , j'ai du mal a synthétiser ce genre de données pour me faire un avis de manière , hmmm ,éclairée si on peut dire
a écrit le 15/03/2019 à 17:48 :
Surtout comment assurer un Job a leurs enfants, femmes dans des postes sur mesures, nos hommes politiques nous font croire que les fonctionnaires coûtent cher. Nos enfants avaient leur chances en passant un concours pour rentrer dans la fonction publique, maintenant il leur faut un piston. Croyez vous qu'ils le font pour diminuer la dépense ou assurer leur confort et celui de leurs proches comme nos chers députés..
a écrit le 15/03/2019 à 16:37 :
Un exemple peu probant ..le contractuel de l 'éducation nationale...mobilité permanente empêche l investissement et la responsabilité..
a écrit le 15/03/2019 à 16:31 :
Ou comment démontrer que nos dirigeants politiques paramétrés par les marchés financiers ne sont là que pour précariser les salariés afin qu'ils coutent toujours moins chers.

Mais bon ça devrait plus durer longtemps leur logique aliénante...
a écrit le 15/03/2019 à 15:43 :
Avec une faible productivité par agent public, absentéisme culturel, grève à répétition, sureffectifs permanent pour un service médiocre, retraites spécifiques couteuses,... Rien ne change dans la fonction publique ni au niveau de l'état. Jupiter Macron et son gouvernement comme ses prédécesseurs évitent les sujets difficiles et les réformes difficiles... Mais très bon pour distribuer l'argent des caisses de l'état vides (police, douane, gardien de prison...) malgré leur très bonne condition sécurité de l'emploi, salaire correct, semaine à 32h, heures supplémentaires fictives,... des contribuables du privé... En attendant la dette française poursuit sa progression atteignant 100% du PIB aujourd'hui... Lamentable !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 15/03/2019 à 18:48 :
@Monarchie & Vassaux, Veuillez modérer vos propos et sortez un peu avant de critiquer les fonctionnaires ! Vous parlez d'une minorité, qui plus est d'une génération qui n'est pas la mienne (j'ai 30 ans). Ma compagne est infirmière dans un CHU et je peux vous dire que la vie des soignants est bien loin de ce que vous décrivez ! Horaires décalés, travail de nuit en 12h/3 jours de suite. Un weekend sur deux en poste, périodes nuits/jours qui changent toutes les deux semaines ! Parfois ils n'ont même pas le temps d'aller faire une pause aux toilettes tellement ils sont sous l'eau ! A cela il faut ajouter les violences verbales et physiques des patients. Et le meilleur dans tout ça, l'ignorance pour ne pas dire la négligence des directions hospitaliers qui considèrent le personnel soignant comme des assets ! Moi qui suis cadre dans le privé, lorsque je vois le rapport contraintes/rémunérations, à aucun moment je ne les l' envie !

Je vous remercierais donc de bien vouloir arrêter votre démagogie, qui, en plus d'être insultant envers l'ensemble des fonctionnaires divise notre société sur de fausses informations !

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